‹ Pomologie françaiseChapitre 40 sur 122 · PÈCHE MADELEINE DE COURSON · texte numérisé non relu

PÈCHE MADELEINE DE COURSON

Persica Cursonia. Poit. et Turp.

\ Ë commence par rappeler que Merlet écrivait Magdelaine , La Quintinye, . Magdeleine, et Duhamel, Madeleine. Cette dernière orthographe ayant pré-

; valu, je la suis ici.

Je rappellerai encore que certaines analogies ont déterminé nos prédécesseurs à bre deux sortes de Madeleines, désignées chacune par une ou plusieurs épithètes particulières. Ainsi la Pêche qui m'occupe a été nommée Madeleine rouge, de Courson et Paysanne. Duhamel a préféré Madeleine rouge, ce qui est peu logique, puisque l'autre Madeleine est encore plus rouge que celle-ci. Quant à moi, je préfère l'épithète de Courson qui est aussi familière aux jardiniers que celle rouge, et abandonne celle Paysanne que Duhamel trouve suspecte.

Mais depuis Duhamel, la science pomologique a fait des progrès. En 1810, M. Desprez, juge à Alençon, alors membre de la Chambre des Députés, a remarqué que certains Pèchers, la Madeleine, par exemple, n'avaient pas de glandes au bas de leurs feuilles; que d’autres en avaient de globuleuses, et d’autres enfin de réniformes. M. Desprez m'ayant communiqué son observation, je l'ai suivie, vérifiée, étendue à tous les Pêchers, et suis parvenu, en combinant ces trois caractères avec ceux précédemment connus, à établir des groupes parmi les Pêchers, qui en facilitent beaucoup mieux la distinction qu'au temps de Duhamel. Les Anglais ont de suite adopté ces caractères pour mieux distinguer leurs nombreuses variétés de Pêches et de Nectarines, et, aujourd’hui, celui qui décrirait un Pêcher sans indiquer la présence, l'absence et la forme des glandes, omettrait un caractère des plus essentiels à la classification.

On sait que sous le climat de Paris, le Pêcher a besoin de la protection d’un mur contre

| lequel on palisse ses branches, et que ce n’est qu'à la faveur de cet abri, et d’une taille raisonnée qu'on en obtient de beaux et d’excellens fruits.

Le Pêcher Madeleine de Courson est un des plus beaux arbres de son genre, et si, observe Duhamel, on ne le chargeait pas beaucoup à la taille, sa grande vigueur l’empécherait de donner du fruit avec abondance.

Ses bourgeons sont gros et se teignent d’un rouge violet assez vif du côté du soleil.

Ses feuilles sont grandes, belles, longues de 4 à 6 pouces, bordées de dents nombreuses dirigées toutes vers le sommet de la feuille, disposition que les botanistes appellent serrée,

très aiguës et plus longues que dans aucun autre Pêcher. On ne trouve aucune trace de glandes à la base des feuilles, lieu où elles sont placées dans les espèces qui en sont pourvues.

Les fleurs de tous les Péchers se divisant facilement en grandes, moyennes et petites, celles de celui-ci se trouvent au nombre des grandes ; leur couleur est d’un rose assez foncé.

Le fruit.est près d’un tiers moins gros que la Grosse mignonne; il a ordinairement 2 pouces et demi de diamètre sur quelques lignes de moins en hauteur, à cause de la dépression qui existe à sa base et à son sommet; sa peau est veloutée, jaune pâle dans l'ombre, teinte d’un rouge foncé du côté du soleil, et quitte facilement la chair, qui est d'abord blanche, puis prend un petit œil jaunâtre dans la maturité; la partie qui avoisine le noyau, et duquel elle se détache facilement, devient d’un beau rouge vif; l’eau dont la chair est imprégnée est sucrée, relevée et vineuse, et fait mettre cette Pêche au premier rang des meilleures. Quant au noyau, sa grosseur varie un peu.

La maturité de cette excellente Pêche arrive vers le 15 septembre, avec la grosse mignonne ou un peu plus tôt. Elle est du nombre de celles que les habitans de Montreuil cultivent abondamment.

Il est remarquable que La Quintinye, qui se vantait de bien juger le mérite des fruits, n’accorde que la 32° place à la Madeleine de Courson, c’est-à-dire qu'il plantait 31 Pêchers de diverses sortes avant d'en planter un de celle-ci. Cet auteur ne l'ayant pas décrite, et n'ayant sans doute pas consulté Merlet, il est probable qu'il avait fait une transposition de

nom, car elle mérite l’une des premières places. Le midi et le levant lui conviennent.

De llnprinerte de Langlois. ® Bouquet de.

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