‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 78 sur 100 · POIRE D’ANGE · texte numérisé non relu

POIRE D’ANGE

Pyrus angeli . Poit. et Tuq>.

RBRE vigoureux, droit, formant une belle quenouille, ayant ses rameaux ouverts à 4 5 degrés.

Les bourgeons sont longs , d’un vert un peu jaune, bronzés ou cendrés, assez coudés, marqués de beaucoup de lenticelles de différentes formes; ils ont les supports aplatis avec une arête sur le dos, les yeux courts et comprimés comme dans les pommiers, dont cet arbre a un peu le ton au printemps.

Les feuilles sont grandes, oblongues, creusées la plupart en gouttière, et arquées en arrière, entières en leur bord, d’un beau vert foncé et luisant en dessus, pâles et un peu arachnoideuses en dessous, bien étoffées, longues de 80 à 97 millim. (3 à 4 pouces).

Le bouton à fruit est petit, oblong, aigu, velu, légèrement roux.

Ce bouton donne naissance à six ou sept fleurs ouvertes en soucoupe , assez étoffées , larges de 34 millim. ( 1 5 lig.) , à pétales distans , quand il n’y en a pas quelques-uns de surnuméraires, ce qui arrive quelquefois dans cette espèce ; elles ont le pédoncule très gros, cotonneux, long de 27 millim. (1 p.), et les styles légèrement velus à la base.

Le fruit est de moyenne grosseur, turbiné, obtus, régulier, haut de 44 millim. (2 p.), arrondi au sommet, où l’œil se trouve à fleur. Cet œil a l’intérieur rougeâtre, ainsi que la base persistante des étamines; le côté de la queue est obtus, aplati, couvert d’une tache rousse et marbrée; la queue est courte, raide et brune.

La peau passe du vert au jaune ; elle est très finement ponctuée de roux.

La chair est blanche, fine, fondante et se blettit promptement.

Son eau est sucrée, agréable.

Mûrit au commencement de septembre.

Duhamel dit qu’on regarde la Poire d’Ange comme une variété de Salvaiti; je crois que cet auteur aurait combattu cette idée s’il eût porté son attention sur la grande différence qu’il y a entre ces deux arbres.

POIRE AZEROLE.

Pyrus Pollveria. Lin*

jE Poirier Azerole est un moyen arbre qui, selon Desfontaines, croît naturellement en France, etque l’on a introduit dans les jardins plus pour servir à leur décoration que pour les enrichir de ses fruits. En examinant bien cet arbre dans ses bourgeons, ses boutons, ses fleurs et ses fruits, je lui trouve beaucoup de rapport avec les Alisiers, et suis porté à croire qu’il est un hybride, c’est-à-dire le produit d une fécondation croisée entre un poirier et un Alisier.

Ses bourgeons sont gros, obtus, rougeâtres, cotonneux, munis d’yeux gros et obtus.

Ses feuilles sont de deux formes différentes: celles qui avoisinent les fruits sont oblongues, raides, dentées peu profondément; celles qui en sont éloignées sont plus grandes, plus molles, de forme ovale, profondément dentées et surdentées; toutes sont d’un beau vert en dessus, blanches et cotonneuses en dessous.

Les fleurs sont blanches, petites, larges seulement de 20 à 3o millim. (9 à 10 lig.); mais elles sont nombreuses, réunies en grands corymbes terminaux comme dans les Alisiers. On trouve à leur centre 3, 4 ou 5 styles réunis par la base en une colonne laineuse, comme dans les pommiers.

Le fruit est petit, turbiné, pendant par bouquet* jaune dans la maturité, n’ayant ordinairement que 34 millim. (i5 lig.) de hauteur.

Sa chair est jaunâtre, cassante.

L’eau est sucrée, mais sans parfum.

On trouve rarement cinq loges dans ce fruit; les pépins sont rarement parfaits ; les bons sont très bruns, figurés en larme.

Cette petite poire mûrit dans le commencement de septembre, et ne se trouve guère que dans les écoles et dans les jardins paysagers.

Obs. Les loges de la Poire Azerole sont absolument dénuées du cartilage qui forme les loges des poires et des pommes; elle partage cette exception avec les pommes hybrides, à bouquet, en baie et odorante.

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