POIRE ANGLETERRE
Pyrus an g lieu brumalis Poit.
N a cru pendant quelque temps que cette Poire était la Bellissime d’hiver de Duhamel. Cette erreur était venue de ce qu’il ne l’a pas figurée, et que sa description avait été mal interprétée. Quant au nom qu elle porte aujourd’hui, il lui vient sans doute de sa forme, qui est à-peu-près celle de notre Beurré d’Angleterre, mais dans des proportions beaucoup plus considérables. Je la trouve mentionnée pour la première fois dans le Manuel complet du jardinier de M. Noisette,
publié en 1825.
Ce Poirier doit être greffé sur franc. Son tronc est droit , couvert d’une écorce cendrée qui se crevasse de bonne heure : ses rameaux s’élèvent dans une direction presque verticale; ils ont les bourgeons bien nourris, presque aussi gros au sommet qu’à la
base , fortement géniculés à chaque nœud , cendrés ou rougeâtres, munis de gros points gris peu nombreux.
Beaucoup de bourgeons présentent trois feuilles ensemble, au lieu de les montrer solitaires comme d’usage; de ces trois feuilles, l’une est ovale, rétrécie à la base, terminée en pointe, raccourcie au sommet, longue de 7 à 9 centim. (2 pouces et demi à 3 pouces); les deux autres plus étroites, souvent lancéolées; toutes sont luisantes, assez raides, courbées en arrière, portées sur de courts pétioles munis de points noirs. Le bouton à fruit est ovale , de médiocre grosseur, obtus , brun.
Il sort de chaque bouton six fleurs, larges de 3 centim. ( 1 2 à 1 5 lig.), assez ouvertes,
portées sur des pédoncules longs de 4 centim. ( i5 à 18 lignes), et elles ont l’ovaire cotonneux.
Le fruit est très gros, turbiné, ventru, allongé du côté de la queue en pointe conique, obtuse. Son diamètre sur le ventre est de g centim. (3 pouces), et sa hauteur de io centim. (3 pouces et demi à 4 pouces).
La peau, d abord dun vert assez foncé, tiquetée de gros points roux, se lave quelquefois d un peu de rouge du côté du soleil, et jaunit un peu du côté de l’ombre. L’œil est grand, très ouvert, placé dans une cavité très évasée, peu profonde, souvent cou-
verte d’une grande tache frangée et roussâtre. La queue est longue de 4 centimètres ( 18 lignes), épaissie à son insertion sur la Poire.
La chair est assez fine , ferme et cassante.
Son eau est douce, abondante.
Les loges sont longues, étroites, souvent oblitérées; les pépins sont fort longs, maigres, aigus, la plupart imparfaits.
Cette Poire est excellente cuite sous la cloche, et se conserve de janvier en mars. Elle a été long-temps cultivée au Jardin-des-Plantes sous le nom de Bellissime d hiver, ce qui aura dû causer bien des erreurs.
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Douane/ <J
POIRE BERGAMOTTE D’ÉTÉ.
Pyrus heuveria. Poit. <‘t Turp,
ET arbre, robuste et fertile, se greffe sur coignassier quand on le destine à former une quenouille, et sur franc si on le destine au plein vent.
Ses bourgeons sont de médiocre grosseur, géniculés, jaunâtres, sensiblement poudreux, ainsi que les bourses et les boutons à fruit; ils ont les sup- | ports saillans et les yeux très gros.
Les feuilles sont grandes, bien étoffées, pendantes, un peu creusées en gouttières, arquées en arrière, de forme oblongue, acuminées, longues de huit à dix centimètres, d’un vert tendre en dessus, blanchâtres et garnies d’un épais duvet en dessous, à peine dentées à la circonférence. Elles jaunissent en tombant, et leur pétiole, toujours muni de points noirs, n’a que des avortons de stipule.
Le bouton à fruit est petit, ovale, obtus, roux, velu en dehors. Il donne naissance à six ou huit fleurs, larges de trente-quatre millimètres, un peu concaves, portées sur de gros et courts pédoncules très cotonneux ; elles ont les pétales petits, ovales, arrondis, concaves, légèrement onguiculés; les étamines divergentes, de moitié plus courtes que les pétales , et les cinq styles plus longs que les étamines, à peine velus à la base.
Le fruit varie un peu en longueur, mais sa forme est constante. Il serait turbiné, si son ventre, au lieu de se trouver juste au milieu de sa hauteur, était placé près de la tête. Ses deux diamètres sont chacun d’environ cinquante à soixante-quinze millimètres; il diminue moins vers la tête que vers la queue, qui est grosse, très courte, un peu courbe, verte, marquée de quelques points bruns, et plantée dans un petit enfoncement régulier, muni de côtes faibles et peu nombreuses. L’œil, bien ouvert en étoile, est placée presque à fleur et entouré de saillies nombreuses peu sensibles. Les filets des étamines persistent dans cet œil et les styles y sont libres jusqu’à une grande profondeur dans le fruit.
La peau, d’abord d’un vert clair, jaunit dans la maturité; le côté du soleil se lave de roux faible ou rougeâtre, et l’on voit partout dans l’ombre des points plus verts que la peau. Assez souvent il y a partout des points fauves assez gros, mais il est probable que ce sont les plus anciens points verts qui prennent cette dernière couleur en se desséchant.
La chaire est blanche, un peu jaunâtre vers l’écorce, très fondante, demi beurrée, délicieuse. .
Son eau est sucrée, très agréable.
Les pépins sont noirs, allongés et placés dans de petites loges. Il en avorte ordinairement plusieurs.
Cette poire mûrit au commencement de septembre. Il faut la cueillir un peu verte, dit Duhamel, autrement elle est sujette à se cotonner. Prise à point, c’est un excellent fruit.
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