PRUNE DE SAINT-MARTIN
Prunus serotina. Poit. et Turp.
— L y a long-temps que la saison des Prunes est passée quand celle-ci vient éton-
ner l’œil par la beauté de sa robe fleurie, et nous rappeler les beaux jours de
À l'été. Si elle n'a pas le parfum, le fondant que le soleil avait donné à plusieurs D. ses compagnes, déjà bien loin, du moins elle n’a pas de concurrence à crain- ( | dre, et dans la saison avancée où elle paraît, c’est vraiment une providence. L'époque de sa naissance n’a pas été enregistrée, mais il est certain que les anciens ne l'ont pas connue. Les modernes ne lui rendent même pas toute la justice qui
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lui est due, et la négligent faute de la connaître.
EN L'arbre qui la porte a un beau port, pousse vigoureusement et fructifie avec +) | abondance. Ses bras principaux s'élèvent assez verticalement; mais les secondaires 7 ou ceux d’une moindre force et les branches à fruit ont une tendance à s’incli- , ner, tendance occasionée sans doute par le poids du fruit qui les entraîne vers la terre.
Les feuilles sont généralement ovales, atténuées en pointe au sommet, longues de deux à quatre pouces, bordées de dents arrondies, inégales et terminées par un point glanduleux. Leur face supérieure est d’un vert luisant, et l’inférieure, moins verte, est légèrement velue sur les nervures. Elles ont le pétiole gros, canaliculé, un peu velu , souvent violâtre, muni d’une ou de deux glandes cupulées et jaunâtres. Les fleurs sont nombreuses, blanches, larges d’un pouce (27 millimètres), bien ouvertes , avec les pétales arrondies et légèrement onguiculés. Le fruit est arrondi , déprimé à la base et au sommet, un peu moins haut que large, et marqué d'un sillon latéral: son diamètre est de 16 à 18 lignes (34 à 41 millimètres). Quand ce fruit n'éprouve pas de frottement, il conserve son style desséché jusqu’à la parfaite
maturité.
La peau est fine, d'un rouge violet, couvert d’une fleur abondante qui en augmente la beauté.
La chair est ferme, verdâtre, tirant sur le jaune dans l’extrême maturité, peu adhé-
rente au noyau; elle conserve un peu d’acerbité qui n’est pas désagréable.
L'eau est acidulée et peu abondante.
Duhamel n’a pas connu cette prune, que l’on cultive depuis 4o ans dans l’École du Muséum. Vers la fin d'août elle commence à prendre une petite teinte jaunûtre ; dans cet état elle ressemble à une Reine-Claude; en septembre et octobre elle achève de se colorer en beau violet bien fleuri, et finit de mürir dans les derniers jours d'octobre ou dans le commencement de novembre. Elle n’est pas l’une de meilleures prunes, mais on la mange avec
plaisir dans cette saison où depuis long-temps on ne voit plus de fruits à noyau.
OS dé a 2/77/7272
De lInprimerre deLançglots , Potgsat ie 4 ;