ALLOCUTION DE BLACK IIAWK (FAUCON NOIR) AU GÉNÉRAL STREET
Vous m'avez fait prisonnier avec tous mes guerriers. J'en suis profondément affligé ; car je comptais, sinon vous vaincre, du moins vous tenir tête plus longtemps, et vous faire plus de mal avant de me rendre. J'ai fait mon possible pour vous attirer dans mes embûches, mais votre dernier général comprenait trop bien la guerre Indienne. Je m'étais donc décidé à me jeter sur vous, et à vous combattre face à face. Je me suis rudement battu. Mais vos fusils étaient pointés juste. Les balles volaient ainsi que des oiseaux dans l'air, et sifflaient â nos oreilles comme le vent d'hiver à travers les arbres. Mes guerriers tombaient autour de moi ; tout semblait devenir fatal. Je voyais poindre mon jour de malheur Le soleil
PORCE d'ame d'un indien. 87
s'était levé blafard sur nous ; le soir il se coucha enseveli dans un nuage sombre, et ressembla à une boule de feu. Ce soleil était le dernier qui devait briller sur Faucon-Noir. Son cœur est mort, et ne bat plus rapide dans sa poitrine. Il est maintenant le prisonnier des hommes pâles ; ils feront de lui ce qu'ils voudront. Mais il peut supporter la torture, et n'a pas peur de la mort. Il n'est pas un lâche. Faucon Noir est un Indien.
Il n'a jamais rien fait dont un Indien ait à rougir. Il a combattu pour ses compatriotes contre les hommes blancs qui sont venus, chaque année, pour les tromper et leur prendre leurs terres. Vous savez pourquoi nous faisons la guerre. Tous les hommes blancs le savent. Ils, devraient en être honteux. Les visages pâles méprisent les Indiens et les chassent de leurs foyers. Ils sourient au pauvre Indien, mais c'est pour mieux le tromper ; ils lui prennent la main pour gagner sa confiance, l'enivrent et le trahissent. Nous leur avons dit de s'éloigner de nous et de nous laisser en paix ; mais ils ont suivi de tous côtés nos traces et se sont enlacés autour de nous comme des serpents. Ils nous ont empoisonnés par leur contact. Nous n'avions plus de sécurité. Notre vie était en danger. Nous implorâmes le Grand-Esprit. Nous nous adressâmes à notre père, et il a relevé notre courage. Son Grand-Conseil nous a fait entendre de belles paroles et de grandes promesses ; mais nous n'avons pas obtenu satisfaction, et les choses sont devenues pires. Il n'y avait plus de cerfs dans les forets. La sarigue et le castor s'étaient enfuis. Les sources se desséchaient ; nos femmes et nos enfants n'avaient plus de vivres pour combattre la faim.
Nous avons convoqué un grand conseil et allumé un grand feu. L'esprit de nos ancêtres s'est levé et nous a dit de venger nos maux ou de mourir. Nous avons poussé le cri de guerre et déterré le tomahawk ; nos couteaux étaient prêts, et le cœur de Faucon-Noir battait fort dans sa poitrine lorsqu'il conduisit ses guerriers au combat. Il est satisfait maintenant. Il ira content dans le monde des esprits, car il a accompli sa tâche. Là il rencontrera son père qui le comblera de louanges. Faucon- Noir est un vrai Indien, et dédaignn de pleurer comme une femme. Il regrette sa femme, ses enfants et ses amis, mais son propre sort lui est indifférent. Il s'inquiète pour sa nation et pour les Indiens, car ils sont destines à souffrir. Il déplore leur sort. Adieu pour toujours o ma Nation î Faucon-Noir a essayé de vous sauver ei