‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 35 sur 106 · La même dont la tunique intérieure est déchirée · texte numérisé non relu

La même dont la tunique intérieure est déchirée

PRE: pour laisser voir l’amande.

h. Graine. | | 7. Une amande toute nue à quatre cotylédons. 5. La même dont on a rabattu la tunique extérieure 8. La même dont les cotylédons sont un peu écartés.

CPUCI commun. mi

Poirearprrzf De llmprinerte de Langlois. Gabriel veupr{

BALOTIN, POMME D’ADAM.

Citrus Balotina. Poit. et Turp.

\ ES auteurs de l’histoire naturelle des orangers n'avaient pas reconnu cette

espèce dans l’Espérides de Ferrari. C'est pourtant bien elle que cet auteur a décrite et figurée sous le nom de pomum Adanu : il n’y a aucun doute à cet égard. Ce nom lui a été donné parce que le fruit porte à son sommet comme l'empreinte d’une morsure. Dans les orangeries de Paris, on ne le connaît que sous le nom de Balotin, et on donne le nom de pomme d'Adam à un oranger qui fait toujours un bourrelet considérable à l’endroit où la greffe s’unit avec le sujet, et dont le fruit, après être pelé, peut se manger comme une pomme.

Le Balotin est un limonier qui tient du cédratier par l'épaisseur de la chair de son fruit et par les qualités de son jus. L'arbre est vigoureux, d’un beau port, à rameaux raides, assez verticaux, peu divisés, muni d’épines axillaires longues de 9 à 18 millimètres, jaunâtres à l'extrémité et dirigées obliquement.

Les feuilles sont ovales-oblongues, d’un vert jaunâtre, obtuses, raides, très pâles en dessous, denticulées, longues de 80 à 108 millimètres, attachées par articulations à un pétiole très court, à peine membraneux sur les côtés. |

Les fleurs sont grandes, belles, rouges en dehors, disposées en bouquet au sommet des rameaux et dans les aisselles des feuilles supérieures : elles sont plus rouges en bouton que lorsqu'elles sont épanouies.

Le fruit est gros, arrondi et même un peu enfoncé du côté de la queue, muni au sommet d’un large mamelon irrégulier qui se détache, au moins par un côté, au moyen d'un sillon que l’on compare à une morsure. De là est venu l’idée que notre premier père avait mordu ce fruit; de là le nom de pomme d'Adam que Ferrari a trouvé établi en Italie il y a tout-à-l’heure deux cents ans (1646), et qu'il a consacré dans un savant et poétique ouvrage appelé Espérides.

Sa peau est épaisse, assez chagrinée, mal unie, quelquefois bosselée, d’un jaune plus foncé que celui du citron et moins que celui de l’orange.

L'intérieur du fruit est divisé en douze grandes loges remplies de pulpe vésiculeuse un peu jaunâtre, gonflée d’une eau acidulée très propre à faire de la limonade.

T1 y a un Balotin très fort et très beau au jardin du roi à Paris. Il fleurit en juin et

qui a Fran de Br au avec ou ans et qui no ke remplacer partout où lon fait usage de ces derniers.

Poitear pu #

De Cnprinerie de Langlowr,

POMPELMOUSE ORDINAIRE.

Citrus decumana. Poit. et Turp.

E commence par avouer que je ne connais pas l’étymologie du mot Pompelmouse; c’est un nom très usité dans la pratique des orangistes, et que le Ber-

; riays a consacré dans son livre, ainsi que celui Pompeléon et Chadec, éga-

: lement usuels dans la pratique pour désigner une sorte particulière d’Oranger, aisée à reconnaître à la grosseur de ses fruits. Cette espèce, quoi qu’en puissent dire les botanistes, doit être considérée comme chef de race dans la famille des Orangers, et cette race s'est multipliée dans l'Inde, en Amérique et dans nos orangeries au point qu'il serait possible d’en énumérer aujourd’hui une douzaine de variétés. Dans l'Inde et en Amérique, il y en a à chair rouge très bons à manger. Le chevalier de Tussac, auteur de la flore des Antiles, rapporte qu'il y a à la Jamaïque un Pompelmouse, que les Anglais appellent petitshaddock, et dont le goût est si exquis, qu'ils lui ont donné aussi le nom de fruit défendu (forbidden fruit) prétendant que le créateur n’avait pu mettre rien de plus séduisant dans le paradis terrestre. On reconnaît trois variétés de Pompelmouse dans les orangeries de Paris. qui ont pour caractère commun de grosses fleurs blanches à 4 pétales, de grandes feuilles dont Je pétiole est largement ailé; ensuite, l’une se distingue par ses pousses glabres, l'autre par ses pousses pubescentes, et la troisième par ses feuilles crépues. Aucune de ces variétés n'a la tête aussi régulière que les autres Orangers; leurs rameaux sont plus gros, et on les reconnaît très aisément. Enfin il est bon de noter ici que les botanistes connaissaient le Pompoléon ou Pompelmouse, sous le nom de Citrus decumana long-temps avant son introduction en Europe; que ce fut un capitaine anglais nomme Chadock ou Shaddoc qui le premier l'a apporté de l'Inde, et que les horticulteurs d’alors ne connaissant pas le nom des botanistes , ont donné à cet arbre celui du capitaine qui l'avait apporté. En France on a

transformé Chadock en Chadec. ;

Le Pompelmouse figuré ici est le plus commun dans les orangeries de Paris; il a les rameaux gros, peu divisées, flexibles, anguleux et d’un beau vert. Ses feuilles ordinairement plus grandes que dans le dessin ci-joint, sont toujours d’un vert pâle, épaisses, obtuses ou aiguës, avec des ailes à leurs pétioles ordinairement plus larges que dans aucun autre Oranger, excepté l'Oranger histrix.

Les fleurs sont rapprochées en bouquet au bout des rameaux; elles sont grosses comme 2 88

le doigt, blanches en dedans, un peu verdâtres, en dehors, ponctuées, larges de 54 à 80 millimètres (plus de 2 pouces), d’une odeur suave mais différente de celle des autres Orangers. Elles n'ont jamais que quatre pétales, et leur stigmate est toujours à quatre lobes.

Le fruit est très gros (ainsi que l’exprime le decumanum des botanistes), arrondi ou un peu allongé du côté de la queue, à surface uni, finement chagrinée par de nombreuses vésicules d’arome; sa couleur est d’un jaune verdâtre, plus pâle que celle des citrons. La peau est très épaisse, blanche ou légèrement lavée de rose, sèche et sans saveur. L'intérieur du fruit est divisé en seize petites loges (quand il n’y a pas d’avortement) remplies de pulpe vésiculeuse, verdâtre, assez sèche et un peu acidulée. Toutes les graines avortent ordinairement. | [

Ce fruit est environ 18 mois à mürir. On ne le cultive à Paris que pour sa beauté. L'arbre n’a pas ordinairement d’épines; cependant un fort pied ayant eu toutes ses branches coupées au Jardin-du-roi, il a repoussé un gourmand muni d’épines longues de 27 millimètres

(1 pouce).

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Le lInprenerie de L. criglour.

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