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Scène II. — Appartement chez Lady Leech. Fenêtre dans h

fond.

Lady Leeçh entre suivie de Lord xiOunge.

Lady L. Adrien !

Loun. Letitia !

Lady L. Voyez- vous venir le capitaine ?

Lon. [Regardant parla fenêtre.] Non!

Lady L. V ous dites que la voiture est commandée pour onze heures ?

Loun. Oui.

Lady L. Alors notre séjour en ville est terminé ; fort triste séjour, milord.

Loun. Fort triste !

Lady L. Vraiment, Londres est tellement changé depuis quelques années, qu'une personne de bon goût doit en haïr le nom même ; tous les gens à la mode ont pris leur vol vers le continent — et ceux qui les ont remplacés sont ou trop pauvres pour qu'on les fréquente, ou trop communs pour qu'on veuille les former !

Loun. En effet.

Lady L. Dans une conjoncture pareille, on soupire après un hermitage ; et quoique notre petite villa de Wiltshire soit bien petite, milord ...

Loun. Bien petite !

Lady L. Et notre maison trop retirée pour lui donner beaucoup d'éclat ...

Loun. C'est vrai!

Lady L. Toutefois, le plaisir d'éviter le contact des parvenus, qui inondent les eaux, est si grand, que Ton doit considérer un revenu médiocre comme une bénédiction, quoique ce soit pourtant assez difficile, milord.

Loun. Très difficile.

Lady L. Adrien ! .

Loun. Letitia !

Lady L. Avez vous causé ce matin avec le capitaine ?

Loun. Non.

Lady L. Vous ne savez alors un certain événement . . .

Loun. Qu'est-ce?

Lady L. Il m'a arraché à la fin mon consentement de le cendre heureux.

Loun. Bien l

Lady L. Je sais fort bien qu'il est de beaucoup au-dessous de nous — pauvrement apparenté — sans usage du monde; mais c'est un homme qui a bon cœur, et puis il a cinq cents livres de rente.

Loun. Oui.

Lady L. Or, comme il est disposé à laisser faire son éducation, et qu'il ne sera pas bien gênant, j'ai pensé qu'il valait mieux ajouter ses rentes aux nôtres, que de condamner le pauvre diable à mourir de désespoir.

Loun. C'est vrai.

Un domestique entre.

Le dorn. La voiture, madame, est à la porte.

Lady L. Le capitaine Burnish n'est pas encore rentré ?

Le dorn. Il rentre à l'instant, madame, en compagnie d'un autre monsieur.

Lady L. Un autre monsieur ! Ayez l'obligeance pour veiller à faire convenablement arranger notre bagage sur la voiture. Je vais parler en bas à Mrs. Flashton.

[Le domestique sort.

Le Capitaine Burnish entre suivi de McShane.

Charles, Charles, vous êtes en retard !

Bur. Oui, c'est vrai, mon amie ; je le sais ; mais le fait est . . . que j'ai eu quelque chose qui m'a retardé.

[H désigne McShane du regard.

McS. La dame — ni très vieille, ni très laide— c'est là le

côté vulnérable ... \Il salue Lady Leech.

. Lady L. Capitaine, quel est l'ami que vous nous amenez là %

Bur. Mon ami % Par ma foi, ce n'est pas une très vieille connaissance, quoique c'en soit une très chaude.

Lady L. Quelle est sa famille 1

Bur. Sa famille ? Oh ! sa famille, je crois, est fort nombreuse. Je pense qu'elle compte beaucoup de membres en ville. [A McShane.'] Votre famille %

McS. Les McShane, madame, du Comté de Clare !

Lady L. McShane ! Etes-vous parent de Lady Kilblarney ?

McS. Son cousin germain, madame, par le côté Ecossais.

Lady L. Etes vous lié avec la Duchesse d'Alpini et Mme. Cassino ?

McS, Très intimement, madame ; et c'est dans leur char-

256 l'homme nerveux.

mante société que j'ai entendu citer si souvent votre goût et vos manières, que, bien que mon ami m'ait dit que vous éties sur le point de quitter la ville, je n'ai pas pu me refuser le plaisir de me convaincre personnellement de la vérité de ces éloges. [H jette un regard sur Burnish.

Lady L. Voilà un homme fort avenant, milord.

Loun. Fort avenant !

Lady L. Et de bonnes façons !

Loun. Très bonnes !

Lady L. Où avez-vous passé votre hiver ? Au-delà de l'eau?

McS. Oui, madame, au-delà de l'eau.

Lady L. C'est par là que sont vos propriétés ?

McS. Pas tout-à-fait : la plus grande partie de mes biens se trouvent dans l'île de Skye. J'ai une ou deux terres dans Ayrshire, et une autre en perspective.

Bur. [A part.} Je n'aime guères cet homme-là J'ai essayé de m'en débarasser une douzaine de fois, et il m'a touché un mot de tir au pistolet

McS. Est-ce donc la triste vérité, madame ? Et sommesnous destinés à vous perdre ?

Lady L. Eh ! mon Dieu, oui ! les fatigues de l'hiver sont si grandes qu'une courte retraite dans notre joli cottage da Wiltshire me parait tout-à-fait indispensable.

McS. Le Wiltshire ! Est-ce dans le Wiltshire que vous allez ? Comme c'est singulier ! C'est là aussi que je me rends !

Lady L. En vérité.

McS. Et, bien que j'aie pris mes dispositions pour m'y rendre dans ma propre voiture, si vous pouviez en vous serrant un peu me faire une petite place dans la vôtre, madame, je le préférerais de beaucoup.

Bur. Oh ! pour le coup, c'est trop fort ! Voilà qu'il fait la cour à Lady Leech ! Il faut que je le démasque. Monsieur !

McS. Monsieur ?

Bur. Vous devriez bien savoir que votre demande est absurde. Une chaise de poste ne peut tenir que quatre personnes

McS. Bah! bah! Six!

Bur. Mais comment, monsieur ? — comment?

McS. N'y a-t-il pas le siège et la caisse, le dedans et le dehors, sans compter le cheval que ne monte pas le postillon ? Voyez, monsieur. [ II va à la fenêtre, et se retire vivement en poussant une exclamation.} Damnation ! voilà ces deux voleurs de gardes-du-commerce qui suivent ma piste à Londre!

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depuis une semaine ; les voilà qui se tiennent en sentinelle à la porte, et qui n'attendent que ma sortie !

Lady L. [A laquelle Burnish a parlé bas.] Est ce possible Ì

Bur. Il n'y a pas le moindre doute.

Lady L. [Observant McShane qui regarde par la fenêtre.] Assurément c'est quelque chevalier d'industrie. Je vous ai bien dit, milord, qu'il avait l'air tout- à-fait . . .

Loun. Tout-à-fait!

Lady L. En vérité l'impudence de certaines gens est extraordinaire !

Entre un domestique.

Le dorn. La voiture de madame est prête.

Bur. Venez, mon amie! [Il prend sa main.

McS. Vous n'allez pas m'abandonner, madame . . .

Lady L. A la sympathie de votre noble ami, cousin ger main de Lady Kilblarney ! Ha ! ha ! ha ! • Bur. et Loun. Ha ! ha ! ha !

Lady L. C'est amusant, milord, n'est-ce pas ?

Loun. Très amusant ! [Us sortent

McS. Ils rient, les monstres ! Comment diable vais-je me tirer des griffes de ces happe-chair sans merci ? Eh ! inordieu ! n'est-ce pas là un escalier dérobé Ì Ici, Tim, réponds- moi pour un shilling. N'est-ce pas là un escalier î

Le dorn. Oui, monsieur.

McS. Dis-m'en pour une demi-couronne ! Cet escalier ne conduit-il pas dans une cour de derrière ?

Le dorn. Oui, monsieur !

McS. Vertubleu ! Je suis encore un homme ! Voilà un sou pour toi ! Je te devrai le reste.

[Il lui jette un sou et se sauve. Le domestique le suit.

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