‹ Pomologie françaiseChapitre 44 sur 122 · A MOYENNE FLEUR · texte numérisé non relu

A MOYENNE FLEUR

Persiea subeursonia. Poit. et Turp.

‘APRES de nouvelles considérations sollicitées par le besoin de caractériser les diverses sortes de pêches d’une manière plus précise, il de-

vient nécessaire d'appeler celle-ci Madeleine à moyenne fleur, et non

Madeleine à petite fleur, comme par le passé, puisqu’en effet ses fleurs sont de la moyenne grandeur. C'est une espèce seulement indiquée par Duhamel, et que Calvel divise en deux, sous les n° 18 et 23, ainsi qu'il paraît avoir divisé aussi la Madeleine de Courson en deux, sous les n° r1 et 17. |

Quelles que soient les raisons qui aient déterminé Calvel à reconnaître quatre variétés dans ces deux pêches, sa division n’a pas été admise par les praticiens, et je ne la crois pas suffisamment fondée. On appelle aussi cette pêche Madeleine tardive ; mais cette épithète ne lui convient pas trop, puisque, toutes choses égales, ses premiers fruits murissent avec les derniers de la Madeleine de Courson, et que l’une et l’autre sont des pêches hâtives en comparaison de la majeure partie des autres.

La Madeleine à moyenne fleur est l’une des plus intéressantes espèces par sa fertilité, par la beauté et la bonté de ses fruits. Son arbre est assez vigoureux. Ses bourgeons sont d'un vert foncé pendant l'été, un peu galeux lorsqu'ils sont très vigoureux ; l'automne, ils prennent une teinte de rouge violet obscur. Les yeux sont petits, souvent triples et roussatres.

Les feuilles sont très vertes, légèrement plissées contre la nervure médiane, arquées en arrière, assez communément creusées en gouttière, longues de 13 à 16 centimètres, bordées de grandes dents aiguës, la plupart surdentées ; mais j'ai cru avoir remarqué quelquefois à Montreuil que certaines feuilles avaient les dents plus petites et assez arrondies. La pétiole est absolument dénué de glandes.

Les fleurs sont de moyenne grandeur, ouvertes en cloche, d’un rouge foncé , à pétales ovales, concaves, ordinairement sans échancrures au sommet, plus colorés en dehors et à

la circonférence qu'à l'intérieur. Les filets des étamines sont coudés et convergens à la base,

de la hauteur des pétales, d’un rouge violet foncé dans leur jeunesse, pâle dans un âge plus avancé.

Le fruit est quelquefois assez arrondi et aussi gros que la Madeleine de Courson; mais le plus souvent il est un peu moins gros et prend une forme plus allongée. Il à ordinairement 6 centimètres de diamètre, sur 64 ou 68 millimètres de hauteur, marqué par un côté d'un profond sillon, qui se termine au sommet du fruit par un moyen enfoncement où l’on distingue à peine la place du style. Le côté opposé au sillon est aplati, et la cavité où est implantée la queue est étroite et profonde.

La peau est épaisse, d’un vert jaunâtre dans l'ombre, d’un rouge pourpre très vif du côté du soleil; elle quitte aisément la chair, et son duvet produit un reflet roussâtre.

La chair est blanche, fondante, succulente, rouge auprès du noyau, et ordinairement un peu marbrée de rouge du côté le plus frappé par les rayons du soleil.

Son eau est abondante, sucrée, vineuse, relevée et très agréable.

Le noyau est ovale allongé, rouge lorsqu'on ouvre le fruit, plus large en haut qu’en bas, obtus au sommet, et se détachant bien de la chair. |

Cette pêche est une des meilleures, Les personnes qui les aiment vineuses la préfèrent à la Madeleine de Courson qui la précède immédiatement, et dont la maturité est indiquée par Duhamel vers le 15 septembre ; de sorte que, selon cet auteur, la maturité de la Madeleine à moyenne fleur n’arriverait guère que vers le 20 du même mois. Mais Duhamel a souvent précisé l’époque de la maturité des fruits avec trop de rigueur: les années plus ou moins chaudes font nécessairement avancer ou retarder la maturité des fruits. En 1812, par exemple, qui n’était pourtant pas une année précoce, jai remarqué que le 26 août, il ne restait plus une seule Madeleine de Courson aux espaliers de la pépinière du Luxembourg, et qu'on n'y voyait plus que quatre Madeleines à moyenne fleur, qui ont été cueil-

lies le 29 du même mois dans leur dernier degré de maturité.

22 | Carleleine CCIUOY

Loiteau prrix* De lUlmprimerie de Langlotës Bouquet seulp ©

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