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LES PREMIERS COLONS DE LA NOUVELLE- ANGLETERRE

point, à l'absence d'un tître plus formel, ils rédigèrent et signèrent un document par lequel ils déclaraient le but dans lequel ils étaient venus en Amérique, reconnaissaient l'autorité souveraine de la Couronne d'Angleterre, et exprimaient qu'ils s'étaient formés en un corps politique déterminé, non seulement à faire des lois sages et justes, mais encore à les mettre en vigueur et à les faire respecter avec une stricte obéissance.

L'approche rapide et l'intense sévérité de leur premier hiver en Amérique convainquit les colons qu'une époque plus défavorable de l'année ne pouvait être choisie pour fonder leur colonie, et que les maigres provisions dont ils s'étaient munis étaient, non seulement au-dessous de ce qu'il fallait pour leur fournir une subsistance confortable, mais que même elles étaient totalement insuffisantes pour les mettre à même de lutter avec avantage contre les rigueurs du climat. Leurs efforts pour se procurer des habitations con venables furent paralysés quelque temps par les attaques hostiles des Indiens du voisinage ; les colons avaient à peine réussi à les repousser, que des maladies, provenant de l'insuffisance de leurs provisions, et tout le cortège sans cesse croissant des horreurs de l'hiver, fondirent sur eux. Ces dernières calamités étaient moins dangereuses pour leur vertu, mais plus fatales que les périls de la guerre à leur sécurité et à leur population. Plus de la moitié de la colonie, y compris John Carver, le premier Gouverneur, périt de faim ou de maladies avant le retour du printemps. Pendant toute la durée de l'hiver, quelques-uns seulement furent capables de subvenir à leurs besoins et de prêter quelque assistance aux autres ; mais l'espérance et le courage restèrent debout dans tous les coeurs, et, retrempant leur vigueur dans l'excès et la grandeur même des souffrances, surmontèrent et ennoblirent chaque détresse. Ceux qui avaient conservé leur énergie devinrent les serviteurs des faibles, de3 affligés et des mourants ; aucun ne se distingua plus dans cette œuvre d'humanité que Carver, le Gouverneur. C'était un homme possédant de grandes richesses, mais doué d'une bienveillance plus grande encore ; il avait dépensé toute sa fortune pour le projet de colonie ; et, à cette époque, sacrifiant volontiers sa vie à l'accomplissement de ce projet, il épuisa son corps débile en se chargeant des emplois les plus humbles et les plus pénibles, mais en même temps les plus utiles et les plus charitables envers les malades. Il fut remplacé par William Bradford, qui, héritant du talent et de la popularité de son çrâd&Q&a»»»*

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