‹ Pomologie françaiseChapitre 105 sur 122 · PRUNE DRAP D'OR · texte numérisé non relu

PRUNE DRAP D'OR

… Prunus apiana. Poit. et Turp.

E ne sais pourquoi les auteurs"s’accordent à regarder le Drap d'or comme une

simple variété de Mirabelle, et à lui donner, en conséquence, le nom de Mi-

JÆ rabelle double. Ces deux fruits ne se ressemblent que par la couleur ; le Drap dr A ” d’or est rond, la Mirabelle est ovale. La Mirabelle a une saveur sut generis, le

LUS si

Drap d’or participe des qualités de la Reine-Claude. S'il était permis de risquer

une hypothèse, on pourrait plutôt dire, avec assez de vraisemblance, que le À Drap d’or est un hybride de la Reine-Claude et de la Mirabelle. En effet, le Drap d'or possède les qualités de la Reine-Claude sous un moindre volume qui semble le rapprocher de la Mirabelle.

Les bourgeons du Drap d'or se teignent d’un violet noir très foncé lorsqu'ils sont exposés au soleil, mais ils restent d’un vert cendré dans l'ombre; ils sont un peu anguleux, légèrement pubescens, munis de supports saillans et décurrens qui soutiennent rarement plus d'un ou de deux boutons qui sont gros, coniques, droits, assez aigus.

Les feuilles sont ovale-oblongues , obtuses, inégales en grandeur, d’un vert tendre en dessus, blanchâtres et assez velues en dessous, longues de 2 à 3 pouces (54 à 81 millimètres), et bordées de dents arrondies. Leur pétiole est canaliculé, pubescent, souvent violet et muni de deux glandes au sommet.

Les fleurs naissent deux à deux , ou rarement solitaires dans le mêmé bouton; elles sont petites, nombreuses, bien ouvertes portées sur de gros et courts pédoncules nus. | Le fruit, ordinairement très nombreux, est rond, légèrement aplati à la base et au sommet, haut d’un pouce (27 millimètres), sur 13 lignes (29 millimètres) de diamètre, très souvent fendu au sommet avant la parfaite maturité.

La peau, d'abord d’un vert blanchätre comme celle de la Reine-Claude, devient d’un

jaune assez foncé en mürissant ; elle se marque de points et de taches violettes rapprochés

du côté du soleil, et se couvre d’une fleur blanche peu abondante, dans laquelle on aperçoit un petit œil violet.

La chair, plus ferme d’abord que celle de la Reine-Claude, devient jaune comme la peau en mürissant, et perd sa fermeté en acquérant une saveur délicate.

Son eau est délicieuse.

Cette excellente prune mürit dans la dernière quinzaine d'août, Comme elle se fend

souvent au sommet, les mouches, qui en sont très friandes , l’attaquent et la déshonorent.

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