‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 131 sur 164 · Scène III. — La maison d'Aspen. Même décor qu'à la première seine · texte numérisé non relu

Scène III. — La maison d'Aspen. Même décor qu'à la première seine

Aspen entre en grande hâte.

Asp. C'est fait ! Tout est arrangé ! Le Rubicon est passé ! J'ai acheté la propriété ; j'ai envoyé Vivian en avant pour faire mettre la maison en ordre ; j'ai fait de mon commis Brown

£58 l'homme nerveux.

mon représentant en ville. La campagne ! Est-il possible que j'atteigne jamais à ce septième ciel dans ce monde ? Le tableau de ma félicité est en plein devant mes yeux : une nuit d'hiver — maison solitaire — chambre bien close — feu brillant — paravent— sofa — Emilie ! — Quel délice ! Biggs !

Biggs entre en courant.

Biggs. Monsieur?

Asp. Prends mon porte-manteau noir, et mets-y deux chemises et une paire de chaussettes. Je vais à la campagne.

Biggs. Comment, monsieur ! A la campagne ?

Asp. Oui. Vous n'avez pas besoin de geindre ! Ma résolution est prise ; et c'est de votre faute, à vous et à Londres, cette serre-chaude de la friponnerie !

Biggs. Ma faute, monsieur Ì [U tousse] Heu ! heu ! ma . . . heu 1

Asp. Silence, drôle! — ne tousse pas devant un homme nerveux! La toux est irritante. Maintenant dépêche-toi. [Biggs sort.'] J'ai pris ma place dans la diligence de onze heures; elle sera ici dans cinq minutes; elle passe devant ma porte, et le conducteur m'a promis de me prendre. Biggs ! [Biggs rentre.] As- tu aperçu ce diable d'Irlandais Ì

Biggs. Non, monsieur.

Asp. C'est heureux ! Sans doute les gardes du commerce se sont assurés de sa personne ; de sorte que voilà déjà un diable dans la Mer Bouge. Ah ! Biggs !

Biggs. [Qui se dirige vers la coulisse.] Monsieur !

Asp. Et ce plombier, en as-tu appris quelque chose ?

Biggs. Non, monsieur.

Asp. Sans doute je suis aussi débarrassé de celui-là ! Je suis dans l'enchantement de ce qui m'attend. Allons, Biggs, vite mes effets ! J'ai promis à Èrown d'écrire à l'agent du Lloyd, pour lui faire connaître mes intentions. Je vais le faire tout de suite; j'ai juste le temps. [Il s* assied à une table, et écrit en répétant les mots.] " Cher Thompson, mon mède ein m'ayant ordonné la campagne pour quelque temps, je voua écris pour vous informer que je suis sur le point de saisir " — [ Un cor sonne dans le lointain.] La diligence ! Biggs ! Ma malle est-elle prête ?

Biggs. [Entrant en courant avec la malle.] Non, mon Bieur.

Asp. Non?

l'homme nerveux. 259

Biggs. Je ne puis pas trouver vos chemises, monsieur} elles sont toutes au blanchissage.

Asp. Voilà un complot ! Où est Betty ?

Betty entre en courant.

Où est mon linge, mademoiselle ?

Betty. Ne vous rappelez-vous pas, monsieur, que vous ne l'avez pas trouvé bien blanchi, et que vous l'avez envoyé che» Barnes pour être repassé ?

Asp. MensoDge ! Je n'ai jamais ordonné pareille chose. Je vois votre but ; vous avez peur de me perdre ; mais cela ne prendra point ! Je partirai ! Je suis prêt pour cela à tous les sacrifices ! J'achèterai un devant de chemise s'il le faut.

[Le bruit du cor approche et se fait entendre sous la fenêtre.

Le conducteur. [En dehors.] Nous vous attendons, monsieur ! Beading ! Reading ! Bath !

Asp. Ferme la valise, et mets-la sur la voiture ; donne à cet homme un shilling, et dis-lui d'attendre deux minutes que j'aie fini cette lettre.

Biggs. Oui, monsieur !

[H sort avec la valise. On frappe à la porte.

Asp. Hé bien ! Qui est là Ì Pas une de mes sangsues, je l'espère ! Oh ! si, assurément ! Biggs !

Biggs. [Rentrant.] Monsieur I

Asp. Cours à la porte du magasin. Dis queje n'y suis pas, que je suis ino.rt, tout ce que tu voudras. Je le vois clairement; c'est une conspiration pour me retenir à Londres. [Biggs sort.] Je vais achever ma lettre dans ma chambre à coucher ; c'est le plus s\\r.

Le conducteur [En dehors.] Venez, monsieur ! monsieur I

Asp. [Parlant par la fenêtre.] Je suis prêt à l'instant ! [Il entre dans sa chambre à coucher.

McShane entre en courant tout hors d'haleine.

McS. Pas de bruit, pas de bruit ! et fermez bien la porto. Ouf ! une rude chasse de Bond-street à Cripplegate, et je puis dire que je l'ai échappe belle ! Quelle course Le vieux trembleur n'est point chez lui? N'importe, j'attendrai qu'il rentre.

Le conducteur. Eh ! monsieur, venez-vous ?

McS. Si je viens ? Où donc ?

Le cond. Nous ne pouvons nous arrêter ici toute la jounéc.

McS- Et qui vous demande cette faveur ?

Le cond. Votre malle est sur la voiture.

260 l'homme nerveux.

McS. Ma malle sur la Toiture ! Alors il ne vous faut pai mon corps %

Le cond. Venez vite, monsieur, ou nous partons sans vous

McS. Ah 1 ce ne serait pas gentil l Partir sans moi ! — Hem ! dites-moi, mon ami, est-ce que vous voulez dire que vous avez de la place pour moi dans cette diligence ?

Le cond. N'êtes-vous pas inscrit ?

McS. Inscrit 1 Sans doute je le suis ! Mais, sur mon âme, je Pavais oublié ! Laissez-moi me rappeler. Eh ? Oui ! vertubleu 1 je le vois ! Quelque ange bienfaisant a pris en pitié le désarroi de mes moyens de locomotion [regardant ses jambes], et s'est chargé de pourvoir à mon transport d'une façon respectable 1 Hé ! dites-moi donc, mon ami ? Quand mon domestique a retenu ma place, a-t-il eu soiu de la payer ?

Le cond. Certainement, monsieur ; tout est en règle.

McS. Ah ! tout est en règle ! très bien ! Alors, partons.

[H saute par la fenêtre.

Aspen sort de sa chambre avec une lettre à la main.

Asp. Ah ! j'ai fini ! Cocher, je viens ! Biggs, porte cette lettre au Lloyd 1

Bruit de pas et chaniaiMis au-dehors.

Biggs. Vous n'entrerez pas ; il n'y a personne. Garde du commerce. Nou3 entrerons ; nous savons qu'il est ici.

Asp. Ah ! mon Dieu ! des gens qui veulent envahir ma maison; c'est le plombier peut-être. Décîdemmeut il y a conspiration pour me retenir en ville ! Mais je déjouerai ce projet. [Il boutonne sa redingote.'} Je filerai à temps. La diligence ! [H court à la fenêtre.] Partie ! Hé ! Là-bas ! Arrêtez ! Revenez ! [U se penche hors de la fenêtre en criant. Les gardes du commerce entrent brusquement du còte opposé, suivis par Biggs, saisissent Aspen et le traînent sur le devant de la scène.] Garde 1. Le voici, Bill ! Ah ! ah ! mon bel ami, nous vous avons pincé à la fin !

Garde 2, [le reconnaissant.'} Ah ! mon Dieu ! Asp. Je suis un homme perdu !

[Il se jette sur une chaise. Les gardes du commerce ¿éloignent^ en le regardant avec surprise. Brovm et Betty entrent. Le rideau tombe.]

l'homme nerveux. 26 i

Page 1