‹ Pommade de MM. Mahon, frèresChapitre 2 sur 4 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Avec le secours aussi de notre analyse , le docteur Nozeran fut le premier, à Montpellier, qui , dans l’année 1841 , traita avec un plein succès deux teigneux, dont l’un, âgé de 15 ans, atteint du favus depuis sa naissance ; l’autre , âgé de 10 ans , portant des traces de cette maladie depuis trois ans.

De mon côté , voulant savoir à quoi m’en tenir sur le traitement Mahon , je réunis à mon jardin douze teigneux , en général adolescents , et sous la surveillance de plusieurs médecins, attirés par la nouveauté de cette clinique. Je déclare que neuf d’entre eux furent guéris après quatre ou cinq mois. Un seul, de Fabrègues , atteint de teigne larveuse, ne le fut pas ; les deux autres ne vinrent que très-irrégulièrement aux pansements et négligèrent les soins de propreté si indispensables.

En même temps, M. le docteur Benoît, h l’Hôpital-Général , guérissait plusieurs malades par le même traitement.

(1) Il fut alors facile à M. Moulinié de faire préparer à son hôpital une poudre épilatoire en tout semblable à celle de M. Mahon. Il opéra sur un grand nombre de teigneux , et des cures qu’il était facile de prévoir vinrent couronner ses généreux efforts ; ses observations furent le sujet de plusieurs articles dans la Gazette Médicale de Bordeaux.

M. Lévavasseur, chirurgien en chef de 1 hôpital civil ci militaire de Carcassonne , nous écrivait, le 3 juillet de cette année : « Deux individus atteints de la teigne faveuse ont été »mis en traitement par votre pommade épilatoire. La guérison »est complète aujourd’hui 12 septembre.»

Au printemps de l’année 1842 , M. de Calvy, premier chirurgien de l’hôpital civil de Toulon, nous écrivait aussi : Un enfant-trouvé, âgé de 3 ans , atteint de teigne muqueuse, fut traité à notre hospice par votre pommade , dans les premiers jours de février, et le 10 mai , la tête se trouvait dépouillée de favus.

Le nommé Clair, d’Hyères , âgé de 10 ans , avait une teigne bien caractérisée. Le même traitement lui fut appliqué , et cinquante à soixante jours suffirent pour obtenir une guérison radicale.

Le nommé Dauphin , autre enfant de l’hospice , âgé de 17 ans , était atteint de la teigne faveuse depuis 7 ans. Le mal était si enraciné , que les cheveux n’existaient presque plus sur sa tête. Après quatre mois du traitement Mahon, parfaitement guéri de sa cruelle maladie, il entrait en apprentissage à l’arsenal maritime.

Avec lui fut traité Alexandre Lamouroux , âgé de 15 ans : la teigne lui couvrait absolument toute la tête. Il se trouva aussi bien que son compagnon de la pommade épilatoire , et , cinq mois après, débarrassé de sa maladie, il entrait à l’école des mousses.

Ce traitement, ajoute ce jeune praticien si recommandable, n’a causé presque aucune douleur à ces jeunes et intéressantes créatures. Je l’ai aidé de lotions de suie sur la tête , de cette même substance à l’intérieur, de la tisane de douceamère et de pastilles soufrées, vésicatoires , de purgatifs. Auparavant, nous n’opposions à cette maladie que les soins de propreté, les onguents à base de soude; presque jamais les guérisons n’étaient réelles. Merci donc , Monsieur, Dieu vous bénira.

Autres observations recueillies par M. Nozeran , années 1843 et 1844.

Charles A... , de Montpellier, avait été désigné par le Gouvernement pour entrer au Conservatoire royal de musique : on reconnut qu’il avait la teigne , et son départ fut renvoyé à l’année suivante. Mais bien avant cette époque, cet enfant, âgé de 13 ans, confié aux soins de M. Nozeran, fut entièrement débarrassé d’un mal qui avait envahi toute la partie supérieure du crâne.

Marie A...., âgée de 7 ans, reposait dans le même lit que son frère (sujet de l’observation précédente) , et avait con-

tracté, par cela même, des croûtes de teigne à la tète : 40 jours de frictions de notre pommade suffirent pour les lui faire

disparaître. .

Stanislas B . , âgé de 14 ans , atteint de la teigne depuis

un an , n’avait fait aucun traitement. Son frère Victor, âgé de 8 ans , avait été soumis sans succès 'a la calotte ; ces deux enfants furent soignés en môme temps et guéris dans l’espace de 4 mois.

Marie B . . âgée de 26 ans , se présente avec la tetc

presque dépouillée de cheveux et couverte de teigne et de gros tubercules d’où s’exhale une odeur insupportable ; elle avait été traitée infructueusement par la calotte. Après cinq mois de soins assidus, M. Nozeran a pu obtenir la guérison d’une maladie qui datait de 20 ans : Marie se maria la même année.

G. A . . de Castries , âgée de 27 ans , est aussi atteinte du

favus depuis sa naissance, sa tète était dans un état déplorable; quatre mois de traitement Mahon suffisent pour la rendre à la santé, et sa tête, auparavant privée de cheveux, s’en couvrit abondamment : elle est aujourd’hui sœur de charité h

Arras (1). .

M. Hubert, médecin de notre ville, vient de commencer l’application du traitement Mahon perfectionné, et la santé de ses malades, m’a-t-il dit, s’améliore visiblement*

M. Gachon , à Marsillargues , ancien pharmacien de nos armées, applique fréquemment, et par pure philanthropie , le même traitement, et nous a dit qu’il était vraiment émerveille des résultats satisfaisants qu’il en obtenait.

M. Laporte, pharmacien h St-Geniés (Aveyron), nous écrivit que la demoiselle V. G. de Ste-Eulalie , village près sa résidence , âgée de 18 ans, avait la teigne depuis l’âge de 4 ans. M. le docteur Rogery ainsi que plusieurs autres médecins l’avaient traitée, et tous les remèdes mis en usage avaient échoué; mon honorable confrère ci-dessus désigné, a qui elle fut adressée pour être soignée par le traitement Mahon perfectionné , la trouva maigre , pâle et la tête dans un état pitoyable d’excoriation et ayant des croûtes très épaisses, en certains endroits les cheveux avaient disparu. Les pansements et le traitement intérieur furent faits depuis le 27 juin 1845 et terminés le 17 avril 1846. Aujourd’hui, dit M. Laporte , cette demoiselle va parfaitement. La tête a repris sa couleur naturelle , le père et la mère sont satisfaits. J'ai fait le même traitement, ajoute ce Monsieur, à une nommée Julie, fille d’un nommé J... de nos localités; elle avait la teigne depuis deux ans. Dans deux mois de traitement avec votre pom-

(1) On comprendra bien que , par convenance , nous avons dù taire les noms de famille des observations du docteur Nozeran.

made et la méthode que vous prescrivez dans votre brochure, elle a été parfaitement guérie. Vous pouvez mettre ce que je vous dis dans votre recueil d’observations , car je puis , dans le cas, le justifier.

L’année prochaine, nous publierons une nouvelle brochure. Nous engageons MM. les médecins à nous faire parvenir les observations qu’ils auront recueillies, dans l’intérêt de la propagation de cette bienfaisante méthode.

Manière de faire usage de la pommade de M. Mahon, perfectionnée par O. Figuier.

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