‹ Pomologie françaiseChapitre 41 sur 122 · PÉCHE CARDINALE · texte numérisé non relu

PÉCHE CARDINALE

Persiea sanguinea. Poit, et Turp.

ne erlet appelait ce fruit Pesche-betterave, et l’estimait si peu qu'il

s'est contenté de le mentionner. Cependant on en fait beaucoup

de cas en fialie, où on le convertit en confitures; des personnes

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m'ont assuré en avoir mangé de tres bons crus. Au reste, on n’est

A — pas plus d'accord sur le mérite de ce fruit aujourd’hui que du temps de Merlet, et quoi qu'on aït pu m'en dire, je ne l'ai jamais trouvé bon; mais il est très curieux, et un amateur de collections ne peut guère se dispenser

d'en avoir un pied dans son jardin. Il porte aussi les noms de Druselle et

Sanguinole.

| L'arbre qui le produit ne devient pas grand, et a besoin d’une bonne expo-

sition et d'une terre légère. Il est de lui-même très fertile; mais son fruit n’acquiert pas toutes les qualités desirables sous le climat de Paris.

Ses bourgeons sont de petite et moyenne grosseur; ceux bien exposés au soleil sont d’un violet tirant sur la couleur des fruits ; les autres sont d’un vert sale.

Les feuilles sont planes, d’un vert un peu blond, surtout vers l’époque de la maturité des fruits, longues de six pouces, hordées de grandes dents surdentées; le pétiole est absolument dénué de glandes, et ce caractère négatif place naturellement la Pêche Cardinale parmi les Madeleines.

La fleur est grande et colorée à-peu-près comme celles de la Madeleine de Courson ; elle a les pétales ovales arrondis, portés sur de très courts onglets.

Le fruit est de moyenne grosseur, souvent comprimé sur les côtés, aplati au sommet où il y a un léger enfoncement, au milieu duquel est, sinon un petit mamelon, du moins une petite tache jaune qui en tient lieu. Le sillon, qui partage ce fruit, est peu profond, et quelquefois l'un des lobes s'élève beaucoup plus que l’autre le long du sillon. La base de ce fruit n’est pas plus large que le sommet, et lorsqu'il a vingt-huit lignes de hauteur, sur trente de diamètre, il est d’une belle grosseur.

La peau est forte et se détache aisément de la chair; elle est d’un violet gris cendré très obseur , et recouverte d’un duvet abondant, roussâtre, qui donne à la Pêche le ton et la couleur d’un fruit moisi.

La chair est d’un rouge violet marbré, plus foncé sous la peau qu'ailleurs, et blanche

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autour du noyau: cette chair est d’abord sèche , un peu amère comme la Pêche de vigne ; ensuite elle devient fondante, mais fade et pâteuse.

L'eau est peu abondante et n’a aucune saveur.

Cette Pêche mürit à Paris du 10 au 20 octobre. Elle est moins mauvaise dans les premiers momens de sa maturité que lorsqu'elle est plus avancée. Sans doute que, dans le midi

de la France, elle aurait d’autres qualités, mais le climat de Paris n’est pas assez chaud pour les lui donner.

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