‹ Pomologie françaiseChapitre 24 sur 122 · AMANDIER DES DAMES · texte numérisé non relu

AMANDIER DES DAMES

Amygdalus mensarum. Poit, et Turp.

AI déjà dit que la fleur des amandiers était souvent moissonnée par les gelées tar- À dives du printemps, et que ces arbres sous notre climatréclameraient la protection

À de l’espalier pour assurer leur récolte. Mais les amandes ne sont pas assez estimées

#/Æpour qu'on leur accorde,une place privilégiée réservée aux pêches, qui d'ailleurs $ en sont plus dignes , qui ne se mangent que fraîches, que le commerce ne peut “ff nous envoyer dans cet état des pays chauds, tandis que les amandes nous sont

| À facilement envoyées de la Provence à meilleur marché, et nous coûtent. moins (R

$ l cher que si nous les cultivions nous-mêmes avec les soins nécessaires pour pré- }) server leurs fleurs et leurs fruits des intempéries du printemps.

k) Nous ne eultivons donc l’'amandier qu’en plein vent, pour , quand il peut ré- 4 sister aux gélées tardives en obtenir quelques amandes pour manger en vert, et | nous comptons sur le commerce pour nous en fournir des sèches.

Quoi qu'il en soit, lamandier des dames est d'une moyenne taille; il étend ses rameaux plus que les autres, et sa tête s'élève moins perpendiculairement ;ses bourgeons sont gros, cylindriques, d’un vert clair , quelquefois rougeäire du côté du soleil.

Les feuilles sont généralement petites, inégales , lancéolées, ordinairement creusées en gouttière, glabres des deux côtés, longues de. à 4 pouces et bordées de petites dents couchées; leur pétiole est canaliculé et muni de 2 à 6 glandes dans le haut..

Les fleurs se distinguent surtout par leur grandeur et par leur teinte plus rouge que dans les autres espèces ( excepté celles de lamandier-pêcher); elles sont larges de 18 lignes , et leurs pétales sont insérés sur detrès grosses glandes.

Le fruit est long de deux pouces , de forme oblongue fun peu comprimé sur deux faces, convexe d'un côté, presque droit de l’autre, arrondi aux extrémités où muni d’une petite pointe au sommet ; son brou , drapéet souvent gommeux, souvrant longitudinalement du côté qui n’est pas convexe, et découvre une coque à bois tendre sur laquelle on remarque des trous par où passaient les fibres qui l'unissaient au brou. Cette coque à dans son épaisseur un réseau de gros fibres que l’on dégage aisément, parce que la couche extérieure est plus tendre que l'intérieur, et qu'on la détruit ep la frottant entre les doigts.

L'amande est grosse, blanche , excellente; elle est müre et se détache de l'arbre vers la

fin d’aout.

Voici comme Duhamel explique la formation des coques tendres dans les amandes. « Le « noyau, dit-il,.est formé comme celui des autres amandes, de deux tables parallèles, dont « l'intérieur est mince est assez solide ; la table extérieure est plus épaisse, mais si fragile « que dans un transport un peu long ,de frottement des amandes les unes contre les autres « la réduit en poussière. Elle se forme long-temps après la table intérieure; de sorte que « si, vers la fin du mois d'août, on enlèvele brou de ces fruits, elle s'en distingue à peine et « s'enlève en même temps. C’est ce retardement de sa production qui empêche son endur-

« cissement. »

Il y aurait bien quelque chose à opposer à cette explication ; mais mon respect pour la mémoire de. Duhamel me fait garder le silence.

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