PREFACE. IX
que ceux qui ont^ servi à son modèle, et pourtant Ton exige de lui une reproduction d'une parfaite ressemblance. Il faut non seulement qu'il sache à fond les deux idiomes, mais encore que, pour s'identifier avec l'auteur dont il veut être l'interprète, pour transporter l'esprit et l'essence de sa composition dans une autre langue, il faut qu'il entro avec un chaleureux dévouement dans tous ses sentiments et dans toutes ses idées. Il n'y a qu'un homme de génie qui puisse dignement traduire un homme de génie. Voltaire a dit quelque part qu'après une bonne tragédie il n'y a rien de plus difficile à écrire qu'une bonne traduction. " De tous les livres," dit M. de Lamartine, " le plus difficile à écrire, c'est une bonne traduction."
Si nous citons ces opinions, c'est que nous espérons qu'elles vaudront à notre travail l'indulgence de nos lecteurs ; certes nous n'avons rien négligé pour le rendre le moins imparfait possible ; mais nous sommes loin de nous flatter d'avoii toujours réussi. Plus d'un passage pourra devenir l'objet de justes critiques ; mais, lors même qu'un maître aura dû signaler quelque défaut, nous ne pourrons que féliciter les élèves qui, grâce à lui, apprendront à mieux faire ; et si nos efforts obtiennent la faveur publique, nous nous féliciterons d'avoir, soit par les idées que nous aurons suggérées, soit par l'exemple que nous aurons donné, contribué pour notre faible part à faire marcher la jeunesse vers Tort déparier et d'écrire correctement.
New-York, Fret Academy > Août, 1855.
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Préface,