‹ Pomologie françaiseChapitre 60 sur 122 · PÈCHE BELLE-CHEVREUSE · texte numérisé non relu

PÈCHE BELLE-CHEVREUSE

ADMIRABLE LONGUE, vor

Persiea ambiqua. Poit. et Turp.

)3 L est bien à regretter que Duhamel n'ait pas mieux précisé la grandeur des fleurs dans les différens Pêchers, et quil n'ait pas fait

usage dans ses descriptions de la présence ou de l'absence et de la

forme des glandes qui se trouvent au bas des feuilles de ces arbres. Si Duhamel eût employé dans ses descriptions les trois grandeurs des fleurs et les trois caractères fournis par la présence, la forme ou l'absence des glandes, il aurait vu que la nomenclature de son temps avait besoin de quelques corrections, et il les eût faites sans doute avant de nous la transmettre. En effet, si cet auteur avait examiné les glandes du Pêcher qu'il appelle Belle-Chevreuse, il aurait reconnu qu’elles n'ont pas de rapport avec celles des Pêchers nommés Chevreuse hâtive et Chevreuse tardive; ces différences lui eussent fait ouvrir les yeux sur les autres caractères, etilaurait vu que la Pêche qui m'occupe aujourd'hui doit être considérée comme une variété d'Admirable, quoique de forme assez différente, et que ses glandes globuleuses l’éloignaient des Chevreuses, dont le caractère principal est d’avoir les glandes réniformes.

Le respect établi pour la nomenclature transmise par Duhamel ne me permet pas de proposer un nom pour remplacer celui de Belle-Chevreuse, si malheureusement appliqué à une variété d’Admirable; mais j'ai cru pouvoir me permettre d'y joindre, comme correctif, celui d'Admirable longue. Voici au reste comme Duhamel décrit sa Belle-Chevreuse.

« Le fruit est allongé, ayant 2 pouces 3 lignes de longueur et 2 pouces de dia- « mètre. La gouttière qui le divise, suivant sa longueur, est très peu sensible à sa

« partie renflée; mais elle l'est beaucoup vers les extrémités, surtout à la tête où l'on « aperçoit une fente et un mamelon pointu qui, quelquefois, est très petit. La cavité « au fond de laquelle s'attache la queue est assez étroite, et presque toujours bordée « de quelques bosses ou petites éminences. Il est assez ordinaire d'en apercevoir quel-

« ques-unes répandues sur le fruit.

« Lorsque cette Pêche est bien müre, sa peau est jaune presque partout, excepté

aux endroits exposés au soleil, où elle prend un rouge clair et brillant. Elle est couverte d'un duvet assez épais qui s'enlève aisément en l’essuyant. Elle ne se détache qu'avec peine de la chair, à moins que le fruit ne soit très mûr.

« La chair n’est ordinairement ni très fondante ni très délicate ; quelquefois même

elle est un peu pâteuse quand le fruit est très mûr. Elle est un peu jaunâtre, excepté

du côté du soleil, sous la peau, où elle a une légère teinte rouge; et auprès du noyau, où elle est marbrée de couleur rose.

« L'eau est sucrée et assez agréable. |

« Le noyau est gros, brun, rustiqué très profondément, terminé par une pointe fort aiguë, long de 16 lignes, large de 9 lignes, épais de 6 lignes et demie. Cette

Pêche mûrit avec la Mignonne, vers le commencement de septembre. »

De l'Inprimerte deLanglois. à louguet seulp !

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