LXXIL— REDDITION DE LORD CORNWALLIS
Le 25 Septembre, la dernière division des troupes arriva à James Eiver, et fut débarquée au quai près de Williamsburg. Peu de temps après, les préparatifs du siège furent terminés.
York est un petit village situé sur le côté-sud de la rivière qui porte ce nom, à un endroit où la longue péninsule, comprise entre les rivières James et York, a seulement huit milles de large. Dans cette vaste et majestueuse rivière, un vaisseau de ligne peut mouiller en sûreté. Ses rives du côté du sud «ont élevées, et, sur la côte opposée, se trouve Gloucester Point, une langue de terre qui en pénétrant fort avant dans la rivière, la rétrécit, à cet endroit, de manière à ne laisser qu'un passage de la largeur d'un mille. Ces deux positions étaient occupées par Lord Cornwallis. Toute communication entre elles était gardée par ses batteries, et pai quelques vaisseaux de guerre qui étaient à l'ancre sous ses canons.
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Le corps principal de son armée était campé près de Yorktown sur un terrain ouvert entre une double rangée de redoutes extérieures et de travaux de camp calculés pour commander la Péninsule, et empêcher l'approche des assaillants; et le lieutenant-colonel Dundass, avec un petit détachement consistant en six ou sept cents hommes, gardait la position à Gloucester Point II fut ensuite renforcé par le lieutenant-colonel Tarlton.
La légion de Lauzun, et une brigade de milice sous les ordres du Général Weedon, le tout commandé par le Général Français de Choisé, avait pour mission de surveiller l'ennemi du côté de Gloucester ; et, le 28, la grande armée combinée opéra un mouvement vers le coté-sud de la rivière en se portant, par différentes routes, sur Yorktown. Vers le milieu du jour, les têtes de colonnes arrivèrent sur le terrain qui leur était respectivement assigné ; et, après avoir culbuté les piquets et quelques avant-postes de cavalerie, campèrent pour la nuit. Le jour suivant, l'aile droite, composée d'Américains, se déploya plus en avant sur la droite, et occupa le terrain à l'Est de Beaverdam Creek; tandis que l'aile gauche, consistant de Français, stationnait sur le côté occidental de ce courant d'eau. Dans le courant de la nuit, Lord Cornwallis se retira de ses lignes extérieures ; et les travaux qu'il avait évacués furent, le jour suivant, occupés par l'armée assiégeante qui investit complètement la ville de ce côté-là.
Deux milles hommes étaient réunis du côté de Gloucester dans le but de maintenir un blocus rigoureux. En approchant des lignes, une vive escarmouche eut lieu qui se termina au désavantage des Anglais; après quoi ils demeurèrent retranchés derrière leurs travaux de défense, et ne firent aucune tentative pour interrompre le blocus.
Dans la nuit du 6 Octobre, date jusqu'à laquelle l'armée assiégeante avait été incessamment occupée à débarquer sa grosse artillerie et ses munitions de guerre, et à les conduire au camp, la première parallèle fut commencée à six cents yards des lignes anglaises. Cette opération fut conduite dans un si grand silence qu'il paraît qu'elle ne fut aperçue de la garnison qu'après le retour de la lumière du jour ; et à cette heure les tranchées étaient déjà si avancées qu'elles couvraient les hommes. Dans l'après midi du 9, plusieurs batteries et redoutes furent complétées, et l'effet de leur feu ne tarda pas à être aperçu. De nouvelles batteries furent ouvertes le jour suivant, et la cannonade devint si nourrie que les assiégés re
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tirèrent leurs canons des embrasures, et retournèrent à peine un seul coup de feu. Des bombes et des boulets rouges lancés par les batteries de l'armée alliée atteignirent les navires en rade, et, dans la soirée, mirent le feu au Charon, de quarantequatre canons, et à trois grands transports qui furent entièrement consumés. Une estime réciproque et un fort esprit d'émulation entre les Français et les Américains, ayant été cultivés avec soin par le commandant-en-chef, le siège fut conduit avec rapidité. La seconde parallèle fut ouverte dans la nuit du 1 1 à trois cents yards des lignes anglaises. Les trois jours suivants furent consacrés à compléter cette parallèle ; et, pendant ce temps, le feu de la garnison, qui avait ouvert plusieurs nouvelles embrasures, devint plus destructeur qu'auparavant. Les hommes dans les tranchées étaient surtout molestés par deux redoutes qui s'avançaient de trois cents yards sur le front des œuvres anglaises et qui flanquaient la seconde parallèle des assiégeants. Des préparatifs furent faits le 14 pour enlever d'assaut ces deux redoutes. L'attaque de l'une fut confiée aux Américains, celle de l'autre aux Français. Le Marquis de Lafayette commandait le détachement américain, et le Baron de Viominel les Français. Vers la fin du jour, les deux détachements marchèrent à l'assaut avec une égale fermeté. Le colonel Hamilton, qui, pendant toute la campagne, avait commando un bataillon d'infanterie légère, conduisait le corps avancé des Américains; et le coJonel Laurens tourna la redoute à la tête de quatre-vingts hommes, afin de prendre la garnison par derrière et lui couper la retraite. Les troupes s'élancèrent à la bayonnette sans brûler une cartouche, et sans môme donner aux sapeurs le temps d'abattre les palissades. Passant par-dessus, elles assaillirent les retranchements avec une irrésistible impétuosité, et de tous les côtés à la fois, et y pénétrèrent avec une telle rapidité que leurs pertes furent insignifiantes. Cette redoute était défendue par le major Campbell avec quelques officiers inférieurs et quarante-cinq soldats. Le major, un capitaine, un officier subalterne, et dix-sept simples soldats, furent faits prisonniers ; huit soldats furent tués au moment où les assaillants pénétraient dans les travaux.
La redoute attaquée par les Français était défendue par un plus grand nombre d'hommes. La résistance étant plus grande, elle ne put être surmontée aussi promptement et avec aussi peu de pertes. Cent vingt hommes commandos par un lieutenant colonel étaient dans ces retranchements; dix-huit