‹ Pomologie françaiseChapitre 50 sur 122 · PÉCHER BELLE-BAUCE · texte numérisé non relu

PÉCHER BELLE-BAUCE

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Persica Bauciana. Poit. et Turp. .

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T Duhamel a connu cette pêche, qui devait exister de son temps puisque

Calvel dit que le père Hervy la cultivait à la pépinière des Chartreux , À D

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il ne l’a pas jugée assez différente de la Grosse-Mignonne pour l'en sé-

parer. C'est, dit-on, un cultivateur de Montreuil, nommé Joseph Bauce, qui l’a obtenue d’un semis, et à laquelle, par reconnaissance, on a donné son nom.

Depuis que nous employons plus de caractères pour distinguer les diverses sortes de pêchers qu'on n’en employait au temps de Duhamel, j'ai fait tous mes efforts pour distinguer ce pêcher de celui de la Grosse-Mignonne, et je suis resté convaincu qu'il n’en diffère que par son fruit qui est un peu plus gros, ou plutôt, Jai acquis la certitude qu'il n’est qu'une Grosse-Mignonne dont un individu se sera trouvé plus parfait que les autres, et que Bauce aura le premier multiplié par la greffe.

La Belle-Bauce serait donc une ancienne espèce perfectionnée, régénérée, et

N non une nouvelle espèce; donc 1l serait avantageux que les pépiniéristes la multipliassent de préférence à l'ancienne Grosse-Mignonne, et que partout on la substituât à cette dernière au lieu de la mettre à côté et faire un double emploi. Je sais bien que quelques jardiniers soutiennent qu'il y a des différences entre la Grosse-Mignonne et la Belle - Bauce, et que cette dernière mürit son fruit huit ou quinze jours plus tard que l’autre; mais je soutiens à mon tour que les différences alléguées ne sont pas appréciables, et que si la Belle-Bauce mürit quelques jours plus tard, ce qui n’est pas toujours vrai à la même expo sition, cela tient à ce que la Belle-Bauce est plus jeune et plus vigoureuse que la Gross e- Mignonne.

Quoi qu'il en soit, l'arbre en question est un fort beau pêcher, très fertile en espalier à l'exposition du levant et du couchant. Ses gros bourgeons sont verruqueux dans leur partie inférieure , et se lavent d’un beau rouge à l'automne du côté frappé par le soleil.

Ses feuilles, grandes, belles et très aiguës, ont les glandes pétiolaires globuleuses, petites et peu nombreuses; la nervure médiane de ces feuilles rougit quelquefois en dessous.

Les fleurs sont grandes, fort belles, d’un rose pâle, et ne se distinguent pas de celles de la Grosse-Mignonne.

Le fruit est gros, très beau, arrondi, aplati au sommet où il y a toujours un enfonce-

ment, divisé d’un côté par un sillon plus profond vers la partie supérieure que vers la base: le côté opposé au sillon est gonflé et bien arrondi. Un beau fruit a jusqu’à trente-trois lignes de diamètre sur vingt-huit à trente lignes de hauteur.

La peau quitte bien la chair; elle est fine, veloutée, jaune faible dans l'ombre, finement ponctuée et lavée de beau rouge vif du côté du soleil.

La chair est très fine, fondante , blanche avec un petit œil jaunâtre, fouettée de rouge auprès du noyau, remplie d’une eau abondante , parfumée, sucrée, excellente.

Le noyau quitte bien la chair; il est profondément rustiqué, muni au sommet d’une pointe | tantôt aigué et tantôt mousse; son arrête latérale saille en lame très large.

Ce beau fruit mürit ordinairement vers la fin d'août, mais cette année 1838 étant très

tardive, on n’en cueillera guère avant la mi-septembre. ?

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