‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 38 sur 106 · EX · texte numérisé non relu

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Quand on cultive des Orangers pour la fleur, on choisit de préférence des Bigarradiers, parce qu'ils en donnent beaucoup, qu'elle est plus grande et plus odorante que celle des Orangers à fruit doux.

Le Bigarradier à fruit couronné est une des plus belles espèces, par son port, par le vert gai de son feuillage, par la grandeur et la suavité de ses fleurs.

* Ses fruits sont sphériques, du diamètre de 54 à 80 millim. (2 à 3 pouces), couronnés par un grand cercle, divisés intérieurement en dix loges pleines de vésicules contenant un sucre aigre. Ceux obtenus dans les orangeries de Paris ont rarement des graines.

Les Bigarradiers étant de meilleurs sujets que les Citronniers pour greffer les Orangers, on fait venir des Bigarrades de Provence, qui ont de bonnes graines, et que l'on sème à Paris pour en obtenir des sujets: ils croissent moins vite dans le commencement que les Citronniers, mais ne sont pas sujets à une maladie qui fait périr plusieurs Citronniers quand ils sont greffés.

Le suc de Bigarrade peut dans bien des cas remplacer celui du Citron ; il lui est même préférable dans certains alimens. L’écorce sèche est en usage en médecine,

dans les offices et en cuisine.

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ORANGE BIGARRADE DOUCE.

Aurantium Bigarella duleis. Poit. et Turp.

NE tous les Orangers cultivés dansles Orangeries de Paris sous le nom de

| Bigarrade, celui-ci est le seul dont le fruit est doux et assez agréable à

7 3 manger. C'est un arbre qui s'élève bien en tige, forme une belle tête assez dégagée, parce que ses rameaux sont menus, effilés, peu divisés; les jeunes pousses sont très vertes, comprimées, sillonnées, un peu torses, plus flexibles que dans beaucoup d'autres espèces.

Les feuilles sont de médiocre grandeur, d’un beau vert, assez allongées, attachées par une articulation sur un pétiole appelé avant-feuille par les jardiniers, parce qu'il est dilaté latéralement, et qu'il ressemble à une petite feuille; les points que l’on remarque sur les feuilles de tous les Orangers sont ici très petits et assez difficiles à apercevoir. Dans la plupart des aisselles, à côté du bouton, il naît une épine simple, raide, dirigée obliquement et qui persiste pendant plusieurs années.

Les fleurs sont petites, mais bien suaves, parce qu'elles ont beaucoup de vésicules d'huile aromatique; celles qui éclosent les dernières n’ont le plus souvent que 4 pétales. Il est étonnant que, d'après l'’analogie ou plutôt l'identité des pétales et des étamines, les premiers aient des vésicules d'huile aromatique, et que les secondes n’en aient jamais dans cette espèce. Les dernières ont le pistil avorté. Parmi les étamines, les unes sont libres, et les autres forment trois ou quatre faisceaux composés chacun de trois à quatre filets.

Le fruit est petit, bien arrondi, marqué d'un petit œil au sommet; son écorce est épaisse; il contient rarement des graines dans ce pays. Son suc est doux, trop doux même; il serait meilleur s'il était un peu acidulé. |

Cette espèce n'est bonne que pour les collections, car la petitesse de sa fleur n’en fait pas un arbre de grand rapport, et la douceur de son fruit lui ôte le mérite des Oranges acides sans lui donner celui des Oranges douces. Elle est cultivée dans l'Oran-

gerie de Versailles et dans celle du Jardin des Plantes.

Bouquet Soutp.

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