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LE CORSAIRE AMÉRICAIN "GÉNÉRAL ARMSTRONG

A cette terrible canonnade, venait, par intervalles, se joindre Pexplosion des batteries du rivage. Le premier coup de canon tiré dans la baie fut, pour Prévost, qui se trouvait à terre, le signal du feu ; et comme les foudres de sa lourde artillerie se mêlaient aux décharges incessantes des escadres, le sol même du rivage tremblait, et au loin sur le lac, au milieu des fermes tranquilles du Vermont, les éches répétaient cet effroyable bruit, et portaient la crainte et l'inquiétude au sein de centaines de familles. Les bords du lac étaient couverts de spectateurs, regardant avec curiosité du côté de Plattsburg, comme si des masses de fumée qui s'élevaient vers le ciel, on pouvait inférer de quel côté la victoire allait se décider.

Pour les spectateurs placés sur les hauteurs qui dominaient les alentours de Plattsburg, la scène était terrible et émouvante au-delà de toute expression. On aurait dit que sous leurs pieds deux volcans se déchaînaient pour transformer cette tranquille matinée du Sabbat en un sauvage et hideux combat de démons. Mais lorsque la canonnade cessa dans la baie, qu'on vit le pavillon américain flottant encore et l'Union Jack amené, une acclamation immense s'éleva dans les airs et ébranla les collines. Du lac au rivage, et du rivage au lac, on se renvoyait des cris d'allégresse que les échos répétaient. L'armée américaine poussa à son tour une clameur énergique qui domina la voix du canon, et répandit le désespoir et la surpriso au milieu du camp ennemi.

Les pertes éprouvées par les Américains, tant en morts qu'en blessés, fut de cent dix hommes, tous appartenant, moins vingt hommes, aux équipages du Saratoga et de l'Aigle. On n'a jamais su exactement la perte du côté des Anglais, bien qu'on la suppose avoir été du double à peu près.

J. T. Headley.

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