ARBOUSIER D'IRLANDE
Arbutus unedo Poit. et Turp.
E nom, consacré en horticulture, indique que l'Arbousier croît jusqu’en [rlande, et la variété qui le porte se reconnaît à ses feuilles plus grandes, à ses
Afleurs jaunâtres non lavées de rouge, et à ses fruits plus gros. L’Arbousier
ù porte encore le nom de Fraïsier en arbre, de la ressemblance de son fruit avec la fraise, quoique d’une structure très différente. À Paris, les Arbousiers fleurissent à l’automne et pendant l'hiver, temps où les fruits de l’année précédente mürissent. Ces fruits sont pendans, globuleux un peu déprimés , d’un très beau rouge, hérissés de pointes mousses, taillées la plupart en tête de diamant. Ces pointes ont la base dure et pierreuse sous la dent; mais on peut en débarrasser le fruit sans le diviser, et alors il devient plus agréable à manger. — À propos de ces pointes tuberculeuses, qui n'ont rien de commun avec les graines contenues dans l'intérieur du fruit, je dois dire pour l'honneur de la vérité, et sans rien diminuer de mon admiration pour le grand Linné, que ce maitre était tombé dans une étrange erreur au sujet du fruit de l’Arbousier, lorsqu'il disait : baccæ polysperme, tuberculis seminum exasperatæ. C'est une vieille erreur que M. Decandolle a renouvelée dans la Flore française.
Les Arbouses que l’on mange à Paris sont fades et, dit-on, indigestes; mais dans les pays chauds, elles sont plus savoureuses. Voici comme Poiret en parle.
« Ce fruit (l'Arbouse), sans être comparable aux cerises et aux prunes, est cependant assez bon à manger; il n’est pas aussi malsain qu'on le croit. On le vend sur les marchés de plusieurs villes d'Italie, de l'Espagne et du Portugal. Il ne faut pas juger de la qualité des fruits de l'espèce en général par ceux que l’on recueille en Provence; car ils y sont moins bons et plus acerbes qu'ailleurs. On a remarqué qu'ils sont plus gros, plus colorés et de meilleur goût dans l'intérieur de l'Italie que sur les bords de la mer. La variété sphérique, qui est le type de l'espèce, et celle que l'on trouve sauvage est très différente des autres. On cultive en Italie les variétés coniques et ovoïdes, et nous en avons vu des fruits qui étaient de la grosseur de nos plus belles prunes; ils étaient succulens, très doux et très agréables à manger. Ces fruits différaient autant de la variété sphérique, très commune
: : Ê : 0 MER à dans les bois, que les meilleures prunes de nos jardins diffèrent des prunelles des haies. »
«Nous sommes persuadés que si cet arbre était cultivé avec plus de soin et plus d'intelligence, il pourrait devenir un arbre fruitier intéressant pour les climats tempérés.»
Je ne nie pas la puissance de la culture dans l'amélioration des fruits; mais je crois que sans le ciel de l'Italie l'Arbousier ne s'améliorera jamais à Paris, où d’ailleurs il demande
la terre de bruyère dans sa jeunesse. On le multiplie de graine, de marcotte et de greffe.
Explication des détails de la planche ct-jointe :
1. Corolle. 7. Coupe verticale du même, montrant les 2, La même ouverte, montrant son inté- graines comme éparses dans l'épaisseur rieur velu , la forme et la position des éta- de la chair. : mines. 8. Graine très grossie.
3. Pistil grossi. g. La même coupée en travers montrant l’é- 4. Lemême plus grossi, fendu verticalement paisseur du périsperme et celle de l’emet faisant voir l'insertion des ovules. bryon. - 5. Une étamine grossie. 10. Coupe verticale de la même, montrant 6. Coupe horizontale d’un fruit mûr, et dont l'embryon en entier dans sa position natupar cette raison, les loges sont pleines de relle. | sa substance. 11. Embryon isolé.
LD'OUILES
De llnprinerie de Langhw. Bocourt veuf S
PEUR DEA TNA EE in