‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 43 sur 164 · XXXIII.— UN BON FILS · texte numérisé non relu

XXXIII.— UN BON FILS

Tandis que les troupes françaises étaient campées à Bou logne, l'attention publique fut excitée par l'audacieuse tenta tive d'évasion que fit un matelot anglais. Cet homme, s'étant échappé du dépôt et ayant gagné le bord de la mer, où les bois lui servirent à se cacher, construisit, sans autre outil qu'un couteau, un canot tout en écorces d'arbres. Quand le temps était beau, il montait sur un arbre et cherchait au loin le drapeau anglais ; ayant enfin observé un croiseur britannique, il courut au rivage, avec son canot sur son dos et était sur le point de se confier aux flots dans son frêle esquif, lorsqu'il fut poursuivi, arrêté et chargé de chaînes. Tout le monde, dans l'armée, voulut voir le bateau et Napoléon, ayant à la fin entendu parler de l'affaire, fit venir le matelot et l'interrogea. ll II faut," dit Napoléon, " que vous ayez un grand désir de revoir votre patrie, pour avoir pu vous résoudre à vous risquer sur la mer dans une barque si frêle. Je suppose que vous y avez laissé une bonne amie." " Non," dit le matelot, 4< mais une pauvre mère infirme, que je. brillais de revoir." " Et vous la reverrez," dit Napoléon, qui donna en même temps l'ordre de le mettre en liberté et de lui donner une somme d'argent considérable pour sa mère, faisant obser ver que " celle qui avait un si bon fils devait être une bonne

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