‹ Pomologie françaiseChapitre 47 sur 122 · PÈCHE GROSSE MIGNONNE · texte numérisé non relu

PÈCHE GROSSE MIGNONNE

Persica pulchella. Poit. et Turp.

2) A Grosse mignonne tient un rang distingué parmi le petit nombre de Pêches que cultivent les jardiniers de Montreuil. C’est un bel arbre, vigoureux, bien garni, qui charge bien et manque rarement.

Ses bourgeons m'ont toujours paru forts et bien nourris, quoique Duhamel les indique menus, et que Calvel, sans doute d’après lui, dise qu'ils ne | répondent pas à la vigueur de l’arbre, comme si la vigueur d’un arbre ne

se déduisait pas nécessairement de celle des bourgeons.

VE Les feuilles sont d'un vert foncé, finement dentées, longues de - ) 15,18 et 20 centim. (5, 7 et 8 pouces), et larges seulement de 6 centim. (2 pouces,) de sorte qu'elles paraissent assez étroites; leur pétiole, rougeâtre et caniculé, a deux glandes globuleuses au sommet ou sur les premières dents de la feuille. |

Les fleurs sont grandes et d'un rouge assez vif; les pétales sont ordinairement plus ou moins ondulés sur les bords. Chaque fleur contient une quarantaine d'étamines, convergentes à la base, divergentes au sommet, terminées par des anthères brunes, vacillantes, ovales, arrondies; elles entourent un style plus court qu'elles.

Le fruit est une des plus belles Pêches: il est bien arrondi, divisé par un sillon qui l'entoure presqu’en entier ; l'un des lobes est souvent plus saillant que l’autre. On remarque au sommet un très petit mamelon logé au fond d'un enfoncement, et à la base une large et profonde cavité où est la queue qui est si courte que la branche fait souvent une impression nuisible sur le fruit. à

Quant à la grosseur de ce fruit, elle varie nécessairement. Duhamel lui assigne 2 pouces à 2 pouces et demi de diamètre; mais on en voit rarement qui soient beaucoup plus grosses. |

La peau est fine, couverte d'un léger duvet, et se détache aisément de la chair; elle est d’un fond vert clair, tirant sur le jaune dans l'ombre , tiquetée partout de nombreux petits points rouges, et lavée du côté du soleil de rouge foncé et même brun.

La chair est blanche, fine, fondante, succulente ; les parties qu'entoure le noyau sont marbrées de rose vif, et en examinant avec attention les autres parties, dit Duhamel, on aperçoit çà et là des points verts tirant sur le jaune.

L'eau est abondante, sucrée, relevée, vineuse, un peu aigrelette dans les terres froides. Le noyau est gros, profondément rustiqué.

Cette excellente Pêche mürit à Montreuil vers le 20 août. Duhamel en fixe la matu-

rité à la mi-septembre. 155*

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