PÈCHE AVANT-PÉCHE ROUGE
Persiea reperta. Poit. et Turp.
ETTE espèce, ainsi que l'Avant-Pêche blanche sont très peu cultivées, à cause de leur peu de volume; on ne les trouve guère que dans les écoles d'arbres fruitiers les mieux assorties.
L’Avant-Pêche rouge est un petit arbre à rameaux menus qui de-
Les feuilles sont étroites, assez longues, très aiguës, à nervure médiane sensiblement blanche en dessous, bordées de grandes dents surdentées; il n'y a aucune glande sur le pétiole, absence qui a toujours lieu quand les dents des feuilles sont grandes.
Les fleurs se rangent dans la classe des grandes fleurs, mais elles sont des moins grandes de cette classe; leurs pétales sont étroits, un peu tourmentés et de couleur . rose; les étamines deviennent beaucoup plus rouges que les pétales.
Le fruit est petit, arrondi, ayant environ 34 millim. (15 lign.) sur chaque diamètre, marqué d'une gouttière profonde qui s'étend au-delà du sommet où il y a quelquefois un petit mamelon, dit Duhamel, mais que je n'ai jamais remarqué.
La peau est fine, sensiblement veloutée, d'un rouge vif au soleil, jaune dans l'ombre.
La chair est fine, fondante, d'abord blanche, rougissant bientôt autour du noyau, ‘et se marbrant ensuite de rouge presque partout dans l'extrême maturité, surtout du côté le plus frappé du soleil; elle ne se détache pas aisément du noyau, et cependant elle n y adhère pas à la manière des Brugnons. |
L'eau est sucrée et vineuse; je n'y trouve pas le goût musqué indiqué par Duhamel.
Le noyau est petit , très gonflé, peu profondément rustiqué, terminé par une pointe très courte où en manquant absolument. Lorsqu'on ouvre le fruit, le noyau paraît beaucoup plus rouge que la chair.
Cette jolie petite Pêche mürit vers le 20 juillet. Si les jardiniers de Montreuil la
cultivaient ils en tireraient un bon profit, à cause de sa précocité.
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PÈÊCHE DE MALTE.
Persica militensis. Poit, et Turp,
E toutes les Pêches cultivées aux environs de Paris, celle-ci est certaine- \ ment la plus délicieuse ; et cependant c’est une des moins fréquentes dans Îles pépinières marchandes, parce que l'arbre est délicat et qu'il ne vit pas ff" long-temps si on ne le cultive pas avec soin. Il est d’une moyenne vigueur
et charge assez tous les ans. Ses bourgeons sont petits, un peu galeux et rougissent assez
tard à l’automne.
Les feuilles sont petites, planes, d’un vert un peu gris argenté, longues de3 à 5 pouces (60 à 80 millimètres), bordées de grandes dents comme dans les Madeleines , a la section desquelles cette espèce appartient, puisque ses pétioles sont également dénués de glandes ; ces feuilles rougissent en partie vers la fin d'octobre, lorsqu'elles sont près de tomber.
Les fleurs sont grandes, peu colorées, concaves, c’est-à-dire qu'elles s'étendent moins que les autres grandes fleurs de pêcher; elles ont les pétales concaves, un peu plissés ; les étamines restent plus courtes que les pétales ; plusieurs fleurs sont sujettes à manquer de pistil ou à n’en avoir qu'un imparfait.
Le fruit est de moyenne grosseur, rond comme une pomme, aplati en dessus, où l'on remarque un petit point noir qui est la place du style; le sillon varie beaucoup en profondeur et en largeur , et il s'arrête au sommet du fruit ou passe de l’autre côté. Le dessin cijoint représente un fruit de la première grosseur; ils sont quelquefois un tiers plus petits quand l'arbre est vieux ou trop chargé.
La peau est épaisse, finement duvetée et quitte facilement la chair; elle passe du vert pâle au blanc de cire, devient ensuite jaunâtre et se marbre légèrement de rouge de brique du côté du soleil.
La chair est blanche, très fondante , un peu fouettée de rouge près du noyau du côté du soleil; elle devient transparente en partie et laisse voir toute la charpente.
Son eau est sucrée, très agréable quoiqu'elle ne soit ni vineuse ni parfumée.
Le noyau est petit, brun, profondément rustiqué; il contient une amande un peu amère.
On cueille cette pêche, à l'exposition du levant, du 20 août au 20 septembre.
Elle a la chair plus fine et plus délicate qu'aucune autre pêche; peut-être pourrait-on lui
désirer un peu plus de parfum.
#4 LL. f Fo9.