Scène V. — Un autre appartement à Aldwinkle Hall
Entrent Aldwinkle et Dickory.
Aid. Dickory! Dickory! Ils sont aux prises, pif! pif! Je viens d'entendre les coups de pistolet.
Die. Eh, diable ! le voilà qui revient ! Aid. Qui ? le fantôme ?
Die. Non, seulement le capitaine.
Entre Vauntington.
Aid. Eh bien, mon cher ami, comment cela s'est-il passé ?
Entrent Georgiana et Lavinia.
Qeo. Ah ! comment cela s'est-il passé ? Je meurs d'envie de le savoir.
Vau. [A part] Que diable leur dirai-je ? Si j'avoue ma défaite, je perds ma Georgiana. Payons d'impudence. [Haut.] Oh ! j'ai eu un combat désespéré. — Nous avons joué des griffes et des dents pendant une demi-heure : mais je pense que l'affaire est arrangée maintenant. J'ai fait feu sur lui inutilement . autant aurait valu tirer en l'air, pour le mal que cela lui a fait ! quand j'ai vu cela, je l'ai attaqué avec du latin, le moine Bacon, le docteur Faust et Agrippa.
Die. Et il vous agrippa.
Aid. C'est bien cela. J'aurais pu l'abattre moi-même si j'avais seulement suie latin.
Vau. Je l'ai fumigé, exorcisé.
Die. Exercise ? Diab' m'emporte, j'aurais bien voulu le 7oir faire l'exercice.
Aid. Voulez- vous vous taire, bavard !
Vau. Et enfin, je l'ai serré de si près, qu'il est parti par le trou de la serrure, avec un coup de tonnerre, et j'ose dire qu'il ne montrera plus sa figure ici.
Die. Non, jusqu'à la première occasion.
Aid. Mon cher, cher jeune homme, vous épouserez Georgiana sans retard. — Cet imbécile de fantôme croyait sans doute avoir affaire à des enfants.
Entre Nicodème.
Nie. Monsieur Aldwinkle, pour quelle raison, monsieur . . [Les femmes poussent des cris — tous sortent effrayés.
Nie. Ceci est de plus en plus extraordinaire. Assurément, il faut que j'aie été métamorphosé à mon insu, transformé en quelque monstre, ou . . . mais des choses plus importantes doivent occuper mon esprit. [Aldwinkle} Lavinia, etc., paraissent et Vécoutent.] La grande et concluante vérité à laquelle je suis arrivé dans mon grand ouvrage, laisse à mon esprit assez de liberté pour penser á l'amour. Il n'est pas douteux que les vampires cherchent à s'unir à des mortelles exprès pour prolonger leur existence sur cette terre. Je vais donc promptement chercher la belle mademoiselle Aldwinkle et hâter notre mariage. En attendant, après ce que j'ai souffert, une promenade au doux clair de lune me ranimera.
[Il sort
242 LE FIANCÉ SrECTRE.
Entrent Aldwinkle. Georgiana, Lavinia, Vaüntington ei DicKORY, sur la pointe du pied.
Lav. Là, monsieur, vous avez entendu ce qu'il à dit. C'est un vampire, et il ne cherche à s'unir à ma cousino que pour prolonger son existence. '
Geo. Oh, certainement, je n'épouserai jamais un vampire mon papa ! Il me dévorerait.
Die. Oui, il vous mangerait de caresses. . Lav. Vous le voyez, il est allé dans le jardin pour se remettre aux rayons de la lune des blessures que lui a faites le capitaine.
Vau. Comment, mais je l'ai tué une demi-douzaine de fois, certainement.
Die. Diab' m'emporte, je ne savais pas que la lune était médecin.— [A part.'] Ils sont tous lunatiques.
Aid. Je suis un vieillard bien persécuté ! — Que faire ?— Comment nous débarraser de lui ?
Lav. Ecoutez-moi, monsieur. — Promettez que le capitaine épousera ma cousine et assurez-moi une petite fortune, et je me charge d'empêcher Mr. Nicodéme de jamais vous tourmenter la nuit ; je le ferai rester tranquille, je vous le garantis.
Aid. Faites-le, et je vous assure une dot égale à celle de ma fille.
Lav. Je suis sûre du succès comme de mon existence ; venez me rejoindre, dans quelques minutes, dans le jardin, et que l'exécution de votre promesse suive celle de la mienne.
[Elle sort.
Aid. Elle est vraiment drôle. — Je ne m'étonnerais pas du tout si la petite folle allait tenir parole. Allons-nous-en tout doucement au jardin, car il me tarde de m'assurer de la vérité.
[22 sortent.