GROS BIGARREAU ROUGE
Cerasus Bigarella magna. Poit, et Turp.
OUTES les parties de l’arbre qui porte ce fruit sont plus fortes et plus vigoureuses que celles du bigarreautier commun : ses rameaux sont moins
effilés et moins inclines.
Les bourgeons sont gros, courts, d’un vert jaunâtre cuivré, et tiqueté de
Ce de A ; Oh points roux du côté du soleil. Les consoles, saillantes et légèrement décurrentes,
soutiennent de gros boutons roux.et coniques. ] Les feuilles sont longues de 3 à 5 pouces (81 à 135 millimètres), ovales-oblongues, pendantes, d’un vert tendre en dessus, terminées en pointe raccourcie, bordées de dents arrondies ou aiguës, simples ou surdentées; la page inférieure est plus pâle, velue sur les nervures et dans les angles qu'elles forment entre elles. Duhamel remarque que les feuilles du bigarreautier sont d’un vert plus clair et plus chargées de nervures que celles du guignier.
Lorsque au printemps les boutons à fleur s'ouvrent, on voit que leurs écailles intérieures s'étendent bien, qu'elles sont oblongues, velues, visqueuses, ciliées sur les bords, divisées au sommet par une échancrure du milieu de laquelle s'élève le rudiment d’une feuille qui se développe plus ou moins. Chaque bouton ne contient ordinairement que deux ou trois fleurs un peu plus grandes que celles du bigarreautier commun, elles ont le pédoncule menu, glabre, long de 12 à 18 lignes (27 à 41 millimètres), les divisions du calice réfléchies, à peine denticulées , et les pétales ovales-oblongs, souvent échancrés au sommet.
Le fruit est très gros, pendant comme tous les bigarreaux, oblong, souvent inégal à la surface, comprimé de deux côtés par un sillon; mais ordinairement il y a une bosse assez élevée sur l’un des côtés qui détruit en partie le sillon qu'on ne distingue plus alors que par un trait d’une couleur plus dense que celle du reste de la peau. La hauteur de ce fruit est de 9 à 12 lignées (20 à 27 millimètres ), quelquefois davantage, et son diametre transversal de 10 à 15 lignes (23 à 29 nullimètres). La queue est longue de 15 à 24 lignes (34 à 54 millimètres), assez grosse, plantée dans une fossette large et profonde.
La peau adhère à la chair; elle est luisante, d'abord d’un blanc jaunâtre, se lave peu-àpeu de points et de lignes d’un rouge vif qui passe au rouge foncé où presque noir dans la grande maturité; alors les petites taches qui distinguent les bigarreaux des guignes ne
sont plus apparentes.
La chair est ferme, succulente, blanchâtre, rouge ou violette autour du noyau, entrelacée de fibres plus blanches que le reste.
Ce beau fruit mürit à Montmorency vers le 15 juillet; cependant on le voit sur les marchés dès la fin de juin. Il est vrai qu’à Paris on vend tous les fruits plus cher avant leur
maturité, c’est-à-dire quand ils ne valent encore rien, que quand une complète maturité les a rendus excellens.
De (Imprimerie de Langlors. Bou quel Ni z AIOUQUEL 40.
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BIGARREAU GROS COEURET.
Cerasus bigarella amarella. Poit. et Turp.
PRÈS le bigarreautier de Francfort, c'est celui-ci qui soutient le mieux
ses branches. C’est un arbre pyramidal, bien fait, dont les rameaux
s'étendent horizontalement ou s’inclinent très peu.
° Les bourgeons sont forts, assez longs, couverts d’un épiderme cendré et
même comme un peu argenté, fendu et crevassé longitudinalement; souvent cet
épiderme manque par places et on voit que l'écorce est d’un vert brun ou foncé Les boutons à fruit sont nombreux, coniques, obtus et roux.
| Les feuilles sont d’un beau vert gai, un peu blond, mais jamais jaunâtres ni pen-
Un )P dantes comme dans le bigarreautier commun; elles sont ouvertes, planes, bordées
de grandes dents obtuses, inégales ou surdentées et jaunâtres. Le dessous de ces feuilles est pâle réticulé, à nervures un peu ciliées, notamment dans les angles : les pétioles prennent la plupart une teinte violette, sont marquées d’un léger sillon et munis d’une ou deux glandes au sommet.
Les fleurs se développent des premières parmi les bigarreautiers, et il en sort jusqu'à cinq d’un même bouton; elles ont 3 centimètres de largeur, sont d’un beau blanc portées sur des pédoncules souvent cuivrés, longs de 28 à 56 millimètres.
Le fruit est gros, figuré en cœur raccourci, comprimé sur deux faces, marqué sur l’une de ces faces d’une ligne plus colorée, qui, loin de former un sillon creux, comme cela a lieu ordinairement, est souvent plus saillante que le reste de la surface; sa hauteur moyenne est de 0 à 23 millimètres sur autant de diamètre; la queue reste verte ou se lave de violet.
La peau passe du blanc jaunâtre au rouge; elle est alors très marquée de lignes ou de taches allongées et plus rouges; ensuite elle devient cramoisi foncé et presque noire, luisante, transparente, et l’on voit alors que les marbrures ne lui appartiennent pas, qu'elles sont dans la chair; mais ces marbrures sont devenues bien moins évidentes à cause de la densité de la couleur de la peau.
La chair est d'un rouge violet foncé, croquante, un peu amère avant son extrême maturité.
L'eau est teinte en violet; elle est peu abondante d’abord, mais quand le fruit est mür,
on en trouve suffisamment.
Le noyau est ovale allongé bien gonflé, gros, trop gros même relativement au volume du fruit; c’est un inconvénient qui, joint à l’'amertume de la chair avant sa parfaite maturité, affaibli de beaucoup le mérite de ce bigarreau, qu'on ne doit cueillir que lorsqu'il est noir.
Il mürit dans la première quinzaine de juillet. Quelques cultivateurs trouvent qu'il a l'inconvénient de se fendre. |
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De UÜmprinerie de Langlois. Gabriel seufo*
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