‹ Pomologie françaiseChapitre 51 sur 122 · PÈCHE POURPRÉE HATIVE · texte numérisé non relu

PÈCHE POURPRÉE HATIVE

Persiea verrucosa. Voit. et Turp.

N reconnaît aisément ce Pêcher à sa vigueur, à la grosseur de la plupart de ses bourgeons garnis de gros points verruqueux à la base et plus nombreux que dans les autres espèces, au vert foncé et à la grandeur de ses feuilles. Il forme un très bel espalier ; ses plus gros bourgeons

sont verdäâtres dans l'ombre, un peu rouges du côté du soleil, et re-

marquables surtout par les verrues roussâtres et nombreuses qui les

recouvrent. Ce Pêcher est le seul connu qui ait des verrues aussi prononcées sur ses branches à bois; car il faut noter que ceux à fruit, qui sont d’ailleurs plus rouges, en sont ordinairement dénués.

Les feuilles sont grandes, d’un vert foncé, la plupart très plissées près de la nervure médiane, bordées de très petites dents glanduleuses, portées sur de forts pétioles munis de deux à six glandes réniformes.

Les fleurs sont grandes, d’un rouge très vif d’abord, larges de 4o millimètres, quoiqu’elles restent toujours un peu concaves; elles pâlissent d'autant plus vite que le soleil les frappe davantage, mais le centre et les étamines paraissent en devenir encore plus rouges. Les pétales sont plus longs que ceux des autres grandes fleurs de Pêcher. On rencontre sou- ‘vent des ovaires à deux loges et à deux styles; alors ces styles n’ont pas de sillons apparens sur le côté; et le stigmate qui le termine est peu ou point échancré. Chaque loge contient deux ovules comme à l'ordinaire.

Le fruit est une des plus belles Pêches. Il est arrondi et a environ 6 centimètres de hauteur; il s'aplatit à la base où la cavité de la queue s’évase un peu. Le sillon est d’une moyenne profondeur et cause un aplatissement au côté et au sommet du fruit, où l'on remarque un moyen enfoncement dans lequel s'élève un petit mamelon terminé par une . pointe desséchée.

La peau se détache aisément de la chair: elle est d’un vert jaunûtre dans l'ombre ct d’un rouge brun très foncé du côté du soleil ; ce rouge en s’affaiblissant et devenant plus pur , forme des points nombreux qui diminuent peu-à-peu en teinte faible sur le jaune. Le duvet n’est pas épais et il paraît roux sur l'endroit le plus rouge du fruit.

La chair, d'abord blanche, prend un petit œil jaunâtre dans la maturité, et rougit

beaucoup auprès du noyau; elle est très fondante, remplie d'une eau sucrée, un peu vineuse, excellente.

Le noyau est gros, profondément rustiqué et se détache très aisément de la chair.

Cette belle Pêche mûrit vers la fin d'août, et précède ordinairement la grosse Mignonne de laquelle elle diffère par sa couleur plus foncée, par sa vinosité, et par les glandes

réniformes de ses feuilles. C’est la véritable pourprée hâtive de Duhamel , quoique les pépiniéristes lui donnent d’autres noms.

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