‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 79 sur 164 · LXIL— ENTRÉE TRIOMPHALE DE COLOMB À BARCELONE · texte numérisé non relu

LXIL— ENTRÉE TRIOMPHALE DE COLOMB À BARCELONE

La lettre de Colomb aux monarques espagnols, annonçant sa découverte, avait produit la plus grande sensation à la cour. L'événement dont elle apportait la nouvelle était considéré comme le plus extraordinaire de ce règne de prospérité, et suivant de si près la conquête de Grenade, on déclara que c'était une- marque insigne de la faveur divine, en récompense du triomphe remporté pour la cause de la vraie foi. Les souverains eux-mêmes furent un moment éblouis et étourdis de cette soudaine et facile acquisition d'un empire dont l'étendue était indéfiuie et dont les richesses paraissaient sans bornes ; et leur première pensée fut de s*en emparer de manière à défier toute contestation et toute concurrence. Peu après son arrivée à Seville, Colomb reçut d'eux une lettre dans laquelle ils lui exprimaient toute leur joie et le priaient de se rendre immédiatement à la cour, pour concerter le plan d'une seconde et plus vaste expédition. Comme l'été avançait et que le temps était favorable pour un voyage, ils désiraient qu'il prit, à Seville ou ailleurs, toutes les dispositions propres à activer l'expédition, et qu'il leur fît savoir, par le retour du courrier, ce qu'ils devaient faire de leur côté, cette lettre lui était adressée sous le titre de " Don Christophe Colomb, notre amiral de l'océan, vice-roi et gouverneur des îles découvertes dans les Indes ; " on lui promettait, en même temps, d'autres récompenses. Colomb ne perdit point de temps pour accomplir les ordres de son souverain. 11 envoya un état des navires, des hommes et des munitions qui allaient être nécessaires, et ayant pris à Seville toutes les dispositions que permettaient les circonstances, il se mit en route pour Barcelone, emmenant avec lui les six Indiens et les diverses curiosités et produits qu'il avait rapportés du Nouveau- Monde.

Le bruit de sa découverte s'était répandu dans toute la nation, et comme la route qu'il suivait passait à travers plusieurs des plus belles et des plus populeuses provinces d'Espagne, son voyage ressemblait à la marche d'un souverain. Partout les habitants de la contrée environnante s'empressaient sur son passage, bordaient la route et remplissaient les villages. Dans les grandes villes, les fenêtres, les balcons étaient remplis de spectateurs avides, qui faisaient retentir l'air de leurs acclamations. Sa marche était constamment arrêtée par la multitude qui se pressait pour le voir, ainsi c^uä

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