‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 32 sur 100 · POIRE BELLE DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

POIRE BELLE DE BRUXELLES

Pyrus Avyusti. Poit. etTurp.

APPORTÉ du Brabant, son pays originaire, par M. Noisette, ce Poirier a fructifié pour la première fois dans son établissement à Paris en 1 8 1 3. C’est un arbre fertile, dont les bourgeons sont gros, courts, gris dans l’ombre et rouges au soleil.

Ses feuilles sont petites, oblongues, un peu creusées en gouttière , arquée en arrière , roides, bordées de dents extrêmement fines; elles jaunissent et rougissent en tombant.

Le bouton à fruit est petit, oblong, anguleux, très aigu, glabre, remarquable en ce que dans son développement les écailles intérieures sortent par le sommet.

Chaque bouton donne naissance à six ou huit fleurs larges de 4o millim. ( 1 8 lignes ), presque planes, portées sur des pédoncules verts, à peine cotonneux et de moyenne longueur.

Le fruit est gros, pyramidal, régulier, haut de 95 millim. (3 pouces et demi). La queue grosse, longue de 4o millim. (18 lignes), est quelquefois dans la direction de l’axe du fruit, quelquefois plantée très obliquement. La tête diminue un peu de grosseur, et l’œil est placé dans .un léger enfoncement.

La peau devient d’un beau jaune clair dans la maturité , tiquetée de petits points bruns, et se lave de rouge clair du côté du soleil.

La chair est blanche, fine, fondante. . . .

Les loges sont grandes et contiennent de longs pépins d’un brun clair.

Nota. Quand le 16 août j’ai dessiné cette poire, les échantillons mis à ma disposition étaient trop avancés pour que j’aie pu en préciser la qualité; mais on doit la croire bonne, puisque ce fruit s’est multiplié dans le commerce. D’ailleurs sa beauté parle en sa faveur au mois d’août, époque où les grosses et bonnes Poires sont encore

rares.

Pirus arnœna. Poit. et Ti

lirp.

ETTE Poire , connue dès le temps de Merlet , a tant de rapports avec la Cuisse-Madame, qu’on les confond souvent l’une avec l’autre , d’autant plus quelles mûrissent en même temps ; mais les deux arbres diffèrent beaucoup l’un de l’autre , quoique également fertiles.

Ce poirier doit être greffé sur franc plutôt que sur coignassier, parce qu’il est naturellement fertile, et que sur coignassier il s’épuiserait et ne vivrait pas long-temps.

Ses rameaux affectent la direction verticale et lui donnent une forme pyramidale; mais ensuite le poids de ses fruits les force à s’ouvrir et à s’incliner vers la terre.

Ses bourgeons sont de moyenne vigueur, la plupart anguleux, d’un vert jaunâtre; quelquefois laves d’une teinte rouge, et, selon Duhamel, d’un brun rougeâtre, tirant sur le violet foncé.

Les feuilles sont ovales-oblongues , d’un beau vert foncé, longues de 3 à 4 pouces (9 à 12 centimètres), terminées en pointe aiguë, bordées de dents d’autant plus longues que les feuilles elles-mêmes le sont davantage; celles des bourses ont le pétiole long souvent de 4 pouces (12 centimètres), et toutes jaunissent et prennent des taches noires quand elles sont près de tomber.

Le bouton à fruit est gros, conique, anguleux, légèrement pubescent. Au printemps il donne naissance à six ou huit fleurs larges de 1 6 à 18 lignes (36 à 4o millimètres) , un peu concaves , portées sur des pédoncules cotonneux , longs d’un pouce (3 centimètres), et d’une moyenne grosseur. Les étamines, courtes et droites, entourent cinq styles un peu plus longs qu’elles , et sensiblement velus à la base.

Le fruit, haut d’environ 2 pouces ( 6 centimètres ) , est toujours régulier, turbiné ou figuré en toupie , obtus du côté de la queue , ventru et diminuant un peu vers l’œil qui est placé au milieu d’un aplatissement à peine bosselé. Cet œil , rougeâtre dans le fond et garni d’étamines desséchées , n’est pas ordinairement rond ; son aire présente souvent une figure allongée ou déprimée. La queue est grosse, verdâtre, renflée aux deux bouts, et longue de 12 à i5 lignes (28 à 36 millimètres).

La peau est lisse et brillante; elle devient d’un jaune pur dans l’ombre, et le côté du

soleil se lave d’an beau rouge vif; mais avant que ce rouge ait acquis toute sa densité, il est précédé de points qui disparaissent au fur et à mesure qu’il augmente.

La chair est blanche, fine, fondante, un peu pierreuse auprès des loges, sujette à devenir cotonneuse et à mollir promptement.

Les loges sont petites et la plupart des pépins avortent.

Cette Poire, la plus brillante de la saison, mûrit à la fin de juillet. Il faut la cueillir quelques jours avant sa maturité.

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