‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 31 sur 100 · POIRE AMBRETTE D’ETE · texte numérisé non relu

POIRE AMBRETTE D’ETE

Pyrus maculosa. Poit. et Turp.

RBRE assez vigoureux et formant bien la quenouille. Ses bourgeons sont longs et jaunâtres.

Les feuilles sont oblongues, étoffées, arquées en arrière , un peu cotonneuse en dessous et à peine dentées.

Le bouton à fruit est gros, très allongé, aigu, glabre, ayant toutes les écailles extérieures fendues au sommet.

Il sort de ce bouton dix à douze fleurs de moyenne grandeur, portées sur des pédoncules longs de 27 millim. (1 pouce), blanchâtres, cotonneux: elles ont les pétales étroits, distans, les uns obtus ou écbancrés, les autres allongés en navette; les styles sont velus à la base.

Le fruit est petit, arrondi et vient par gros bouquets; son diamètre est d’environ 3o à 40 millim. (14 à 18 lignes). L’oeil est saillant, à divisions élatées, et contient beaucoup de filets d’étamines. La queue est grosse, verte, longue d’environ 27 millimètres ( 1 pouce).

La peau, verte d’abord, jaunit un peu dans la maturité; mais elle est toute recouverte de tavelures d’un gris roussâtre, qui donnent au fruit un aspect peu agréable.

La chair est cassante, un peu pierreuse, de médiocre qualité.

L’eau est musquée, relevée, mais pas assez abondante.

Les loges sont de moyenne grandeur et contiennent de gros pépins qui ordinairement sont encore blancs quand le fruit est mûr, ce qui arrive vers la mi -juillet.

La précocité de cette petite Poire fait son principal mérite, ainsi que de toutes celles cpii mûrissent avant la Poire d’Épargne, qui est vraiment la première bonne poire dans l’ordre de maturité.

POIRE AMBRETTE D’HEVER.

•us ambrosicica. Poit. et Tm-p.

Poirier qui porte ce fruit est vigoureux, très rameux, diffus, d’un aspect noir et de sauvageon , épineux même selon Duhamel. Ses branches sont la plupart dirigées horizontalement.

| Il a les bourgeons assez forts, d’un vert quelquefois gris, quelquefois cuivrés ou jaunâtres , et souvent recouverts d’une poussière cendrée, un peu géniculés, ayant les supports saillans et carénés : les yeux sont très gros, pointus et un peu divergens.

Les feuilles sont très vertes, luisantes, oblongues , coriaces , raides , tourmentées, la

plupart creusées en gouttières, arquees en arriéré, les unes entières, les autres ayant

plutôt de légères crénelures que des dents.

Le bouton à fruit est gros, ovale, anguleux, aigu et très roux. Ce bouton donne naissance à 7 ou 8 fleurs bien ouvertes, grêles , larges de 34 millimètres ( 1 5 lignes) , à pétales oblongs, distans, inégaux en grandeur. On trouve quelques fleurs à quatre divisions au calice et à six pétales, au lieu de cinq dans l’une et l’autre partie.

Le fruit est de moyenne grosseur et vient par gros bouquet; il est rond ou presque rond, du diamètre de 58 à 63 millimètres (26 à 28 lignes), ayant l’œil presque à fleur, ouvert en étoile et conservant les étamines : l’autre bout a un petit enfoncement dans lequel s’insère la queue, qui est grosse, raide, ligneuse, longue de 18 à 27 millimètres (8 à 12 lignes), et souvent munie de quelques feuilles.

La peau a un fond vert recouvert de beaucoup de points et de taches d un gris roux qui rendent le fruit vilain; les uns sont beaucoup plus tachés que les autres. Cette peau

jaunit à peine dans la maturité.

Chair un peu verte, très fondante, quoique assez pierreuse autour des loges.

Eau très abondante, sucrée et parfumée dans les années sèches et chaudes, et dans un terrain sec et doux; mais elle est sans saveur dans les années pluvieuses.

Les loges sont grandes et contiennent de gros pépins bien colorés, assez pointus.

La maturité arrive en novembre et décembre, même en janvier et février, dit Duhamel, qui donne à ce fruit une couleur plus claire que celle que je lui vois.

Tel est l’arbre cultivé sous le nom d’Ambrette d’hiver au Jardin-du-Roi; mais il ne va qu’imparfaitement à la description de Duhamel.

POIRE A MIRÉ JOANNET.

Pyrus secundaria. Port. etTurp.

ET arbre doit être greffé plutôt sur franc que sur coignassier, parce qu’il ^ n’est pas très vigoureux. Sa tige, assez droite, file bien et se prête aisément aux diverses formes qu’on veut lui donner.

Ses bourgeons sont gros, courts, obtus , assez verticaux , géniculés , quel¬

quefois un peu anguleux , cendrés à la base , plus ou moins rouges vers le sommet; les supports, médiocrement saillans, soutiennent des boutons petits, aplatis et comprimés contre le bois.

Les feuilles sont oblongues, acuminées, pendantes, d’unemoyenne grandeur, les unes planes , les autres creusées en gouttière, d’un vert tendre en dessus, un peu pubescentes en dessous auprès de la nervure médiane; elles ont la plupart le pétiole muni de très petites stipules sétacéeset ne rougissent pas en tombant.

Le bouton à fruit, gros , oblong , assez pointu , brun ou roux, donne naissance à environ huit fleurs larges de 34 millimètres, bien ouvertes, très roses en bouton, et conservant encore beaucoup de cette couleur après leur parfait épanouissement; elles sont portées sur des pédoncules menus, très longs, cotonneux et garnis de bractées linéaires ; les pétales sont petits, ovales, légèrement concaves, distans les uns des autres; les étamines sont très courtes, et les cinq styles plus longs qu elles, sont un peu velus intérieurement à leur base.

Le fruit est petit, turbiné ou conique, allongé du côté de la queue , bien arrondi du côté de la tête, haut de 54 millimètres et pendu à une queue longue de 34 à 4i millimètres, plantée presque toujours obliquement sur le fruit et ayant des petites bosses oii elle se confond avec lui; l’œil est à fleur, à fond rougeâtre , conserve la base des filets des étamines et les cinq divisions du calice étendues et appliquées.

La peau est fine, lisse, d’un jaune clair de toutes parts, marquée de très petits points plus foncés, à peine visibles et inexprimables sur le dessin. Duhamel dit que le côté du soleil prend quelquefois une teinte roussâtre imperceptible ; si en effet elle est imperceptible, je ne conçois pas comment Duhamel a pu la voir.

La chair est blanche et tendre.

L’eau est abondante lorsque le fruit n’a pas encore dépassé le véritable point de sa rnatu" rité, mais on désirerait qu’elle fût un peu plus relevée.

Les pépins sont bruns, petits, comprimés, très pointus selon Duhamel; mais ce dernier caractère n’est sans doute pas constant.

Cette poire mûrit dans les derniers jours de juin ou au commencement de juillet. Souvent elle précède le petit muscat ou mûrit avec lui, et toutes deux ouvrent la saison des poires.

POIRE ÀURATE.

Pyrus auréola. Poit. et Turp

REFFÉ sur franc , cet arbre devient assez vigoureux , conserve sa fertilité , et dure plus long-temps que greffé sur Coignassier. Il est très rameux, touffu, et ses rameaux ont une tendance à s’élever presque verticalement dans leur jeunesse.

Ses bourgeons sont d’une moyenne grosseur , peu géniculés , d’un vert fondu avec du jaune et du rouge, marqués de points gris allongés; ils ont les supports anguleux et saillans, les yeux gros, aigus, cendrés à la base.

Ses feuilles sont pendantes, petites, ovales, les unes concaves ou creusées en gouttières, les autres planes, finement dentées d’un vert gai en dessus, nues en dessous, et leur pétiole est rouge à sa base : ces feuilles rougissent ordinairement à l’approche de leur chute.

Le bouton à fruit est gros, ovale, obtus, très roux, velu, anguleux.

Ce bouton donne naissance à six ou huit fleurs concaves, larges de 27 millim. (1 pouce), portées sur de courts pédoncules légèrement cotonneux et munies de bractées qui tombent promptement.

Les fruits, ordinairement très nombreux, viennent par bouquets; ils sont turbinés, arrondis, aplatis à la tête, hauts de f\\ millim. (18 lignes) sur presque autant de diamètre, et souvent marqués de quelques petites inégalités du côté de la queue, qui est longue de 27 millim. (1 pouce), assez grosse, verte dans toute sa longueur, ou fondant sa couleur avec celle de la Poire vers le point de leur union; l’œil est assez grand , peu enfoncé, rarement entouré de petites côtes ; ses divisions sont étroites , pointues, cotonneuses et très ouvertes.

La peau est fine, d’un jaune pâle très clair dans l’ombre, d’un rouge de saturne du côté du soleil, et quelquefois fouetté de bandes plus rouges; on aperçoit au travers de ce rouge beaucoup de points jaunes,

La chair est blanche, demi cassante, pierreuse auprès des loges.

L’eau est musquée et très agréable.

Les pépins sont petits, blancs ou gris en tout ou en partie.

Cette petite Poire mûrit dans les premiers jours de juillet.

Observation. On trouve des fleurs a quatre et six pétales et des calices à quatre divisions.

Il y a des fruits plus gros et quelquefois plus ronds que ceux du dessin ci-joint.

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