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PÊCHE CHANCELLIÈRE.
Persiea cancellaria. Voit. et Turp.
est une de celles qu'il nous a été le plus difficile de reconnaître; d'abord, TA parce que cet auteur ne l'a pas dessinée, et ensuite parce que de son temps QX
on n'était pas d'accord sur l'espèce à laquelle le nom de Chancellière devait
être imposé, et enfin parce qu’on ne s'entend pas encore mieux aujourd'hui sur cet objet qu'on ne s'entendait du temps de Duhamel.
Beaucoup de catalogues ont fini par ne plus relater le nom de Chancellière; ceux qui l'ont conservé l’attachent à un pêcher dont les glandes sont réniformes et la fleur de moyenne grandeur, ce qui ne va plus à ce qu’en a dit Duhamel. La pépinière du Luxembourg, qui paraissait faite pour jeter un grand jour sur la nomenclature des fruits, n’a fait que l'embrouiller pendant les vingt-cinq années de son existence, grâce au mauvais esprit de son directeur. L'école du jardin des Plantes n’a pas encore fait tout ce qu'il faudrait faire pour obtenir une confiance entière, et cependant elle est la seule à laquelle on puisse avoir recours aujourd'hui. Ainsi la pêche figurée ici est celle qu’on appelle Chancellière au jardin des Plantes.
Ce nom est ancien. Merlet dit que la Chancellière a pris son origine dans le jardin du chancelier Seguier , qu’elle y venait très bien en plein vent et qu’elle provient d’un noyau de Chevreuse ordinaire.
Le pêcher Chancellier du jardin des Plantes est un arbre vigoureux, très fertile qui réussit bien en !plein vent; mais alors ses fruits sont moins gros et moins colorés. Ses bourgeons sont gros, très rouges du côté du soleil, vert jaunätre dans l'ombre et très galeux à la base. |
Les feuilles sont grandes, assez planes, d’un beau vert gai, bordées de dents très fines, et dont le pétiole est muni de quelques glandes globuleuses ordinairement rousses.
La fleur est grande, régulière, plane, large de 15 lignes, d’un rouge vif quand elle est parfaitement épanouie.
Le fruit est de belle grosseur, assez régulier, arrondi et même aplati en dessus, marqué d’un léger sillon qui ne dépasse pas le sommet où l’on remarque un léger mamelon. La ca-
vité où est insérée la queue est large et peu profonde.
La peau se détache très facilement de la chair : elle est fine, légèrement veloutée, d’un jaune pâle dans l’ombre, lavée ou plutôt tachée de rouge du côté du soleil ; le reste est tiqueté de points comme sur la Grosse Mignonne.
La chaire est blanche, fine, très fondante.
L'eau est sucrée, relevée, délicieuse. :
Le noyau est fort gros, profondément rustiqué , armé d’une pointe émoussée au sommet; il se détache aisément de la chair quoiqu'il en emporte quelques petits lambeaux.
Cette bonne pêche mürit dans la première quinzaine de septembre.
Elle ne me paraît différer de la Grosse Mignonne qu’en ce qu’elle est plus pâle et que son eau est plus relevée et meilleure.
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