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Scène VI. — Le jardin de Aldwinkle Hall. Clair de lune

Nidodème, seul.

Nie. Est-il possible que la lune, qui réfléchit un état si frais et si pur, puisse priver les hommes de leur raison ? — Elle me baigne de sa lumière fluide, comme la rosée, rafraîchissante et adoucissante — me livrant à une tendre langueur, et mettant toutes les cordes les plus rauques de ce bizarre instrument, le cœur, à l'unisson avec l'amour et l'harmonie ! — Hélas J

Entre Lavinia.

Par le Ciel ! attirée par la sympathie de deux âmes qui s'entendent, voici venir cette angélique jeune fille, pour me captiver et me charmer !

Lav. Mon bon monsieur, si vous ne tenez pas particulièrement à vous faire assommer, comme un être diabolique, vous suspendrez ces excursions nocturnes ; vous chercherez quelque moyen décisif de prouver que vous êtes bien effectivement un homme en chair et en os, et vous reposerez la nuit tranquillement dans votre lit.

Nie. Comme elle me secondera admirablement dans mes savants travaux !

Lav. [A part.'] Il est vraisemblable que je le troublerai plutôt dans ses savants travaux, que je ne l'y seconderai.

Nie. Un être diabolique — des excursions nocturnes — m'assommer ! Une lueur se fait entrevoir. — Je commence à comprendre.— Fille charmante, comment puis-je mieux prouver que je suis un homme, qu'en unissant ma destinée à la tienne ? — Ainsi, sur mes genoux — [Il se met à genoux.

Entrent Ald winkle, Georgiana, Vauntington et

DlCKORY.

Aid. Enfin il est vaincu. — Voyez, il est à genoux, demandant grâce.

Lav. Levez-vous, monsieur ; je sais tout ce que vous allez dire — et, comme je n'ai aucune objection particulière à vous faire, voilà ma main.

Nie. Sur ma parole — voilà une jeune personne fort sensée — Elle m'épargne une grande quantité, de peines.

Lav. [A Aldwinkle.'] Et maintenant, monsieur, je réclame l'exécution de votre promesse. Pour débarraser votre maison des visites nocturnes de cet être terrible, et pour le faire reposer tranquillement, comme font les autres chrétiens, j'ai héroïquement résolu de me sacrifier, et de l'épouser.

Aid. Quoi! épouser un revenant — un vampire — un esprit?

Nie. Je vois ce qu'il en est. Il y a eu une grande méprise j vous m'avez confondu avec mon cousin.

Aid. Parbleu ! il parait que nou3 avons tous été attrapés ft confondus. — Cependant, je suis bien aise que les choses aient

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tourné de cette manière ; mais vous, Dickory, comment a-t-il pu vous entrer dans la tête que monsieur était un revenant ?

Die. Eh ben, monsieur, si ce n'était pas un revenant, c'était un esprit : et les esprits me montent très-souvent à la tête.

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