‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 89 sur 100 · POIRE DE TONNEAU · texte numérisé non relu

POIRE DE TONNEAU

Pyrus dolifera. Poit. et Turp.

ET arbre ne paraît pas assez fort pour être greffé sur franc , car alors il reste plus petit que le diamètre du sujet. Il est très rameux , et ses branches tendent à s’étendre horizontalement.

Ses bourgeons sont longs et menus, jaunâtres, légèrement pulvérulens , géniculés , munis de lenticelles nombreuses; les supports sont saillans, et ont une carène élevée qui forme des angles plus jaunes que le reste du bourgeon.

Parmi les feuilles , les unes sont très larges, presque en cœur, courbées en arrière, terminées en pointe courte; les autres sont ovales, planes et plus aiguës : toutes ont les dents peu apparentes. Ces feuilles changent à peine à l’automne, et ne se tachent que très peu de temps avant leur chute.

Les boutons à fruit sont gros, allonges, pubescens, très roux.

Ils produisent chacun six ou huit fleurs bien ouvertes, larges de 34 à 4o millim. (i5 à 18 lign.), portées sur de gros pédoncules cotonneux, longs de 27 millim. (1 p.); les styles de ces fleurs sont velus à la base.

Le fruit, gros et allongé, varie extrêmement de forme et de grosseur sur le même arbre; mais en général il a la forme d’un tonneau, long d’environ 108 millim. (4 p.) ventru , rétréci par les deux bouts, et d une surface très inégalé.

La peau , d’abord d’un vert tendre dans l’ombre et tiquetée de points verdâtres , jaunit dans la maturité; le côté du soleil se lave d’un rouge quelquefois pâle, quelquefois assez vif, et les points de ce côté sont plus gros, plus nombreux que dans l’ombre, et ils rougissent plus que le reste de la peau.

La chair est très blanche , cassante , un peu pierreuse auprès des loges.

L’eau est abondante, douce, agréable.

J’ai toujours vu ce fruit finir en novembre et décembre , quoique Duhamel , et après lui d’autres auteurs, disent qui! se conserve jusqu en février et mars. Il nest pas désagréable à manger crû, malgré que sa chair soit un peu grossière; mais on l’estime beaucoup en compote. Il est visible quon lui a donne le nom de Tonneau a cause de sa forme.

Pyms Vallis. l’oit, et Turp.

LUSIEURS pépiniéristes distinguent la poire de Vallée en grosse et en petite; Calvel en mentionne une franche et une bâtarde! ce qui, sans doute , rentre dans l’idée des pépiniéristes. Duhamel et le Berriays ne

parlent ni de l’une ni de l’autre, probablement parce que la poire de

Vallée ne leur a pas paru digne d’entrer dans leur répertoire, quoiquils y en

aient introduit qui ne valent pas mieux.

Je crois qu’une poire de Vallée suffit, et qu’il serait aussi ridicule que nuisible d’élever au rang d’espèce les variétés accidentelles auxquelles mille circonstances peuvent donner lieu.

L’arbre qui porte ce fruit est vigoureux , d’un très beau port, et réussit mieux sur franc que sur coignassier.

Ses feuilles sont de moyenne grandeur, ovales oblongues, terminés en pointe au sommet, arrondies à la base, d’un vert foncé, assez ouvertes, longues de 8 centimètres, bordées de petits dents plus sensibles vers le sommet de la feuille que vers la base. Le petiole, long et menu, a des stipules seulement sur les bourgeons les plus vigoureux. Ces feuilles jaunissent en tombant, et ne prennent pas ordinairement d’autre couleur.

Le bouton à fruit est très gros, ovale oblong, terminé en pointe conique, sensiblement velu. Il en sort ordinairement huit fleurs, larges de 34 à 4o millimètres , d’un beau blanc , un peu convexes, portées sur des pédoncules de moyenne longueur et tiès cotonneux. Les pétales, arrondis, bien étoffés, varient assez souvent en nombre depuis cinq jusqu’à dix dans la même fleur. Les styles, à-peu-près de la hauteur des étamines et glabres dans toute leur longueur, sont aisément endommagés, dans les boutons, par le mauvais temps du printemps; de sorte que, quoique l’arbre soit naturellement très fertile, il na souvent peu ou point de fruits après avoir bien fleuri.

Le fruit est de moyenne grosseur, figuré en toupie ventrue, régulier, peu variable dans sa forme, ayant environ 6 centimètres de hauteur sur autant de diamètre transversal, un peu bosselé; la queue est longue de 34 à 36 millimètres, menue, raide, munie de cicatrices et teinte de roux en partie et souvent insérée obliquement sur le fruit.

La peau, verte d’abord, jaunit un peu dans la maturité; elle est marquée des petits points

bruns, et ordinairement de taches roussâtres vers la queue. La chair est blanche, un peu

pierreuse , assez fondante , mais âpre à la gorge.

L’eau est peu abondante, douce et sucrée.

Les pépins sont bruns et n emplissent pas les loges.

Cette poire mûrit vers le 20 août. Elle tient le dernier rang de la médiocrité à cause de l'âpreté de sa chair, qui la rapproche des poires à cidre.

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