CORNOUILLER CULTIVÉ
Cornus sativa. Poit. et Turp.
ei N ne peut douter que ce Cornouiller ne soit l'espèce des bois, perfectionnée
par la culture ou seulement par la fertilité du terrain où il se trouve, car je | me rappelle d'avoir vu autrefois des Cornouillers, près Soissons, qui certai- : /2] nement n'avaient jamais été plantés ni soignés d'aucune manière, et qui pourtant ae des fruits aussi gros et aussi succulens que ceux de la planche ci-jointe. Ces arbres, vu leur grosseur, devaient être très vieux, et c’est probablement à leur grandeur qu'il faut rapporter la grosseur et la douceur de leurs fruits.
Un pied de Cornouiller une fois amélioré , conserve, dans les jardins, sa supériorité sur celui qui ne l'est pas: toutes ses parties sont constamment plus grandes; ses bourgeons effilés, d’un rouge violet, sont munis de poils couchés extrêmement fins qui les rendent comme marbrés; la vieille écorce des rameaux est blanchätre, celle du tronc noirâtre et crevassée.
Les feuilles sont opposées, ovales-oblongues, plus grandes et d’un vert plus gai que dans celui des bois, arrondies à la base, terminées au sommet en pointe assez longue ; elles ont
les deux surfaces munis de petits poils fins, couchés comme ceux des rameaux, plus nom- LS
breux sur les nervures que sur le reste.
Les fleurs n'offrent pas de différence sensible ; elles sont peut-être un peu plus grandes ,
et s'épanouissent quelques jours plus tôt.
" a 2 À Les fruits sont d’un beau rouge, une fois plus gros que ceux des bois, beaucoup plus succulens et plus doux; il mürissent vers la fin d'août, environ quinze jours avant ceux des Q 7 a A 22 Mao 7 bois, et tombent de l'arbre aussitôt qu'ils ont acquis la maturité convenable. Les collerettes
qui enveloppaient les fleurs persistent jusqu'après la chute des fruits.
Explication des figures de la planche ci-contre.
° Ombelle de fleurs à quatre rayons, de grandeur naturelle.
ei
° Ombellule grossie, vue en dessous.
3° Fleur isolée, grossie,
4° Coupe verticale d’un ovaire montrant ses deux loges. 5° Ovaire couronné par les quatre dents du calice.
° Fruit coupé en travers pour faire voir le noyau qu'il contient.
7° Noyau isolé.
9° Le même coupé verticalement montrant deux loges, dont l’une contient un embryon parfait, et l’autre un embryon avorté.
10° Embryon parfait dans sa loge entouré d’un périsperme.
11° Embryon isolé, montrant par en bas ses deux cotylédons, et par en haut sa longue
radicule.