‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 86 sur 164 · LXVIL— DESTINÉE DE LA RACE INDIENNE · texte numérisé non relu

LXVIL— DESTINÉE DE LA RACE INDIENNE

Il y a, vraiment, dans la destinée de ces êtres infortunés bien des considérations faites pour éveiller nos sympathies et jeter le trouble dans la sagesse de nos jugements ; bien dee motifs qu'on peut faire valoir pour pallier les atrocités qu'ils ont commises ; bien des traits dans leur caractère qui provoque en nous une admiration involontaire. Quoi de plus mélancolique que leur histoire ? Par une loi de leur nature, ils semblent voués à une destruction lente mais certaine. Partout, à l'approche de l'homme blanc, ils disparaissent. Nous entendons le bruissement de leurs pas, semblable à celui que font les feuilles desséchées de l'automne, puis ils sont partis pour toujours. Ils passent, près de nous mornes et silencieux, et ne reviennent plus.

Il y a deux siècles, la fumée de leurs wigwams (cabanes) et les feux de leurs conseils se voyaient dans chaque vallée, depuis les bords de la Baie d'Hudson jusqu'aux extrémités de la Floride; de l'océan au Mississippi n et aux Lacs. Les chants de victoire et les danses de guerre résonnaient à travers les montagnes et les clairières. Les flèches innombrables et le tomahawk meurtrier sifflaient dans les forêts ; la trace du chasseur campé dans l'ombre effarouchait les bêtes fauves dans leurs tanières. Les guerriers restaient debout dans leur gloire. Les jeunes gens écoutaient les chansons d'autrefois. Les mères jouaient avec leurs enfants et contemplait la scène avec d'ardentes espérances d'avenir. Les vieillards étaient assis ; mais ils ne pleuraient pas. Ils attendaient avec calme le jour du repos dans des régions plus belles, où le Grand- Esptit a préparé un asile pour les braves au-dessus du ciel d'occident.

Jamais il n'y a existé d'hommes plus braves ; jamais des Sommes plus hommes n'ont manió l'arc. Ils avaient du courage, de la grandeur d'âme, de la sagacité, et de la persévérance plus qu'aucune autre race humaine. Ils ne reculaient devant aucun danger, et ne redoutaient aucune fatigue. S'ils avaient les vices de la vie sauvage, ils en avaient aussi les

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