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LXV1IT.— LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

Les Etats-Unis d'Amérique constituent une partie essentielle d'un grand système politique qui embrasse toutes les nations civilisées de la terre. A une époque où la force de l'opinion morale grandit rapidement, ces Etats ont la préséance dans la pratique et dans la défense des droits de l'homme à Pégalité. La souveraineté du peuple est ici un axiome accepté, et les lois, établies sur cette base, sont aimées avec un patriotisme sincère. Tandis que les nations de l'Europe aspirent au changement, notre constitution inspire au peuple par lequel elle a été établie l'admiration la plus profonde. La prospérité est la conséquence même de l'exécution de la justice ; l'invention devient plus rapide par la liberté de la concurrence ; le travail est récompensé par des résultats certains et sans exemple au monde. La paix intérieure est maintenue sans l'aide d'une institution militaire ; le sentiment public ne permet que l'existence d'une armée très limitée et confinée sur les bords de la mer et sur les frontières. Une marine vaillante protège notre commeroe dont le pavillon flotte sur tous les océans, et dont le génie d'entreprise s'étend à tous les climats. Nos relations diplomatiques nous mettent sur un pied d'égalité et d'honorable amitié avec les principales puissances du globe, et, en môme temps, nous font éviter toute participation à leurs intrigues, à leurs passions et à leurs guerres. Nos richesses nationales se développent par une culture sérieuse des arts de la paix. Chaque homme jouit des fruits de son industrie ; chaque esprit est libre de publier ses convictions. Notre governement, par son organisation même, s'identifie nécessairement avec les intérêts du peuple, et compte exclusivement sur l'attachement des citoyens pour sa durée et pour sa force. Les ennemis mêmes de l'Etat, s'il en existe quelques uns parmi nous, ont là liberté d'exprimer leurs opinions sans être persécutés; on les tolère sans s'en inquiéter, car la raison est également libre de combattre leurs erreurs. Notre Constitution n'est pas une lettre morte, irrévocablement inaltérable ; elle porte en elle-même le progrès ; et, en adoptant toutes les réformes que le temps et la volonté publique pourraient prescrire, elle demeurera jeune et forte tant que cette volonté conservera son énergie. Des Etats nouveaux se forment dans les déserts ; des canaux sillonnent nos plaines, et, traversant nos montagnes, ouvrent de nombreuses commu

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nications à notre commerce intérieur ; l'industrie manufacturière prospère le long de nos cours d'eau ; l'usage de la vapeur sur nos rivières et sur nos chemins de fer, en accélérant les moyens de transport, fait disparaître en quelque sorte les distances. Notre bien-être et notre population, en nous plaçant déjà au rang des premières nations, s'accroissent si rapidement que tous les vingt-deux ou vingt-trois ans notre richesse matérielle est quadruplée et le nombre de nos citoyens doublé. Il n'existe pas de dette nationale; la nation est dans l'opulence, le gouvernement économique, et le trésor public plein. La religion, libre de persécutions, et, ne recevant aucun subside de l'Etat, est soutenue par une foi éclairée dans l'intérêt de la morale. L'intelligence est répandue universellement et dans une proportion sans exemple ; une presse libre répand partout les productions les plus choisies de toutes les nations et de tous les siècles. Il y a aux Etats-Unis seulement plus de journaux quotidiens que dans le reste du monde entier. Un document public d'intérêt général est, avant qu'un mois ne se soit écoulé, reproduit à plus d'un million d'exemplaires, et mis à la portée de tous les citoyens du paye. Un concours immense d'émigrants de diverses origines afflue constamment sur nos côtes ; et les principes de la liberté, unissant tous les intérêts sous l'empire de lois égalitaires, fondent tous les éléments hétérogènes en une harmonieuse union. Les autres gouvernements sont inquiétés par les innovations et les réformes de leurs voisins ; notre Constitution, au contraire, fondée sur l'affection du peuple dont elle émane, neutralise l'influence des principes étrangers, et offre sans crainte un asile aux hommes vertueux, aux malheureux aussi bien qu'aux opprimés de toutes nations.

Et cependant il y a un peu plus de deux siècles seulement que le plus ancien de nos Etats a fondé sa première colonie permanente. Avant cette époque notre territoire n'était dans toute son étendue qu'un désert stérile. Les arts n'avaient pas élevé un seul monument sur toute sa surface. Ses habitants n'étaient rien autre chose que quelques tribus éparses de barbares ignorants, sans force, et dépourvus de tous rapporta commerciaux et politiques. La hache et la charrue étaient choses inconnues. Le sol, dont la fertilité ne provenait que du repos des siècles, prodiguait sa vigueur en une végétation splendide mais inutile. Au point de vue de la civilisation,

jet immense domaine n'était qu'un désert

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