‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 44 sur 100 · POIRE PETIT BLANQUET · texte numérisé non relu

POIRE PETIT BLANQUET

Pyrus elenchus. Poit. et Turp.

UHAMEL dit positivement que le Petit Blanquet est un arbre plus vigoureux que le Gros Blanquet; cependant j’ai toujours vu le premier moins élevé que le second. Il est d’une grande fertilité sur franc et sur coignassier; ses rameaux s’étendent assez horizontalement.

Ses bourgeons sont gros et courts , verts , ponctués de lenticelies.

Les feuilles, moins grandes que celles du Gros Blanquet, sont ovales, pointues, un peu concaves, d’un beau vert tendre en dessus, pâles et sensiblement réticulées en dessous , entières ou presque entières sur les bourses , dentées sur les bour-

geons.

Le bouton à fruit est de médiocre grosseur, ovale, arrondi sur son diamètre, glabre , roux.

D’un seul bouton , il sort au printemps huit à dix fleurs , moins grandes que dans le Gros Blanquet.

Le fruit a ordinairement la forme d’une perle en poire, mais il varie de forme et de grosseur : on en trouve qui ont depuis 27 jusqu’à 54 millim. (1 à 2 p.) de hauteur. Tous ont l’œil à fleur et ouvert; il conserve ses divisions et les étamines desséchées. La queue, grosse et charnue, a toujours quelques plis vers le point de son union avec le fruit.

La peau est presque blanche , tirant un peu sur le jaune , fine , comme transparente , d’un jaune cire près de la queue.

La chair est blanche, cassante, un peu pierreuse.

L’eau est musquée , agréable , peu abondante.

Ce petit fruit mûrit fin de juillet et commencement d’août.

Doiteau l'ùicc ■

De l'Imprimerie deZanylois-

/ioiujuef Je

Pyrus Pompèiana œstita. Poit. et Turp.

E Bon Chrétien d été est un arbre très vigoureux, qu’il faut greffer sur coignassier, si l’on veut en jouir le plus tôt possible, car sur franc il est long à se mettre en rapport; niais aussi quand il a acquis une certaine étendue en plein vent, il fructifie abondamment. Son tronc, couvert d’une écorce grise et crevassée, s’élève à une grande hauteur, et ses rameaux très ouverts s inclinent et pendent de tous côtés.

Ses bourgeons sont très longs, tortueux ou arqués, divergens de toutes parts, d’un vert cendré à la base , cuivrés dans la partie supérieure; les côtes élevées qui distinguent si bien les bourgeons du Bon Chrétien d’hiver, sont à peine visibles ici; au reste ces deux arbres diffèrent beaucoup par d’autres caractères.

Les feuilles des bourses et celles qui se trouvent vers la base des bourgeons sont grandes ovales ou arrondies, portées sur de longs pétioles grêles; celles du haut des bourgeons sont plus petites et presque en cœur ; toutes sont d un vert foncé en dessus, boidées de dents quelquefois émoussées, quelquefois aiguës; dans létat adulte elle ont perdu leurs stipules.

Les boutons à fruit sont petits, allonges en navette et toux.

Chaque bouton donne naissance à six fleurs aussi grandes que celle du Poirier Epargne et de la même forme, c’est-à-dire quelles sont des plus grandes, concaves, portées sur des pédoncules assez menus, raides, divergens, légèrement cotonneux , longs de 45 à 54 millimètres et munis de bractées filiformes; les étamines sont divergentes et les styles parfaitenient glabres.

Le fruit est gros, pyramidal, ventru un peu étranglé vers les deux tiers de sa hauteur, caractère d’ailleurs propre aux Bons Chrétiens, haut de8i millimètres et plus, sur presque autant de diamètre à l’endroit le plus renflé, d’une périphérie inégale ou plus ou moins bosselée. La queue est grosse, longue d’environ 54 millimètres, épaissie aux deux extrémités, tondeuse et charnue du côté par où elle tient au fruit. L’œil est placé dans un petit enfoncement étroit, et les divisions calicinales persistantes paraissent doubles en nombre parce que les protubérances qui sont entre elles ont pris un accroissement considérable.

La peau, d’abord verte et tiquetée de points plus verts, se colore ordinairement d’un rouge faible de cinabre du côté du soleil, et devient jaune dans l’ombre à la maturité.

La chair est blanche, demi fondante, pierreuse dans toute son épaisseur, mais davantage vers les loges où les pierres sont plus grosses.

L’eau est abondante, sucrée, délicieuse.

Lette poire, lune des meilleures de la saison, mûrit au commencement de septembre, après le Bon Chrétien d été musqué, mais qui ne la vaut pas. A l’exposition du nord , elle ne se colore pas , mais elle se conserve jusqu’aux gelées.

POIRE

Page 1