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ASSIMINIER.
Assimina. Adanson.
tère commun est d'avoir :
LAN 1° Un calice composé de trois folioles ovales, concaves, tombant 4 avec les pétales. | S”/ 2° Une corolle companulée à six pétales cordiformes, concaves, nervés, dont trois intérieurs plus petits et plus onguiculés.
3° Un très grand nombre d'étamines (deux cents selon Adavson) insérées au réceptacle; elles ont les filets très courts, peu apparens, les anthères grandes, en forme de massue, biloculaires, à loges latérales, contenant un pollen dont les globules se tiennent et semblent former de petites chaînes.
4° De quatre à huit ovaires, oblongs, multiloculaires, lévèrement pédicellés, pubescens, entourés des étamines, posés au sommet du réceptacle commun, et surmontés chacun d'un stigmate ovale et sessile.
5° D'un à huit fruits distincts (rarement plus de trois par avortement), divergens, oblongs ou plus souvent de la forme d’un rein, pulpeux (à douze loges transversales selon Adanson), ne s'ouvrant pas, marqués sur la longueur du côté extérieur d’une arête ou légère élévation formée par le placenta où sont attachées les graines.
6” Une douzaine de graines, grosses, ovales, comprimées, revêtues d'une membrane dure, coriace, luisante en dehors, tapissées intérieurement de lames nombreuses, parallèles, qui s'incrustent dans autant de sillons profonds à la surface d'un grand périsperme corné. Je n'ai pu trouver d'embryon dans aucune des graines récoltées en France, mais d'après les rapports naturels, je ne doute pas qu'il ne soit très petit, logé dans le bout du périsperme près de l’ombilie, et que sa radicule ne soit tournée vers cet organe.
HISTOIRE, USAGE ET CULTURE
L'Assiminier a été considéré par Linné comme une espèce d'Anone, et nommé par lui Anona triloba, par allusion aux trois fruits qui succèdent souvent à chaque fleur, et qu'il a considérés comme trois lobes d'un même fruit. Adanson ayant trouvé que ses fruits l'éloignaient de celui des Anones, en a fait un genre sous le nom d'Assimina, nom canadien dont la signification n'est pas connue. Vint ensuite Persoon
qui, ne connaissant pasle genre d'Adanson, a fait de cet arbre son genre Porcellia, en l'honneur de A. Porcel, Espagnol amateur de botanique. Enfin vint Richard qui, je ne sais pourquoi, ajouta à tous ces noms génériques celui d'Orchidocarpon, tiré de la figure du fruit. Malgré tant de noms nouveaux, on appelle encore très souvent ce petit arbre Ænnona triloba.
Selon Richard, l’Assiminier a fructifié pour la première fois à Trianon en 1770. Duhamel dit que, de son temps, il en existait un fort pied au Château de la Galissonnière près de Nantes; mais il n'avait pas connaissance que cet arbre ni aucun autre de son espèce eût encore fructifié en France. Je le désigne ici sous le nom d’Assiminier de Virginie, 1° parce que je l'ai observé en grande quantité en Virginie dans tous les bois frais, notamment sur les rives du Potomak depuis l'embouchure de ce fleuve dans la baie de Chesapeak jusqu'à Federal City, où on le trouve bien plus fréquemment que dans le Maryland et la Pensylvanie; 2° parce qu'il me semble que la figure de Catesby, à laquelle on rapporte lAnnona triloba, figure qui a été copiée par Trew et par Duhamel, représente une autre espèce que la mienne. Les fruits de mon dessin sont exactement de la même grosseur, de la même couleur et ont la même direction que ceux que j'avais vus et mangés en Amérique, tandis que ceux de Catesby sont pendans, infiniment plus gros et d'une couleur jaune; d’ailleurs cet auteur les fait précéder par des fleurs d'un jaune verdâtre, tandis que les fleurs du mien sont d'un pourpre noirâtre.
Les botanistes ne paraissent pas encore tout-à-fait d'accord sur l’organisation interne du fruit de l’Assiminier. Catesby, Adanson et les auteurs de la Flore du Pérou le divisent en douze loges et placent les loges sur deux rangs. Michaux, dans sa Flore de l'Amérique boréale, place les loges sur un seul rang, et n'en détermine pas le nombre; cet auteur est d’ailleurs le premier qui ait avancé que les graines de l’Assiminier soient arillées. J'ai moi-même observé ce fruit avec attention, et je crois être en état d'assurer qu'il règne dans la longueur de son côté extérieur un placenta, auquel les graines sont attachées sur une seule ligne chacune par un court cordon ombilical, et que ses graines, en s’écartant alternativement les unes à droite et les autres à gauche par leur extrémité opposée à l'ombilie, paraissent placées sur deux rangs dans l'intérieur du fruit, quoiqu'elles aient toutes leur point d'attache sur la même ligne. Je me suis même assuré que ce que Michaux nomme arille n’est autre chose que la paroi membraneuse des loges.
Dans son pays, le fruit de l’Assiminier est peu recherché comme aliment: c'est un fruit de fantaisie qui est si fade qu'on n'en mange guère deux de suite.
Jusqu'ici l’Assiminier n'est guère cultivé dans nos jardins que comme arbre d'ornement ; il aime l'ombre et la terre fraiche. Sa multiplication n’a eu lieu jusqu'à ces derniers temps que par les graines qu'on recevait du pays, parce que la marcotte et la bouture ne réussissaient pas. Mais aujourd'hui on sait que presque tous les arbres peuvent se multiplier par tronçons de racine bouturées, et on en multiplie beaucoup par ce moyen. Celui-ci aime la terre de bruyère dans sa jeunesse, la terre humide et
l'ombre en tout temps.
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ASSIMINIER DE VIRGINIE.
Assimina V'irginiana. Poit, et Turp.
$ ET arbre, d'un bois mou et flexible, s'élève à la hauteur de 4 à 5 mètres
AN (12 à 15 pieds), sur une tige simple ou divisée dès la base en plusieurs
: NS | branches rameuses, un peu divergentes; son écorce est épaisse, grisätre
ESS sur le vieux bois, rougeâtre sur les jeunes bourgeons.
Pendant l'hiver, les feuilles sont équilatères dans leur involution; après leur déve-
loppement, elles sont alternes, pubescentes, un peu rousses dans leur jeunesse, ensuite vertes, glabres, planes, distiques, oblongues, élargies dans la partie supérieure, entières en leur bord, longues de 18 à 24 centimètres (6 à 8 pouces), portées sur de très courts pétioles dénués de stipules.
Les fleurs naissent avec la pousse actuelle, mais elles ne se développent pas dans la même année; elles restent jusqu'au printemps suivant sous la forme de petits boutons ronds, axillaires et solitaires, recouvertes seulement de deux écailles vertes. Si on veut les examiner en juillet, on les trouvera d'un pourpre noir, très velues, et on pourra en comptertoutes les parties. Au printemps suivant, leur pédoncule s'allonge, elles se dégagent de leurs écailles, s'inclinent vers la terre, se développent et acquièrent une largeur de 3 centimètres (1 pouce au moins); elles ont alors le pédoncule etle dehors du calice velus, les pétales d’un pourpre rembruni et très veinés; les étamines jaunâtres, rangées autour des ovaires qui sont un peu plus longs quelles, et terminés en stigmate d'un vert foncé.
Quoique chaque fleur contienne de quatre à huit ovaires, il n’en persiste ordinairement que d'un à trois qui se changent en autant de fruits pulpeux, indéhiscens, longs de 4 à 6 centimètres (1 à 2 pouces), sur 3 à 5 centimètres (1 à r pouce 172) d'épaisseur, un peu courbés en rein, divergens, marqués du côté extérieur d’une arête peu sensible ; ils ont la peau lisse, d’un vert pâle, même dans la plus grande maturité.
La chair est d'un vert jaunâtre, beurrée, fondante, d’une saveur un peu trop douce, cependant on y retrouve le goût de l’Avocat, Laurus persea , c'est-à-dire celui du beurre et de la noisette. Un fruit bien venu contient une douzaine de graines qui ont assez
la forme et presque la grosseur d'une fève de marais; elles sont comprimées, très 145*
dures, brunes, marquées de lignes transversales plus brunes; leur intérieur est une substance coriace, sèche, qui a un goût aromatique très agréable. Je n'ai jamais pu découvrir d'embryon dans aucune graine provenant des arbres cultivés à Paris et dans ses environs.
Vu l'arôme agréable de la matière périspermique de ces graines, il est permis de penser que si on les traitait comme le café, on pourrait en obtenir une liqueur non
moins agréable.
EXPLICATION DES FIGURES
a. Fleur entière vue de face.
b. Calice contenant les ovaires et les étamines.
c. Une étamine très grossie répandant son pollen sous forme de petites chaînes.
d. Réceptacle grossi sur lequel il ne reste que les ovaires.
e. Coupe circulaire d’un fruit au milieu duquel est une graime en partie découverte.
f. Graine entière à l'ombilic de laquelle reste attachée une portion de la paroi interne de sa loge.
g. Coupe verticale d’une graine récoltée en France, et qui est absolument dénuée d'embryon, si cet embryon existait, il serait très petit et logé dans le bas
du périsperme.
l’otteat
Tire.
PS
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