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LES PREMIERS COLONS DE LA NOUVELLE-ANGLETELRE

leurs principes religieux, en s'établissant dans quelque coin lointain "et retire des domaines britanniques; après plusieurs jours d'instantes prières au Ciel pour lui demander des conseils et des inspirations, ils se déterminèrent d'un accord unanime à se transporter eux et leurs familles sur le territoire d'Amérique. Il fut résolu qu'une fraction choisie de la congrégation partirait en avant pour organiser et préparer la colonie, tandis que la plus grande partie continuerait à vivre à Leyde sous les auspices de leur pasteur. Ils hésitèrent quelque temps à décider quel point ils choisiraient pour leur établissement. Ils balançaient entre le territoire de la Guyane dont Sir Walter Raleigh avait publié la plus séduisante des descriptions, (description puisée surtout à la source de sa brillante et fertile imagination,) et la province de Virginie à laquelle ils donnèrent finalement la préférence ; mais la Providence avait décrété que leur résidence s'établirait dans la Nouvelle- Angleterre.

Par l'intervention d'agents qu'ils députèrent pour solliciter la sanction du Gouvernement anglais à leur entreprise, ils représentèrent au Roi " qu'ils étaient bien sevrés du lait délicat de leur mère patrie, et brisés aux difficultés des pays étrangers ; qu'ils étaient liés les uns aux autres par un contrat strict et solennel, en vertu du quel chacun d'eux était obligé de veiller au bien-être réciproque et de la communauté ; et qu'il n'en était pas d'eux comme des autres hommes que peu de choses découragent, ou qui, au moindre sujet de mécontentement, désirent revenir au pays." Le Roi, indécis entre le désir d'encourager la colonisation de l'Amérique, et sa répugnance à permettre que la conscience d'aucun de ses sujets fut affranchie de son contrôle, refusa d'accorder une charte qui assurât aux postulants pleine jouissance de la liberté ecclésiastique ; mais il promit de tolérer leurs pratiques religieuses et de ne pas les persécuter. Alors, après s'être procuré de la Compagnie de Plymouth la concession d'un morceau de terre située, ainsi qu'il était supposé, dans les limites de sa patente, quelques membres de la congrégation vendirent leurs propriétés et en employèrent l'argent à équiper deux vaisseaux sur lesquels cent- vingt d'entre eux furent désignés à s'embarquer d'un port de l'Angleterre pour l'Amérique du Nord.

Tous les préparatifs faits, ce détachement partit de Delfthaven, où ils prirent congé des autres members de la congrégation, et se dirigea sur le port définitif d'embarquement. Avant de mettre à la voile, Robinson et ses co-reU^vQ\^s¿et<^

di LES PREMIERS COLONS DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE.

consacrèrent leur dernière assemblée en Europe à une céré monfe solennelle et religieuse par laquelle ils implorèrent la bénédiction Divine sur leur hasardeuse entreprise. Après la cérémonie, le pasteur échangea des embrassements et des paroles affectueuses d'adieu avec les emigrants; puis, s'agenouillant avec eux sur le rivage de la mer, il les recommenda dans une fervente prière à la miséricorde et à la protection du Ciel. Tels étaient les hommes que le monarque d'Angleterre chassait de ses domaines ; et tels les exemples de sagesse et de piété que la volonté de la Divine Providence tirait de la folie, de l'arrogance et de la bigoterie d'un tyran.

Lesémigrants furent d'abord contraints par une tempête qui détruisit l'un de leurs navires à revenir sur leurs pas ; mais, finalement, après s'être réembarqués à Plymouth sur l'autre navire, le 6 Septembre, ils parvinrent, après un long et dangereux voyage, à gagner la côte d'Amérique (le 9 Novembre, 1620). La rivière d'Hudson était le point où ils s'étaient proposés de débarquer, et c'est sur ses rives qu'ils avaient l'intention de s'établir; mais les Hollandais, qui revendiquaient la primauté du droit à ce territoire, parce qu'il avait été découvert par le Capitaine Hudson, avaient maintenu là pendant quelques années un petit comptoir commercial, dont ils s'efforçaient alors d'accroître l'importance, et qu'ils n'étaient ni disposés à abandonner, ni préparés encore à défendre. Dans le but de déjouer les plans des Anglais, ils gagnèrent le capitaine du navire dans lequel étaient embarqués les emigrants, afin qu'il les transportât plus au Nord, et il s'en acquitta si bien que la première terre où ils jetèrent l'ancre fut le Cap Cod, région, non seulement au delà des limites de leur concession, mais encore au dehors des territoires de la compagnie dont émanait cette concession. L'époque avancée de l'année et les maladies occasionnées par les fatigues d'un long voyage décidèrent les aventuriers à s'établir d'une fois sur le sol où ils avaient été ainsi conduits, et qui semblait avoir été expressément préparé et abandonné en leur faveur par suite d'une épidémie dont la fureur, pendant plusieurs des années précédentes, avait emporté les neuf-dixièmes de la population sauvage et idolâtre de cette contrée. Après avoir exploré la côte, ils choisirent pour leur résidence un endroit qui fut plus tard compris dans la province de Massachusetts auquel ils donnèrent le nom de New-Plymouth, en commémoration de la ville à laquelle s'associaient leurs derniers souvenirs de l'Angleterre. Afin de suppléer, jusqu'à uncertain

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