‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 91 sur 100 · POIRE ROBINE · texte numérisé non relu

POIRE ROBINE

d’une petite taille; greffé sur franc, il se met difficilement à fruit

REFFÉ sur coignassier , ce Poirier charge considérablement et reste

selon Duhamel, et selon Calvel il y fructifie tout comme un autre. C’est un arbre qui étend ses branches horizontalement, tandis que sa tête file verticalement. *

Ses bourgeons sont menus, d’un vert jaunâtre, très peu géniculés,

tiquetés de points allongés; ils ont les supports aplatis, les yeux coniques, petits, aigus

et divergens.

Les feuilles sont assez grandes, ovales ou oblongues, les unes un peu creusées en gouttières, les autres planes, toutes terminées en pointe raccourcie, bordées de très petites dents en scie, glabres des deux côtés, d’un vert tendre en dessus portées sur des

pétioles assez longs.

Le bouton à fruit est petit, oblong, obtus, très brun, anguleux.

Il sort de ce bouton 7 ou 8 fleurs de moyenne grandeur, creusées en soucoupes, portées sur de courts pédoncules presque nus, rougeâtres a la base; les petales, au nombre de 5 à 8, sont concaves et rétrécis en onglet a la base; les anthères sont très colorés, et les styles, plus courts que les etamines, sont parfaitement nus. On peut remarquer comme un excellent caractère, que cette fleur a 1 ovaire et le calice tout-àfait glabres.

Les fruits croissent en bouquet ; ils sont petits, arrondis, figurés en toupie raccourcie , déprimés sur la tête où l’œil est légèrement enfoncé et resserré entre quelques petits plis : la queue est très courte; elle s’unit au fruit au moyen de petits bourrelets plus

nombreux sur certaines poires que sur d’autres.

La peau est d’un vert pâle, finement tiquetée de points plus verts; elle jaunit au

temps de la maturité.

La chair est blanche, demi cassante, un peu sèche et, ce qui est une qualité importante, dit La Quintinye, elle ne mollit presque point.

Son eau est sucrée et extrêmement musquée.

Les pépins sont très bruns, et tant soit peu plus longs que ceux du Bon-Chrétien d’été.

Cette poire mûrit en août. Elle est plus grosse sur coignassier que sur franc , dit Duhamel.

La Quintinye place la Robine au sixième rang, et après en avoir donné une bonne description, il ajoute : « Son eau sucree et parfumée charma tout le monde, et par- « ticulièrement le premier prince de la terre, Louis XIV, et avec lui toute la maison “ royale. Elle est admirable en pâtes et en compotes. »

C est sans doute a cause de ce grand mérité dont , selon moi, elle n’a conservé qu’une petite paitie, que cette Foire a encore les noms de Royale d’été, d’Overot, et de Muscat d’août.

J Je lYmprùnes'Je YeZemgrMZ-r,

Jh)drt</ia‘ j'cu/f) f

Pynis Ronvilla. Poit. etTurp.

A raison de ce nom ne m’est pas connue, je l’adopte avec Duhamel. Merlet écrit Donville et Calot. La Quintinye a bien une Poire qu’il appelle Caloet, mais qu 'il ne décrit pas , et qu’il range au nombre des mauvaises Poires. Est-ce la Ronville de Duhamel? Quoi qu’il en soit, c’est le nom de Duhamel qui persiste, et qui désigne un arbre vigoureux, d’une belle venue, garni de rameaux courts et peu nombreux. Son bourgeon est assez gros, bien nourri, presque vertical, d’un vert-gris dans l’ombre , rougeâtre au soleil , très peu géniculé , garni de supports saillans et d’yeux gris, les uns coniques, aigus, divergens, et les autres appliqués contre le bourgeon même.

Les feuilles sont grandes, allongées, la plupart creusées en gouttière r arquées en arrière , terminées en pointe , d’un vert tendre et luisant en dessus , blanchâtres et garnies d’un léger duvet en dessous, portées sur des pédoncules la plupart rougeâtres à la base et munis de stipules filiformes très longs sur les bourgeons , et peu ou point apparens sur les bourses. Parmi ces feuilles, celles qui naissent sur les bourses sont à peine dentées, tandis que les autres le sont sensiblement : toutes jaunissent et se marquent de taches rouges ou noires en tombant.

Le bouton à fruit est petit, allongé, pointu, roux, glabre, légèrement anguleux; il donne naissance à six ou sept fleurs très roses avant leur parfait développement, évasées en soucoupe, larges de 27 millimètres, portées sur des pédoncules de même longueur, menus et" cotonneux: les cinq styles sont filiformes et plus longs que les étamines.

Le fruit est gros, allongé, ayant le ventre au milieu de sa hauteur qui est de 8 «à 10 centimètres, et de 7 à 8 de diamètre: sa surface est sensiblement inégale, raboteuse; il diminue vers la tête où il forme un enfoncement irrégulier , bordé de saillies peu nombreuses entre lesquelles l’œil est placé; le côté de la queue varie beaucoup; quelquefois il se termine en pointe conique; d’autres fois il finit brusquement par des côtes en saillies plus ou moins élevées que celle qui représente le dessin ci-joint. La queue est grosse, charnue , longue de 3 centimètres, marquée de taches rousses qui, quelquefois , s’étendent un peu sur la Poire, surtout lorsque celle-ci approche de la forme conique.

La peau est un peu rude, d’un vert tirant sur le jaune pendant l’été, le côté du soleil se

lave aisément d’un rouge de cinabre assez foncé; mais comme la surface est très inégale, ce rouge forme de petites taches sur les parties les plus élevées. On observe aussi un grand nombre de petits points qui roussissent dans la maturité, tandis que la peau devient d’un jaune tendre ou serin.

La chair est blanche, cassante, d’un grain assez fin, sans pierres; mais elle devient promptement pâteuse.

Son eau est sucrée, très peu parfumée.

Cette Poire d’hiver a beaucoup plus de mérite cuite que crue; les officiers de la bouche en font grand cas et l’estiment beaucoup en compote, glacée, etc.

Observation. — Le volume de cette Poire n’ayant pas permis d’en figurer plusieurs de grandeur naturelle, on a ajouté au bas du dessin deux petites figures au trait qui indiquent les extrêmes de la variation de sa forme.

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