LXV.— CULTE INDIEN
Discours du chef Sa-Gu-Yu-Wiiat-Hah, appelle Jaquette Rougeyen réponse à l'offre d'un Missionnaire Américain, qui lui proposait d'enseigner aux Indiens les principes du Christianisme.
Ami et Frère — C'était la volonté du Grand-Esprit que nous fussions réunis ensemble aujourd'hui. Il ordonne toutes choses, et nous a donné un beau jour pour notre entrevue. Il a retiré son manteau de la face du soleil, afin que cet astre brillât sur nous avec éclat. Nos yeux sont ouverts pour voir clairement ; nos oreilles sont attentives, et nous avons entendu distinctement les paroles que vous avez prononcées. Pour toutes ces faveurs, nous remercions le Grand-Esprit, et lui seulement.
Frère — Ecoute ce que nous allons dire. Il fut un temps où nos ancêtres possédaient cette grande île. Leurs domaines s'étendaient du soleil levant au soleil couchant. Le Grand- Esprit avait créé ce domaine pour l'usage des Indiens. Il avait également créé, pour leur nouriture, le bufile, le daim, et d'autres animaux. Il avait fait l'ours et le castor. Leurs peaux servaient ù nous couvrir. Il avait répandu ces animaux sur la surface de la terre, et nous apprit comment nous pouvions les prendre. Il a fait produire à la terre du mais d'où sort le pain. Tout ceci, il l'avait créé pour ses enfants à peau rouge, parce qu'il les aimait. Mais un jour fatal a lui pour nous. Vos ancêtres ont traversé le grand lac et débarqué sur cette île. Leur nombre était restreint. Ils ont trouvé des amis, non des ennemis. Ils nous ont dit qu'ils s'étaient enfuis de leur pays par crainte des méchants, et qu'ils venaient ici pour jouir de leur religion. Ils demandèrent un petit domaine. Nous les avous pris en pitié et accédé à leur demande ; ils s'établirent parmi nous. Nous leur avions donné du maïs et de la viande ; en retour, ils nous ont donné du poison.
Les hommes blancs avaient alors trouvé le chemin da notre pays. Ils envoyèrent des nouvelles à leurs frères qui rinrent en plus grands nombres. Cependant nous ne lei«