‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 43 sur 100 · BLANQUET A LONGUE QUEUE · texte numérisé non relu

BLANQUET A LONGUE QUEUE

P y rus longipes. Poit. et Turj».

L paraît qu’en établissant la petite tribu des Blanquets, les jardiniers n’ont eu en vue que de rapprocher certains fruits d’été qui étaient tous d’un vert blanchâtre , et qu ils ont négligé la comparaison de plusieurs caractères plus importans , tels que la grosseur et -la forme des boutons , la grandeur de la fleur, le goût et la saveur du fruit, car cette tribu renferme des arbres et des fruits très diffère ns entre eux.

Le Blanquet à longue queue est un arbre très fertile, assez vigoureux, droit, et dont les rameaux, lorsque le poids annuel du fruit ne leur a pas encore fait prendre une direction inclinée, s’élèvent plus verticalement que ceux du gros Blanquet.

La plupart des bourgeons sont verticaux, tous bien nourris, géniculés, assez rouges, munis de points les uns ronds les autres allongés.

Les feuilles, généralement plus étroites que celles du gros Blanquet, sont ovales, oblongues, creusées en gouttière, luisantes, d’un vert gai en dessus, dentées, terminées en pointe courte: sur les bourgeons, le pétiole est ordinairement rouge à la base.

Le bouton à fruit est très gros, allongé, roux, pentagone, un peu velu.

Chaque bouton donne naissance à huit ou douze fleurs de moyenne grandeur qui ne s'épanouissent pas entièrement; elles restent aux trois quarts ouvertes, ont les pétales ovales, concaves, entiers; les pédoncules qui les portent sont menus, longs de 34 à 41 millimètres (i5 à 18 lignes), légèrement pubescens et munis de petites bractées.

Les fruits sont nombreux et naissent par bouquets inclinés; ils ont assez la forme d’une toupie ou d’une bobine; leur longueur est de 36 à 45 millimètres (16 à 20 lignes); le côté de la tête diminue un peu et l’œil est placé à fleur; l’autre bout s’abaisse jusqu’à se confondre avec la queue qui est assez longue, plus mince au milieu qu’aux deux bouts : on remarque toujours quelques plis à l’endroit où elle s’unit au fruit.

La peau est fine, d’un vert pâle, tiquetée de points plus verts, et devient assez jaune dans l’extrême maturité,

La chair est blanche, fine, fondante; elle contient un peu de marc et de petites pierres.

L eau est assez abondante, un peu musquée, agréable.

Les pépins sont noirs ou blancs; beaucoup avortent comme dans la plupart des Poires hâtives.

Ce fruit mûrit fin de juillet et commencement d’août, six ou huit jours après le petit Blanquet, et six ou huit jours avant le gros.

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POIRE GROS RLANQUET.

Pyrus albicans. Poit. et Turp.

RBRE très fertile, très vigoureux, s’élevant à une grande hauteur avec un tronc droit, régulier. Ses rameaux forment avec la tige des angles de 45 à go degrés.

Les bourgeons sont gros, cendrés, marqués de gros points ronds, un peu géniculés, arqués, parce qu’ils croissent d’abord dans une direction horizontale, et qu’ensuite leur sommet recherche la direction verticale; les plus petits paraissent anguleux et rougeâtres. Quoique ces bourgeons soient très gros, leurs yeux inférieurs ne se développent jamais la même année, non plus /;/ que ceux des autres Blanquets, tandis que dans d’autres espèces, même moins vigoureuses, ces yeux se développent toujours; ce qui semble prouver que ce développement tient à l’organisation et non à la vigueur de l’arbre.

Les feuilles sont ovales, assez planes, ordinairement un peu rétrécies à la base, rarement arrondies dans cette partie, toujours terminées en pointe aiguë au sommet, d’un vert assez foncé et luisant en dessus, pâles en dessous, longues de 80 à 108 millimètres (3 à 4 pouces), la plupart sans dentelure à la circonférence, excepté celle des bourses qui sont sensiblement dentées.

Les boutons à fruits sont de moyenne grosseur, ovales, ventrus, terminés en pointe courte, légèrement anguleux, glabres et d’un brun roux.

Un bouton donne naissance à 6 ou 8 fleurs assez planes, larges de 34 à l\o millimètres (i5 à 18 lignes) portées sur des pédoncules un peu cotonneux, longs de 27 millimètres ( 1 pouce).

Le fruit a 54 millimètres ( 2 pouces) de diamètre, d’une forme ovale ou arrondie, peu constante, car assez souvent le sommet du fruit s’élève en un mamelon, et le côté de la queue s’allonge et diminue en pointe arrondie; alors la queue est grosse et longue de 1 4 â 1 8 millimètres ( 6 à 8 lignes ); d’autres fois le fruit est presque rond et la queue extrêmement courte.

La peau est assez épaisse, d’abord d’un vert blanchâtre , ensuite d’un jaune clair en mûrissant, et, selon Duhamel, tant soit peu lavée de rouge clair du côté du soleil; mais

quel que soit le point de maturité de la poire, cette peau est toujours marquée de beaucoup de gros points verts.

La chair est cassante et laisse un peu de marc dans la bouche.

L’eau est abondante, musquée, sucrée, agréable.

Les pépins sont noirs, de médiocre grosseur, et avortent souvent.

Cette poire mûrit dans les premiers jours d’août, elle n’est pas sans mérite parmi celles de la saison.

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