POIRE DE LIVRE
Pyrus libralis. Poit. eti’urp.
E poirier est si vigoureux, qu’il ne peut réussir long-temps sur coignassier; on doit le greffer toujours sur franc. Ses rameaux sont étalés et diffus.
Il a les bourgeons d’un vert cendré, divergens, bien nourris, et d’autant plus géniculés qu’ils sont plus vigoureux.
Ses feuilles sont, les unes très larges, échancrées en cœur à la base, terminées en pointe courte au sommet; les autres sont moins larges, plus allongées et plus aiguës; toutes sont épaisses, bien étoffées, arquées en arrière, pubescentes en dessous, bordées de 'très petites dents aiguës. Le pétiole est gros, court, cotonneux , muni de stipules falciformes, ciliés sur les bords.
Le bouton a fruit est gros, ovale, ventru , allongé en cône obtus, assez roux, un peu velu dans le haut.
Il sort de ce bouton 6 ou 7 fleurs larges de 28 à 3o millim. (14 ou i5 lig.), concaves, régulières, portées sur de gros et courts pédoncules très cotonneux; les anthères, dabord^assez rouges, pâlissent beaucoup avant de répandre leur pollen.
Le fruit est très gros, d’une belle forme, et assez constant dans ses proportions: il a souvent jusqu’à 1 3 centim. (4 po. et demi) de hauteur, sur io centim. (3 po. et demi) de diamètre; l’œil est enfoncé entre plusieurs côtes; la queue, longue de 25 à 3o millim. ( 1 2 à 1 5 lignes) est renflée et charnue à son union avec le fruit.
La peau est verte, rarement couverte de grandes taches, mais elle est partout garnie de gros points roux, inégaux; elle jaunit un peu dans la maturité.
La chair ne se mange pas crue, mais elle est très bonne cuite, lorsque la maturité en a adouci l’eau.
Cette belle et grosse poire mûrit en décembre et janvier; Duhamel la fait durer jusqu’en février.
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POIRE DE MPLES.
Pyrus JS eapolitana. Poit. et Turp.
I , comme le dit Duhamel , cet arbre est vigoureux et fertile, au moins il ne l’est pas constamment ou ne l’est pas partout, car je ne le connais que comme un petit arbre et d’une médiocre fertilité. Il est d’ailleurs mal fait et d’un aspect désavantageux ; on ne peut guère lui donner la forme d’une quenouille passable ; ses rameaux ordinairement assez tortueux, s’ouvrent de f\o à 80 degrés, et pourtant ses bourgeons affectent presque tous la direction verticale : ceux-ci sont sensiblement géniculés, ils ont les yeux inférieurs longs, aigus et divergens, tandis que les supérieurs sont presque appliqués contre le bois.
Les feuilles sont petites, étroites, contournées, convexes, plus ou moins roulées en dessous et tourmentées de toutes façons, d’un vert sombre, luisantes et d’un aspect tout particulier à l’espèce; elles se tachent de gris brun en tombant.
Le bouton à fruit est gros, conique, d’un brun clair, anguleux et glabre.
Il donne naissance à cinq ou six fleurs, petites, larges seulement de 27 millim. (1 p. ), portées sur de très menus pédoncules, peu cotonneux, longs de 18 à 20 millim. ( 8 à 9 lig.) ; les styles sont beaucoup plus longs que les étamines, et leur base est entourée d’une élévation conique.
Le fruit figuré en calebasse très raccourcie, a de 54 à 68 millim. (24 à 3o lig.) de hauteur sur autant de diamètre à l’endroit le plus renflé; sa surface est inégale; il a l’œil petit et placé dans une cavité fort étroite ; la queue grosse, courte , verte ou rousse est plantée dans un enfoncement entouré de petites côtes.
La peau, très verte tant que le fruit est sur l’arbre, roussit quelquefois un peu du côté du soleil ; elle a toujours un peu de petits points bruns et ne jaunit que dans la fruiterie.
La chair est blanche, légèrement beurrée dans la parfaite maturité, quoique un
peu pierreuse autour des loges : j’observe cependant que Duhamel dit positivement quelle n’a pas de pierres.
Son eau est sucrée, légèrement musquée.
Cette Poire mûrit dans une chambre où l’on fait du feu, à la fin de janvier, et en février et mars dans une fruiterie. Elle est d’une médiocre qualité, et son arbre est si vilain, que c’est une espèce à reléguer dans les écoles et les collections.