‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 92 sur 100 · POIRE ROUSSELET DE REIMS · texte numérisé non relu

POIRE ROUSSELET DE REIMS

E plein vent convient parfaitement à cette espèce , qui se greffe indifféfllsT remment sur franc ou sur coignassier. C’est un arbre de moyenne taille, pyramidal , dont les rameaux , naturellement peu ouverts d’abord ,

prennent bientôt une direction inclinée, par le poids du fruit qui les

j charge tous les ans.

à Les bourgeons sont d’une moyenne force , effilés , un peu géniculés ,

d’un violet brun foncé , et tiquetés; ils ont les yeux très petits et com- Cjfëi primés.

/Æf Les feuilles sont généralement petites et inégales; celles du haut sont creusées en gouttière, et plus petites que les inférieures ; aux approches* de leur chute, quelques-unes de ces feuilles rougissent, et les autres prennent une teinte cuivrée.

Le bouton à fleur est de moyenne grosseur, ovale, glabre; quand ce bouton s ouvre, ses écailles intérieures sont d’un vert remarquable.

Au printemps, il sort d’un bouton 7 ou 8 fleurs larges de 3 centimètres (12 h 14 lig.), bien ouvertes, portées sur de courts pédoncules, légèrement cotonneux, ordinairement rougeâtres, et munis de bractées.

Le fruit est petit, figuré en toupie, très peu variable en forme et en grosseur; sa hauteur est d’environ 6 centim. (2 pouces), sur un diamètre un peu moindre ; 1 oeil est petit, planté presque à fleur; la queue est d’une longueur très variable, roussâtre vers le bout de son point d’attache à la bourse, verte dans le reste.

La peau est d’un fond verdâtre, qui jaunit un peu dans la maturité; elle se lave plus ou moins de rouge obscur du côté du soleil , et partout elle a des taches grises et des points qui se détachent en vert ou en jaune sur le rouge.

La chair est blanche, demi-cassante.

Son eau est musquée , très bonne.

Les pépins sont petits , bruns ou noirs dans de très petites loges ; quelquefois l’axe de ces loges se détruit.

Cette Poire mûrit dans le commencement de septembre et mollit promptement ; elle est plus petite, mais meilleure, en plein vent qu’en espalier.

Duhamel dit que ce Rousselet nest bon que dans la ville de Reims; il devient quelquefois aussi rouge que le gros Roussel.

Pyrus rubricata. Poit. et Turp.

ES pépiniéristes, ayant coutume de dire que le Gros Rousselet se greffe sur franc et sur coignassier, cela indique naturellement qu’il y a des espèces qui ne réussissent pas sur l’un ou sur l’autre, et ceci a besoin d’un mot d’explication. Toutes les espèces de poirier pourraient et devraient se greffer sur franc, pour faire des arbres forts et de longue durée; mais il y a des espèces qui se mettraient trop tard à fruit, et on les greffe sur coignassier pour diminuer leur vigueur et hâter leur fructification. Les espèces qui fructifient naturellement jeunes, telle que le Doyenné, devraient se greffer toujours sur franc, afin de les faire vivre plus long-temps; mais leur fruit ne serait pas toujours aussi beau9 aussi coloré ni même quelquefois aussi bon. On greffe donc sur coignassier pour avoir des fruits plus tôt, pour les avoir plus gros, plus colorés , mais les arbres ne deviennent pas aussi grands et ne vivent pas aussi longtemps que s ils étaient greffes sur franc. Bien plus, il y a des terrains qui ne conviennent pas au coignassier, surtout quand il est greffé; alors le poirier greffé dessus, languit et ne donne que de mauvais fruits, 11 arrive souvent que l’on attribue aux arbres greffés sur coignassier, un défaut qui doit être attribué au terrain dans lequel ils sont plantés.

Le poirier Gros Rousselet est un arbre vigoureux, fertile, dont la tige principale est droite, mais dont les rameaux sont assez diffus.

Les bourgeons sont assez forts, vagues, c'est-à-dire qu’il y en a qui prennent une direction presque perpendiculaire et d’autres qui s’étendent horizontalement; tous sont d’un violet brun foncé, légèrement géniculés.

Les feuilles sont de moyenne grandeur, ovales arrondies à la base, rétrécies en pointe cour te au sommet , portées sur de longs pétioles munis de points noirs dans la partie supérieure. Elles jaunissent et rougissent en tombant à l’automne.

Le bouton à fruit est brun, de moyenne grosseur, et donne naissance à huit ou dix fleurs; belles, bien ouvertes, larges de 34 millimètres, portées sur de courts pédoncules très cotonneux ainsi que les ovaires. On observe que ces fleurs répandent une odeur désagréable avant 1 émission de leur pollen, et qu’après cette émission, elles ne sentent plus rien.

Le fruit varie un peu en grosseur, mais sa forme est assez constante; il est figuré en toupie, bien arrondi et ventru du côté de la tête, où l’œil est placé dans un petit enfoncement régulier. Sa hauteur varie entre 5 à 7 décimètres, et sa queue, longue de 34 à 4o

millimètres est assez menue, raide, rougeâtre, très souvent plantée obliquement , et bosselée à son insertion.

La peau est rude au toucher, verte dans l’ombre, lavée du côté du soleil d’un gros rouge de brique , sur lequel se détachent de nombreux petits points roux et cendrés , plus rapprochés et plus étoilés du côté du soleil où ils forment une sorte de poussière cendrée qui ternit la couleur rouge , surtout lorsqu’on regarde le fruit de profil.

La chair est grenue, cassante, pierreuse vers la tête et vers le centre; elle a encore l’inconvénient d’être âpre et de prendre à la gorge comme une poire à cidre.

Son eau est bonne, très agréablement parfumée.

Ses pépins sont d’une longueur remarquable.

Cette poire mûrit du i5 à la fin d’août. Il est probable que dans les terrains chauds, secs et légers elle perd l’âpreté que je lui trouve dans le potager de Versailles où la terre est forte et humide, puisque Duhamel et la plupart des jardiniers l’appellent roi dété. Elle n’est pas toujours aussi rouge et aussi grosse que la représente le dessin ci-joint, qui a été fait d’après un échantillon pris sur un arbre rajeuni en plein vent dans le potager de Versailles.

POIRE

Pyrus /a yen/ for mis. Poit. <-t Tïirp:

L me semble que la figure de cette Poire, publiée par Duhamel , a été laite d’après un échantillon mal développé, ou venu sur un mauvais arbre en plein vent. Ensuite la description de l’auteur lui attribue des dimensions plus grandes que la figure, ce qui prouve , au moins, que l’écrivain et le peintre ne s’entendaient pas.

Le Poirier rousseline est un petit arbre qui, dit Duhamel , ne veut point être greffé sur coignassier, mais seulement sur franc. Il forme une quenouille assez régulière . Son écorce est brune et se crevasse beaucoup. Ses rameaux sont nombreux, et s’ouvrent la plupart à 45 degrés.

Les bourgeons sont petits, cuivrés, garnis d’yeux bruns, coniques, divergens; mais une singularité remarquable, c’est qu’on trouve toujours sur cet arbre plusieurs bourgeons qui ont deux yeux l’un à côté de l’autre dans la même aisselle: le bourgeon fait un coude plus considérable à l’endroit de ces doubles yeux qu’où il n’y en a qu’un. Avis aux physiologistes.

Le bouton à fruit est de moyenne grosseur, obtus, un peu velu.

Les fleurs sont petites, bien planes, à pétales oblongs , concaves , quelquefois légèrement rosés sur les bords.

Le fruit a beaucoup de rapport, pour la forme, la grosseur et la couleur, avec le Martin-Sec et le Chat-brûlé ; mais il ne rougit pas : il est toujours figuré en calebasse, haut de 68 millim. (2 pouces et demi) , ventru, rétréci au sommet. L’œil est petit, placé dans une moyenne cavité et entouré de quelques côtes peu élevées ; le bout opposé à l’œil se termine obliquement. La queue est menue, longue de 4o millim. (i81ig.), marquée de quelques cicatrices.

La peau est d’un fond vert-jaunâtre; mais ce fond est recouvert presque partout d’un roux cendré obscur , rude au toucher, à cause d’une grande quantité de pe tits points bruns exfoliés. Il y a des endroits où cette espèce de croûte ne produit que des marbrures sur un fond vert ; mais quand ce fruit a passé une quinzaine de jours dans la fruiterie, et qu’il commence à mûrir, le fond vert de la peau

se change en jaune doré, et les taches qui la recouvrent passent du roux cendré au fauve clair.

La chair est demi-beurré, fine, délicate.

L’eau est sucrée et très musquée.

Les loges sont petites , les pépins gros et aplatis.

Cette bonne Poire mûrit en novembre; elle n’est pas séduisante sur l’arbre, mais sa couleur devient belle dans la fruiterie.

POIRE

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