‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 53 sur 106 · RAISIN MUSCAT D’ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

RAISIN MUSCAT D’ALEXANDRIE

Vitis Alexandrina Poit. et Turp.

ES QI N ne peut voir de plus beau raisin que le Muscat d'Alexandrie, etles peintres le représentent souvent dans leurs tableaux. Le format de cet ouvrage n’a

permis de peindre qu'une grappe de moyenne grosseur, mais on en voit

| souvent de beaucoup plus volumineuses.

La vigne qui le produit est d’une moyenne vigueur; ses bourgeons ne sont pas très colorés, et outre leurs nombreuses stries longitudinales on leur remarque encore beaucoup de petits points noirâtres.

Ses feuilles sont petites, d’un vert blond, et se panachent de taches jaunes à la fin d’octobre; elles ont les cinq lobes peu’divisés et bordés d'une dentelure aiguë; la face inférieure est garnie d'un léger duvet semblable à la toile d'araignée et qui se détache par le frottement. |

Le pétiole de ces feuilles, long de 4 à 5 pouces, prend une légère teinte violette, excepté à ses extrémités qui restent d’un vert jaunâtre. Le bouton placé dans l'aisselle du pétiole est gros, ventru, conique, ét a toujours quelques pointes d'écailles desséchées au sommet.

La grappe est grosse, longue de 6 pouces et plus, rameuse, attachée à une forte queue bien nourrie qui se colore ordinairement en rouge violet plus ou moins dense; cette grappe n’est pas serrée, et elle permet de voir la rafle et les pédoncules en plusieurs endroits.

Les grains sont gros, ovales, longs d’un pouce sur 10 lignes de diamètre transversal à l'endroit le plus renflé; blanchâtres d’abord par la légère fleur blanche qui les recouvre, ils deviennent d'un jaune roux dans la maturité.

La peau est épaisse, croquante; la chairest ferme, remplie d’une eau sucrée et musquée. | On ne trouve ordinairement qu'un ou deux pepins toujours très petits en raison du volume du grain. |

Ce raisin mürit aisément en espalier et en contr'espalier aux environs de Paris. Il est fort bon, etcependant peu multiplié, par la raison sans doute que les Parisiens sont habitués au chasselas et.que bien des personnes n’aiment pas les raisins musqués.

Avant sa maturité, on le confond quelquefois avec le verjus, et on l’emploieau même usage. On l'appelle aussi Passe-longue-musquée, nom qui désigne sa forme et sa saveur.

Dans les ménages, on met les grains détachés de ce raisin dans des bocaux de verre avec de l’eau-de-vie sans sucre, et après quelques mois on commence à en manger; alors leur

peau est devenue encore plus ferme et ils croquent davantage dans la bouche. La force de l'eau-de-vie dont ils se sont imbibés s’est affaiblie à un degré convenable, et ils sont fort agréables aux personnes qui aiment les spiritueux. Mais, dans les maisons distinguées, on convertit le Muscat d'Alexandrie en diverses sortes de confitures; on en fait des tourtes, on les glace avec du sucre. Enfin de quelque manière qu'on arrange ce raisin, il plaît

toujours par sa grosseur peu commune et par sa forme agréable.

JP

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Dita pis de, De linprénerë de Langlois. Bocourt seul

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