‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 4 sur 100 · CASSIS · texte numérisé non relu

CASSIS

Ribes nigrum . Poit. et Turp.

!jE Cassis est originaire de la Suede et de la Suisse. C est un arbrisseau touffu qui produit de sa base plusieurs tiges hautes de i à 2 mètres (3 à 6 pieds), mais que Ion taille ordinairement à lamoitié de cette hauteur. Toutes ses parties répandent une odeur très forte et désagréable lorsqu’on les touche ou qu’on les ébranle. L’écorce des vieilles tiges est noirâtre, celle des jeunes pousses est fauve , couverte d’un duvet poudreux et blanchâtre.

Les boutons à bois, beaucoup plus gros que ceux à fruit, sont allongés, verdâtres, composés d’écailles, munies dune pointe dorsale, ce qui indique que ces écailles ne sont que des feuilles avortées.

Les feuilles , longues et larges de 3 à 5 pouces, sont découpées en cinq lobes inégaux , garnis de dents terminées en pointe glanduleuse ; le lobe intermédiaire est beaucoup plus grand que les autres ; la surface supérieure est nue, tandis que l’inférieure est légèrement pubescente et munie dans l’angle de ses nervures de glandes dorées auxquelles on attribue sinon l’odeur de la plante, du moins la propriété médicinale des feuilles du Cassis; les cils que l’on remarque à la base du pétiole de tous les groseillers sont plus gros

dans cette espèce que dans aucune autre.

Les fleurs sont disposées en grappes pendantes moins garnies et moins nombreuses que dans le groseiller rouge; chaque grappe est composée d’environ une douzaine de fleurs

verdâtres , lavees d une legere teinte violette.

Le fruit, une fois plus gros que la grosseille rouge et beaucoup moins nombreux , est d un violet noir très foncé; il mûrit en juin et juillet, et conserve à son sommet les débris desséchés de la fleur. Sa peau est dure, tiquetée de petits points blancs; lorsqu on 1 écrase , elle répand une teinture d’un beau rouge vif; la chair est fondante, d’un blanc bleuâtre d un goût particulier bien connu, mais qui ne plaît pas à tout le monde : on trouve dans chaque fruit dedix à vingt pépins durs anguleux, dun brun clair.

Le Cassis est depuis long-temps cultivé dans les jardins et en plein champ aux environs de Paris, comme le groseiller rouge. Son odeur forte et désagréable en éloigne les insectes qui dévorent les autres groseillers. L’infusion de ses feuilles est apentive , stomachique, propre aux mauvaises digestions. On mange rarement ses fruits , mais on en fait un sirop excellent pour les maux de gorge, ce qui leur a fait donner dans quelques endroits le nom

de baies ou de fruits à l’esquinaneie. On en fait aussi une liqueur qui. en fàcilitantla digestion, tempere 1 ardeur de l’estomac, et n échauffé pas comme les autres liqueurs. Les Irlandais les font infuser dans de l’eau-de-vie de grain, dont ils font du punch , et qu’ils recommandent comme un très bon remède pour le rhume et les maux de gorge.

La Nouvelle-Angleterre produit aussi un Cassis qui diffère un peu du nôtre, et qui se trouve dans les jardins botaniques, chez les curieux, et chez les marchands de plantes étrangères , mais comme il est moins beau que le nôtre et qu’on ne fait aucun usage de ses fruits, on ne le comprend pas dans cet ouvrage.

Jioziytteâ Je.

Page 1