‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 93 sur 100 · GROSSE ROUSSETTE D’ANJOU · texte numérisé non relu

GROSSE ROUSSETTE D’ANJOU

Pirus tardifloro. Pnit. etTurp.

PRÈS l’article Bezy de Caissoy ou Roussette d’Anjou, Duhamel a décrit et figuré une autre Roussette moins petite, dit-il, et cultivée aussi en Bretagne.

Je connaissais bien le Bezy de Caissoy, très bon en Bretagne, peu estimé à Paris où il ne vient pas bien, mais je ne connaissais nullement cette Roussette moins petite dont avait parlé Duhamel et qu’il avait figurée. Pendant long-temps je l’ai demandée à tous les pépiniéristes, et aucun ne la connaissait. A la fin j en aie trouvé un arbre dans le petit jardin de M. Daubenton , où j’ai pu en étudier le fruit, le juger et en tirer le dessin ci-joint. L’arbre a disparu sans qu’on ait pensé à le greffer, et aujourd hui si un amateur voulait se le procurer, il ferait bien de s adresser en Bretagne plutôt que partout ailleurs. Au reste voici la description que j en avais faite il y a 3o ans.

Cet arbre forme une assez belle quenouille. Ses bourgeons sont faibles, menus, géniculés, d’une couleur fauve, marqués de points roux, ronds ou allongés ; les supports sont saillans,

les yeux aigus et dirigés parallèlement au bourgeon.

Les feuilles sont de moyenne grandeur, d'un vert cendré, très arquées en arrière, peu ou point dentées, munies en dessus, et encore plus en dessous, d’un léger duvet filamenteux.

Le bouton à fruit est petit, allongé en pointe aiguë, très brun, glabre, tardif, reîeve de trois angles arrondis peu sensibles.

Les fleurs s’épanouissent toujours au moins quinze jours plus tard que toutes les autres; ce qui fit qu’en 1809, elles ont eu l’avantage de ne pas être atteintes des gelées tardives qui ont moissonné presque tous les arbres fruitiers. Ses fleurs sont larges de 3 décimètres (12 à i4 lignes), bien planes, réunies sept à huit à chaque bouquet, portées sur de très courts pédoncules cotonneux et roussatres ; leurs pétales sont petits , ovales concaves, sensiblement onguiculés. Les styles sont nus et de la hauteur des étamines. Ces fleurs répandent une odeur agréable.

Le fruit est au-dessous de la moyenne grosseur, ovale-arrondi ou un peu allongé du côté de la queue, du diamètre de 6 à 7 centimètres (24 à 28 lignes), sur autant de hauteur. L’œil est petit et placé à fleur. La queue est très grosse , longue seulement de 9 à 1 1 centimètres (4 à 5 lignes), de la couleur de la poire et un peu enfoncée.

La peau est fine constamment rousse partout, quelquefois teinte de rouge très faible du côté du soleil ; elle a aussi quelques petites taches peu apparentes , en y regardant de près , on voit des petits points qui s’efflorent en étoile d’une couleur moins foncée que le reste de la peau.

La chair est blanche, un peu pierreuse, d’abord cassante, ensuite fondante, et enfin pâteuse dans la grande maturité.

L’eau est douce, abondante quand la poire est encore cassante.

Cette poire mûrit dans tout le courant de novembre , mais elle est meilleure dans la première quinzaine que dans la seconde. Quand elle est cassante elle paraît participer du Messire-Jean par la chair, et de la Crassane par le goût, mais elle est inférieure à l’une et à l’autre.

Duhamel qui, sans doute, a vu cette poire plus abondamment que moi, dit qu’elle mûrit en octobre, novembre et une partie de décembre.

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