EXPLICATION DE LA PLANCHE
1° Portion de grappe, montrant la grandeur naturelle des fleurs. 2° Une fleur isolée très grossie.
3° Corolle de la même vue en dessous.
4° Calice contenant le pistil.
5° Pistil isolé. | | |
6° Pistil coupé longitudinalement pour montrer ses deux loges.
7° Trois coupes horizontales d'ovaire montrant qu'il y a tantôt, un tantôt deux ovules dans chaque loge.
8° Coupe longitudinale d’un fruit renversé montrant au centre le noyau et à la circonférence l'épaisseur de la chair.
9° Coupe circulaire d’un noyau montrant la partie supérieure de la tunique qui recouvre l'embryon.
10° Coupe longitudinale un peu grossie montrant l'embryon entouré d’un périsperme.
z. / 7 VC 707
De Unprinerte de Langlorr.
Douguel
GENRE CTFRONNIER.
Citrus. Lin.
se) E genre Citronnier désigne toute une famille très naturelle qui comprend de ? LD HO)
7 de certains caractères. Cette famille, plus généralement connue sous le nom
orands et petits arbres queles classificateurs divisent en huitsections au moyen
d'Orangers que sous celui de Citronniers, est la plus célèbre de toutes
celles qui composent le règne végétal. Elle est vêtue d’un feuillage persistant du plus beau vert, ornée de fleurs gracieuses les plus suaves, enrichie de fruits dorés dont le parfum, la fraîcheur, et les qualités bienfaisantes ne le cèdent à aucune autre production de l'empire de Flore.
Des arbres qui flattent aussi délicieusement la vue, le goût et l’odorat, n’ont pu manquer d’être observés, recherchés, cultivés et multipliés dès que les hommes ont su apprécier les bienfaits et les beautés de la nature. Leur célébrité remonte bien au-delà des temps historiques, et c’est dans les siècles héroïques et fabuleux qu'il faut remonter pour en saisir les premières notions. En effet, c’est dans l’un des douze travaux d’Hercule que se trouve l'enlèvement des Pommes d’or du jardin des Hespérides, et ces Pommes d’or étaient des oranges. Je sais bien que ce ne sont pas des oranges que l’'Hercule du jardin des Tuileries tient dans sa main, mais le sculpteur s’est trompé, au dire des botanistes , puisque les orangers forment aujourd’hui chez eux la famille des Æespéridées.
Ne pouvant disserter ici sur le jardin des Hespérides, filles d’Atlas, ni sur le lieu où était ce jardin, ni sur le dragon qui en gardait l'entrée, je renvoie pour toutes ces merveilles et plusieurs autres à l’hëstotre naturelle des Orangers (x), et vais dire quelques mots de l’état actuel de ces arbres.
Les voyageurs constatent que diverses sortes d'orangers croissent naturellement dans diverses régions de l’Asie, et que la plupart d'elles sont actuellement cultivées chez tous les peuples civilisés. Ce fut en 1421 que le premier oranger a paru en France, et il existe encore à l’orangerie de Versailles sous les noms de François I*, Grand-Connétable, Grand
Bourbon.
Avant que le goütdesjardinsanglais et de la culture des plantes étrangères eussent fait des
{) Histoire naturelle des Orangers, par Risso et Poiteau. 1 vol. in-folio, avec 110 planches imprimées en couleur. 1818. —$e trouve chez Audot, libraire, rue du Paon, n. 8.
progrès sur le continent, l'oranger était la plante à la mode en France, les orangeries étaient nombreuses tant sous le rapport de l'agrément que sous celui de la spéculation; mais vers le milieu du dix-huitième siècle, on a délaissé les orangers pour les jardins anglais et les plantes variées des diverses parties du monde. On a commencé à bâtir des serres-chaudes et tempérées pour recevoir des collections de plantes exotiques, et les orangeries ont été négligées. Notre première révolution en a ruiné un grand nombre, et les nouveaux riches, ayant de nouveaux goûts , n’ont pas cherché à les relever.
Mais si le goût des grandes orangeries paraît être abandonné pour long-temps, sion n’en voit plus pour ainsi dire que dans les châteaux royaux ou de l’état, le commerce des petits orangers a cependant repris une certaine activité en même temps que l’ordre s’est rétabli en France, et le débit des petits orangers dans la moyenne et la petite fortune est assez considérable pour faire vivre honorablement un grand nombre de cultivateurs. Cette grande consommation de petits orangers, vient de ce qu'il faut être cultivateur pour pouvoir les conserver en santé, et qu’une fois passés dans les mains des bourgeois, ils dépérissent promptement et il faut les remplacer.
Les orangers ne peuvent supporter que quatre ou cinq degrés de congélation sans souffrir ; aussi n’en voit-on en pleine terre en France, que sur un petit coin de notre littoral méditerranéen; partout ailleurs on les cultive en vase pour pouvoir les rentrer aux approches de l’hiver et les remettre dehors au mois de mai suivant. Autrefois la culture de l’oranger était lucrative, sa fleur se vendait à Paris cinq et six francs la livre, mais aujourd’hui les distillateurs tirent une grande partie de celle qu'ils emploient d'Espagne et d'Ttalie, et les orangistes de Paris ne peuvent plus vendre la leur que deux francs la livre, terme moyen. Le prix des oranges a aussi beaucoup baissé depuis l'empire, et les cultivateurs des îles d'Hyères, de Nice et de Gênes disent que la culture des orangers n'offre plus de bénéfice. Dans les pays chauds , on voit des orangers qui atteignent quarante et cinquante pieds de hauteur, et qui vivent sept ou huit siècles ; en Italie même, on cite quelques-uns de ces arbres qui rapportent jusqu'à huit mille oranges chaque année. Une orange ne mürit que dans la seconde année, etelle peut rester jusqu'à la troisième sur l’arbre, du moins en Italie. |
Toutes les parties de l’oranger étant utiles, je vais les énumérer en peu de mots.
Le bois est compacte, très dur, jaunâtre, veiné, d’un grain fin susceptible de recevoir un beau poli, d’une odeur agréable. Il est propre à l'ébénisterie et à la marqueterie. Les Romains en faisaient si grand cas et le payaient un si haut prix, que Martial dit qu'une table d’or coûtait moins cher qu'une table d'oranger.
Les feuilles froissées entre les doigs répandent une odeur très agréable. La médecine en fait un fréquent usage. Les Mèdes et les Romains $e servaient de feuilles d’orangers pour conserver et parfumer leurs habits.
Les fleurs. Un auteur a dit : « 4 fior d’Arancio d'ogni fiore e il Ré». En effet, les fleurs de l’oranger sont non-seulement inappréciables par la suavité de leur arôme, mais encore
par l'efficacité de leurs propriétés cordiales, céphaliques, ete. Le pharmacien, le distillateur,
le confiseur, les préparent de mille manières , et elles sont l’objet d’un commerce considérable.
Les fruits de la famille des orangers se distinguent : 1°en Oranges proprement dites, > en Bigarades, 3 en Citrons ou Limons, ° en Limes, 5° en Limettes, 6°en Lumues, 7° en Pompoléons , 8 en Cédrats ; et chaque sorte a des qualités et des propriétés qui lui sont particulières et toutes bienfaisantes.
La culture des orangers dans les pays chauds n'offre aucune difficulté: à Paris elle exige quelques soins pour leur éducation et leur conservation. Les collecteurs cultivent ou connaissent plus de cent espèces ou variétés d’orangers, et un certain nombre d’entre elles demandent plus de soin que les autres ; toutes ne se multiplient que par la greffe et plus rarement par bouture. La greffe en écusson réussit parfaitement, mais celle en fente de côté dite à la Pontoise est la plus employée, parce qu’elle donne une jouissance plus prompte. Lors donc qu’on veut élever des orangers, on sème au printemps une certaine quantité de pepins de citrons ou de bigarades dans des pots en terre normale, et on place ces pots sur une couche chaude sous châssis ; la graine lève ‘en dix ou quinze jours , et si le plant est bien soigné il aura de quinze à vingt pouces de hauteur à l'automne. Au printemps suivant on le sépare, et une partie pourra être greffée dans le courant de l’année, tandis que l’autre ne le sera que deux ou trois ans après pour en obtenir des arbres plus forts. Tant que les orangers sont petits, il vaut mieux leur faire passer l'hiver dans un châssis que dans une orangerie, pourvu qu'on les préserve de la gelée en les couvrant à propos ; à mesure qu’ils grandissent on leur donne de plus grands vases, de la terre nouvelle, et on leur forme la tête par des pincemens et une taille légère.
Il est bon de noter que les orangistes greffent plus d’orangers sur citronnier que sur bigaradier , parce que le citronnier pousse plus vite et grandit davantage dans sa jeunesse; mais le bigaradier le dépasse à son tour quelques années après, et pour toujours; il fait un arbre plus solide, plus fort, et, comme sujet, mérite la préférence sur le citronnier, qui, d’ailleurs, est sujet à une maladie mortelle à l’âge de cinq à dix ans.
L'éducation des orangers et la conduite d'une orangerie forment une branche spéciale du jardinage, trop étendue pour que j'entreprenne d'en donner ici même un simple extrait. Beaucoup d'auteurs se sont occupés de cette matière. La Quintinye l’a traitée en maître dans ses /nstructions pour les jardins; c'est même la seule partie de ses deux volumes qui soit toujours bonne. M. Risso et moi, dans l'ouvrage cité plus haut, avons relaté les perfec-
tionnemens survenus depuis La Quintinye, et je pense que ces deux ouvrages contiennent
tout ce qu'il est utile et curieux de savoir sur les orangers.