POIRE PASTORALE
Pyrus pastoralis. Poit. ei Turp.
E poirier, très fertile, s eleve droit sur une tige qui a ce qu’on appelle des dispositions à filer. Duhamel conseille de le greffer sur franc plutôt que sur coignassier.
Ses bourgeons sont de médiocre grosseur, un peu géniculés , cendrés
à la base, rougeâtres vers le sommet, marqués de points gris assez nombreux. Les boutons à bois sont gros, cendrés, un peu comprimés, appliqués contre le bourgeon.
Les feuilles sont les unes ovales, allongées en pointe, les autres oblongues, également pointues, longues de 8 à 9 centimètres (3 à 3 pouces et demi), finement dentées, d’un vert gai en dessus, munis ordinairement en dessous d’un duvet assez épais le long de la nervure médiane.
Les boutons à fleur sont moyens, ovales, ventrus, glabres, anguleux. Il en sort sept ou huit fleurs, assez ouvertes, larges de l\o à 5o millimètres (1 5 à 18 lignes) , portées sur des pédoncules légèrement cotonneux, longs de 3o millimètres (i pouce).
Le fruit, qui peut servir de modèle pour la plus belle forme de poire, a environ 1 décimètre (3 à 4 pouces) de hauteur, et 5 à 7 centimètres ( 2 à 2 pouces et demi ) de diamètre à l’endroit le plus renflé : le côté de la queue s’allonge et finit d’une manière obtuse: le cote de la tete diminue aussi un peu, et 1 oeil est placé presque à fleur.
La peau, dabord dun vert tendre, prend, en mûrissant, une légère teinte jaunâtre; le côté du soleil se nuance d’une faible couleur roussâtre. Elle se couvre partout d une prodigieuse quantité de très petits points d’abord verdâtres , ensuite bruns; mais l’endroit par où elle tient à la queue est couvert d’une grande tache, couleur de bistre, frangée en son bord.
La chair est blanche, d’abord cassante quoique mûre, ensuite demi fondante, exempte de pierre et de marc.
L’eau est un peu musquée et très bonne.
Les loges sont petites et contiennent des pépins courts, bien gonflés.
Cette poire mûrit en octobre, novembre et décembre.
Je n ai jamais observé le bourrelet que Duhamel a figuré à la queue de cette poire, ni la couleur grise qu’il lui attribue.