‹ Pomologie françaiseChapitre 62 sur 122 · PÉCHE CHEVREUSE TARDIVE · texte numérisé non relu

PÉCHE CHEVREUSE TARDIVE

Persica eunctabunda. Poit. et Turp.

N à I la vigueur de ce Pêcher est remarquable, sa fertilité extraordinaire où ne l'est pas moins. Il faut chaque année lui ôter une partie de ses joie / fruits, afin que les autres deviennent plus beaux. Ses bourgeons rougissent beaucoup du côté du soleil. Il a les feuilles grandes, la plupart planes, quelques-unes plissées et SN chiffonnées contre la nervure médiane, longues de 15 à 16 centim. (5 à LS 6 p.), d'un vert foncé, bordées de petites dents, et ayant les glandes pétiolaires réniformes, nombreuses et fort grosses. Les fleurs sont très petites et peu colorées.

Les fruits sont toujours nombreux, et contribuent autant par leur nombre que par leur forme à faire reconnaître leur espèce; tant qu'ils sont verts, ils

restent allongés, très velus, bosselés, irréguliers, très vilains, et on les re-

\ connaît aisément à ces défauts jusque vers le 20 août; mais à la fin de ce mois

et dans le commencement de septembre, leur chair se forme, ils s'emplissent et prennent de la rondeur; une partie des inégalités de leur surface disparaît ; quelques-uns deviennent même parfaitement ronds; soit que le sillon reste profond, soit qu'il disparaisse en partie, il y a toujours un mamelon au sommet, et la cavité de la queue est relevée de côtes assez sensibles. Un fruit mûr a presque toujours un peu plus de hauteur que de diamètre : quelquefois l’un des lobes est plus élevé que l’autre. Quand un fruit a 6 centimètres (2 po.) de diamètre sur quelques lignes de plus en hauteur, il est d'une belle forme et d'une bonne grosseur.

La peau, très duvetée étant verte, l’est beaucoup moins étant mûre; elle est forte, quitte bien la chair, se lave d'un rouge vif qui passe au rouge pourpré du côté du soleil; les bords de ce rouge sont finement ponctués, même jusque dans l'ombre, où la peau est d’un vert jaune tendre.

La chair est blanche, fondante, bien bonne, fouettée de rouge vif auprès du

no yau.

Son eau est sucrée, relevée, vineuse.

Le noyau est très allongé, acuminé, quelquefois assez aplati, quelquefois bien gonflé : son amande est amère.

Cette pêche mürit dans la dernière quinzaine de septembre. Sa maturité arrive, pour ainsi dire, subitement; car elle est souvent encore toute verte à la fin d'août. Dire qu’elle a quelque rapport avec la Madeleine de Courson par sa vinosité, c'est

faire son éloge.

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